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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 00:03

par Mr. PHELYPEAUX

(Lettre du 7 août 1694, écrite de Valognes, de Jérôme Phélypeaux, lequel deviendra Secrétaire d’Etat à la marine (1699-1715), à son père Louis Phélypeaux de Pontchartrain, Comte de Pontchartrain, Secrétaire d’Etat à la marine (1690), Garde des Sceaux (1699).)- Pour les astériques, voir notes en fin de texte.

                         Le port de Brest au début du XVIIIe

« Je vous dois Monsieur une lettre particuliére sur les
vuivres comme l’affaire de toute la Marine, la plus
étenduë et la plus importante et pour en connoitre
le fonds, J’ay eu la dessus plusieurs entretiens avec le
Sr. de Beauregard* commissaire qui en est chargé et avec
les munitionnaires anciens et nouveaux.

J’ay premierement examiné avec eux la nature des vuivres
les qualitez qu’elles doivent avoir et leur prix, je me suis
ensuite beaucoup attaché à connoitre les abus qui s’y
commettent.

A commencer par la nature et par la qualité des
vuivres, je vous diray en premier lieu que les meilleurs
Bleds a ce que j’ay appris qu’on puisse emploier pour
la munition sont ceux d’Auray, de Vannes et de
Nantes et c’est aussy d’où l’on en tire la plus grande
quantité.

On en peut tirer aussy de l’Evêché de Cornouailles de
celuy qu’on apelle Bled scandille qui est rougeâtre et
de moyenne grosseur, mais on doit êviter de prendre
de tous les autres parce qu’ils sont trop gras, celuy de
L’Evêché de Leon a le même defaut cependant il y
a moins d’inconveniens a s’en servir estant un peu
meilleur ; quand a celui de St. Brieuc il est bon
et propre a faire du Biscuit, mais il faut prendre garde
a bien le choisir et a ne le pas laisser long tems sur mer.
Outre le soin qu’on doit avoir de bien choisir les Bleds,
ceux de Bretagne en general demandent une precaution
particulière pour les bien nettoyer parce qu’ils sont
ordinairement fort sales et pierreux et c’est en partie
ce qui fait que tout le pain que l’on mange communément
en Bretagne croque sous la dent
. C’est pour cela qu’il
est d’une extreme consequence que les munitionnaires
ayent des harpes* dans leurs magasins pour cribler
leur bled, l’usage en est commun dans toutte la France,
mais il ne l’est pas en Bretagne et on ne s’en sert que
depuis trois ou quatre ans que l’on obligea pour lors le
munitionnaire d’en faire venir.

Outre que la poussierre du Bled rend le pain graveleux.
Il y a une autre raison tres forte en Bretagne qui luy
donne cette mauvaise qualité et a laquelle il est tres
important de remedier, c’est que toutes les meules dont
on se sert dans la province sont composées d’un très
grand nombre de pieces d’une pierre assez tendre et
jointes ensemble avec du plastre cela fait que la poussierre
qui en sort se joint a la farine, et le pain fait d’une
farine ainsi meslée de pierre de plastre doit estre
aussi mauvaix que desagreable.
-------
Les meuniers n’ont aucun empressement pour s’en deffaire
parce qu’ils y gagnent et personne ne s’est mis en peine
d’y remedier. Le Roy a un tres grand interest d’obliger
les munitionnaires a faire venir des meules de Rouën
et de Bordeaux pour ses moulins dont il se sert
ordinairement, chaque meule à la verité luy coûtera
jusqua 300 ou 400£ rendue sur les lieux, mais il
peut s’accommoder la dessus avec les seigneurs et
les meuniers et l’on pourroit même dans la suitte
engager le munitionnaire a faire bâtir des moulins a vent
au dessus de Brest sur une hauteur qui est entre
la Riviere de Pinfeld et la Crique des Bois et
le munitionnaire a déjà basty une partie de ses fours.

L’on remediroit même par ce moyen a un abus
qui est assez considerable dans la munition et que
le munitionnaire a interest de soûtenir, c’est de faire
moudre a moulin tranchant au lieu de faire moudre
a moulin plat, le premier brise entierement le son
et le reduit presque en farine, cela fait qu’il en passe
une bonne partie au bluteau* avec la farine, au lieu
que l’autre ne faisant qu’écorcher le Bled les parties
du son en son plus grosses et se separent beaucoup
mieux de la farine, ce qui fait que le munitionnaire
n’y trouve pas tant d’avantage outre qu’il y reste toujours
-------
un peu de farine dans le son, ce qui fait qu’on est obligé
de le passer deux fois au bluteau.

J’ay fait moy même cette experience ayant eu la curiosité
de faire bluter devant moy et j’ay de plus remarqué deux
choses a cet egard l’une qu’il seroit absolument necessaire
de fixer une fois les échantillons de la toille dont on doit se
servir dans tous les ports pour les bluteaux et l’autre de
fixer aussy la quantité de petits grils de reprain* que
l’on doit employer dans le Biscuit, comme il n’y a eu jusqu'à
présent aucune regle sur la toille des bluteaux, le meunier
a esté le maitre de faire la farine telle qu’il luy a plû et
cela joint avec la moulange* a moulin tranchant et a la
liberté qu’il s’est donné luy même d’employer tout le
petit gril il se trouve qu’il reste peu de son et qu’il élude
par ce moyen l’ordonnance qui deffend que l’on en mette dans
le Biscuit.

Pour mieux faire connoitre comment cela se fait, il
faut dire que l’on distingue ordinairement trois sortes de farines
dans le Bluteau, celle d’en haut qui est la plus fine et
qui ne devroit estre que fine fleur et celle du milieu qui
l’est moins et celle d’en bas qui est toujours fort grosse
et remply de son, a proportion que la toille est plus grosse
et que le moulin a esté plus tranchant.

On prend cependant toujours ces trois sortes de
farines pour faire le Biscuit et de plus on y met encore
la moitié ou les deux tiers du Bluteau quand on y a repassé
-------
le son, le munitionnaire prétend qu’il n’y a rien en cela qui soit
contraire a son traitté, parce qu’il est dit simplement que
le Pain doit estre épuré de son et qu’il doit aussy luy
estre permis de retirer toutte la farine qui pourroit y estre
restée la premierre fois ; cela seroit bon s’il n’ avoit point
d’abus ny au moulange ny au Bluteau et qu’on prit soin
de rebluter le son tout d’abord, mais jusqu'à ce qu’on ait
autrement reglé la manierre de moudre et de Bluter,
on pretend que pour faire de bon biscuit tout le petit gril
c'est-à-dire la plus grossière des trois parties du Bluteau
devroit estre ostée et que l’on ne devroit point y mettre
aussi la farine qui est sortie du son quand il a esté
passé dans le Bluteau parce qu’il aigrit ordinairement
surtout en esté lorsque le son n’est pas passé quatre
ou cinq jours apres pour le plus tard, l’on pretend
que cela feroit une difference au prejudice du munitionnaire
d’un quinziesme parce que le tonneau de Bled ne rendroit de
cette manierre que treize a quatorze quintaux de Biscuit
au lieu qu’il en retire quinze quintaux.

Le Pain frais de Même que le Biscuit devroit estre épuré
de son par le moyen du moulange et du Blutage,
on fait si bien en sorte que le tonneau de Bled ne rend
pas plus de trois quintaux de son, tout le reste passe
au Bluteau et l’on remarque aussy que cette année
le pain a esté plus bis qu’a l’ordinaire.
--------
Cela provient aussi de ce que pour faire du pain on a
osté la plus fine farine pour les officiers, pour les
malades et pour le Biscuit et que l’on y a mis a la
place de gros grils que l’on a tirez des farines dont
le Biscuit a esté fait, outre que l’on a fait aussy beaucoup
de pain frais, moitié froment et moitié seigle ;

Le Seigle a esté permis a cause de la cherté des Bleds,
mais c’est une mauvaise introduction, le munitionnaire
dit qu’il n’y trouve pas son compte, mais l’Equipage le
trouve encore moins par ce que le Seigle ne nourrit pas
tant que le froment et si l’on vouloit s’en servir a
l’avenir il faudroit de necessité augmenter le poids du Pain.

Il faut dire aussy en faveur des malades que cy devant
on avoit toujours observé de ne se servir pour leur faire
du Pain que d’une espece de farine qui vient de la Rochelle
qu’on apelle minot de Bagnos et qui est la meilleure

que l’on puisse emploier au lieu que depuis deux ans
le munitionnaire n’employe que de la farine qui est fort ordinaire,
en sorte que leur pain n’en est ny si bon ny si blanc
et qu’il a même ordinairement une senteur.

Quand au vin tout le monde convient que celuy de
Bordeaux est le meilleur et que de tous ceux de
Bordeaux le gros vin rouge de palu est le plus propre
pour les équipage, au dessus de ce vin qui avoit
entierrement manqué il y a deux ans, on s’estoit
-------
servi du vin de Languedoc dont s’estoit assez bien trouvé
mais outre qu’il coute beaucoup au munitionnaire a cause du
transport.
Il faut croire que ce vin est sujet a s’aigrir
parce qu’il a toujours esté deffendu dans tous les traittez,
on s’est aussy servy l’année dernierre du vin de Caillac
qui est un gros vin Rouge qui se prend au dessus de
Bordeaux qui est fort et de bonne qualité, que l’on a
meslé avec du vin de grave qui est un vin plus délicat
et cela a fait un assez bon effet, mais ces sortes de
vins coupez ne rendissent jamais si bien et coutent
cependant beaucoup au munitionnaire en sorte que cela ne
se doit faire que par necessité, on doit encore moins
se servir de vin Blanc et quand on le fait c’est une
necessité de le souffrir comme on le fait pour les
hollandais.

On s’est servi quelque fois de vin de Xaintonge, mais
on en est entierrement desabusé. Il s’aigrit des qu’il
a esté deux mois a la mer et l’on ne doit s’en servir

que pour les Rades.

Il seroit d’une tres grande consequence qu’il y eut
toujours à Brest une tres grande provision de vin et
qu’ils puissent servir d’une année a l’autre, on iroit au
devant par ce moyen des mauvaisers recoltes et l’on
ne seroit sujet comme on a esté cette année
attendre six semaines de suitte que la provision fut
---------
venue pour mettre a la voille, mais il faut pour cela de
grans magasins, rien n’est plus important que cet article.

A L’Egard des viandes il est aussi d’une tres grande
necessité d’avoir des lieux pour les faire touttes a Brest,
elles en seront incomparablement meilleures parce
qu’elles seront ainsi sous la veue de ceux qui en
doivent avoir l’inspection et il n’y a rien dans la
munition qui doive estre plus observé.

Faute de Lieux on a esté obligé de les faire jusqu'à
présent au Port Launay* et ce sont les meilleures par ce
qu’au moins elles sont proche de Brest, les salaisons
qui se sont faite a Nantes n’ont p as êté bonnes, celles
de St Malo ont valu un peu mieux, celles de Vennes*
ont toujours êté bonnes parce qu’on se servoit du
nommé Brunet qui a un talent et une manierre
particuliere pour cela, on s’est pareillement bien
trouve de celles du Port Louis parce qu’il y a des officiers
qui y prennent garde : Il est a remarquer cependant
qu’on n’a pas êté assez soigneux en ces endroits d’oster
des jambes la moëlle des os, on s’est aussi servy a
Brest des salaisons faites a Rochefort qui se sont
trouvées bonnes, ce qui fait toujours voir que dans les
lieux ou ily a des officiers, elles se font avec beaucoup
plus de soin, mais le cochon y est un peu trop gras.
Ceux de Bretagne sont un peu meilleurs,
et comme
-------
ce ne sera pas une difficulté d’en faire venir a Brest tout
autant qu’il en faudra, on doit par toutes ces sortes de
raisons se mettre en estat en faisant des magasins
de faire toutes ces salaisons a Brest. En tout cas quand
on ne pourra pas y parvenir, il seroit mieux
les faire venir de Rochefort que des autres endroits ny
même du Port Louis parce qu’aussi bien on ne pourroit y
emploier que les mêmes cochons qui viendroient a Brest.

On pretend que pour mille ecus on se pourroit faire
une tuerie et un magasin au bas des murs de recouvrance,
du costé du munitionnaire il gagneroit cette dépense en une
année, du costé du Magasin ou du costé de Cramart
au Moulin a poudre. Il n’y auroit pas plus de difficulté
a Brest pour le Bœuf que pour le cochon, qu’il s’en
trouveroit toutte la quantité necessaire pour fournir
aux Salaisons, outre ce qu’il en faut pour la viande
fraiche qui se donne en rade.

La Moluë* est une des meilleures nourritures que
l’on puisse donner aux Equipages et l’on peut toujours
l’avoir tres bonne en Ponant parce que le munitionnaire peut
prendre ses mesures pour avoir de la plus fraiche.


Il en est de même des poids, des féves, des fayots et
des arricots et il en reste encore actuellement de
l’année passée au munitionnaire, mais il faudra qu’il
s’en defasse, celles de la nouvelle recolte estant toujours
--------
la meilleure.
Il seroit bon de plus de la regler de
manierre qu’il y en eut de toutes les façons et d’engager
le munitionnaire d’en donner autant qu’il se pourra egalement
de chacune, autrement quand il n’y en a que deux
sortes il s’en degoute.

Le fromage est une nourriture qui convient parfaitement
mais il faut quil soit de Gruierres et bien choisy, celui
de l’année passée vint trop tard et c’est a quoy il seroit
necessairre que le munitionnaire songea de bonne heure, Il
doit pour cela faire ses marchez en Suisse et y avoir
ses marchands asseuréz parce qu’autrement on les enlève
du costé de Milan.
Quand on aura une bonne provision
de ces fromages on pourra s’en servir au lieu de la
moluë quand il n’y en aura pas, ou pour les dejeunez
a la place des sardines que l’on prend ordinairement
dans la Baye de d’ouarnenez, mais qui ne se conserve
pas toujours autant qu’il seroit necessaire.


Voila ce qu’il y a de plus important pour les vuivres.

Il faut a present faire voir suivant ce quelles coûtent,
ce que peut valoir la ration.
Le tonneau de Bled pése 2400£ et coûte ………...155£
Il en faut diminuer tant pour le dechet du
criblage que pour celuy de farine qui s’évapore
dans la Bluterie et pour ce que l’on donne aux
meuniers qu cause de leur moulures 226£.
Il s’y doit trouver trois quintaux de son et 149£
de petit gris qui font en tout 449£ qui doivent estre
estimez ensemble……………………………….. 9£ 15s.
De sorte qu’il ne reste du tonneau en farine epuré
que ……………………….. 1725£
Lesquels diminuent de……… 225£
Partant le tonneau de Bled ne rend
en Biscuit que……………… 1500£
Qui reviennent sur le pied cy dessus déduction
faite du prix du son et du petit gris a ……………. 145£ 5s
Ce qui revient a 9# 13s le quintal a quoy ajoutant 1£ 5s
pour la façon du Biscuit ce sont 10£ 18s et 8d. pour chaque
quintal.

Pour le Pain frais, le tonneau pesant......    2400£
Rend de son ……………                       300£ )
Les dechets et la moulure montent a 167£ ( 467£
                                                           _____
Reste de farine ………………...............          1933£ qui doivent
produire 22 quintaux 19£ de pain frais qui reviennent
déduction faite du prix de la façon a 16d. la livre.

On ne sçait précisement combien le munitionnaire a achepté
le vin cette année, mais suivant les marchands
de Brest l’ont vendu, il ne doit pas luy revenir a plus
de 17 écus la Barrique, les fermiers generaux luy
en ont vendu 4127 Bariques qui ne reviennent l’une
portant l’autre qu’a 35£ 11s. la Barrique, ce qui ne fait
que 3s. la pinte et dans les tems ordinaires elle ne doit revenir
qu’a 1s. 9d.
--------
Le Nouveau Munitionnaire a pris de l’ancien 3292 quintaux
de lard qui luy ont coûté 16£ 10s. le quintal. Il s’en est fait
400 quintaux au Port Launay dont il y a environ
150 quintaux et 14£ ce qui peut faire le tout environ..

                                                     .......... 13£ 10s.
Le Dechet a six pour cent revient a ………………        10s
Le Sel a ……………………………………….................         15s
Le Prix du Baril ………………………………..............         15s
Les autres menus frais …………………………........         15s
                                                                _______ 
                                                                 16£   5s.
Mais d’il y a une bonne année, il doit revenir a son
prix ordinaire qui est de 12£ le quintal, ce qui fait environ
2s. 5d. la livre.

Quand au Bœuf le munitionnaire en a fourny cette année
depuis le 1er Janvier 2200 quintaux de frais a 11£ 5s. le
quintal, ce qui fait 2s et 3d. la livre. Il a coûté jusqu'à
15£ 9s. 6d. le quintal, mais il doit diminuer dans la suitte.

La Moluë ne doit coûter ordinairement que 9£ a 11£
le quintal, mais la derniere année elle en a coûté 17 et 18£
jusqu'à 20£.

A l’Egard des Légumes on ne ma sceu dire ce
que le munitionnaire avoit payé de celles qu’il auroit fait
venir, mais l’Ancien luy a donné 3059 quintaux de fayots
a 4L 2s.et 3d. et 691 quintaux de feves a 3£ 1s. 1d.
Il faudra se défaire d’une partie des poids et des
feves parce qu’il y en aura de trop cette année et qu’il
en faut avoir d’une nouvelle recolte .
Le munitionnaire n’a point achepté de ris, mais son
-------
Prédecesseur luy en a laissé 1840 quintaux a 6£ 2s. 11d.
Le fromage qu’il a presentement luy vient aussy de
L’ancien munitionnaire parce qu’il est arrivé trop tard, Il
a coûté 13£ 3s. 6d.

Les Sardines coûtent ordinairement 80£ le tonneau.
L’huile d’olive que le nouveau munitionnaire a pris de l’ancien
luy revient a 25£ le quintal et le vinaigre a 18£ la barique.

Je ne fait point sur tout cela le Calcul de la valeur de
la ration parce que ces prix ne sont point fixes, que
l’année est trop chere et que de plus pour faire un
Calcul juste qui fut de quelqu’utilité la dessus, il
y auroit des circonstances de menus frais a y ajouter dont
les discutions seroient trop longues.

Il ne me reste plus Monsieur qu’a vous parler des Abus
qui se commettent sur les vaisseaux au sujet des vivres
et la peine qu’a le munitionnaire de retirer les decharges
quoique par l’ordonnance il soit enjoint au Commissaire de faire
signer au Capitaine et a l’Ecrivain du Roy de chaque
vaisseau, 3 états de l’Embarquement des vivres, la
plus part des Capitaines et écrivains refusent de les signer
et partent sans donner des decharges au munitionnaire ce qui
retardent ordinairement l’arresté de ses Comptes et
aux desarmemens, Ils refusent pareillement d’arrester
et de Certiffier les Consommations des rations qui
sont faites pendant la Campagne.
-------
Un des abus qui se commet encore au desarmement
des vaisseaux et que les Capitaines ont coutume de raporter
des Certifficats des Commis des vivres qu’ils leur font donner
par force comme il leur est deub les rations non seulement
de leurs valets mais encore de plusieurs gens de l’equipage
qu’ils supposent avoir nourry des vivres de leur table. Ils
vont même jusqu'à demander 20 et 30 rations par jour
quoi qu’il ne leur soit passé que six valets et obligent
le munitionnaire de les leur payer en argent ce qui est le
sujet du chagrin du Capitaine contre luy lors qu’il
leur conteste les rations et c’est ce qui fait aussy
qu’il refusent de luy donner les decharges et lors
qu’ils montent la Campagne suivante, ils ne
manquent jamais par un esprit de vengeance de
rendre difficiles a l’embarquement des vivres et ne
sont pas plutost en mer qu’ils en font jetter une partie
supposant qu’elle est gâtée.

Outre cela les Capitaines prennent dans le fond
de calle le vin et autres denrées dont ils ont besoin
et ordonnent aux Commis du munitionnaire d’en donner par
extraordinaire aux gardes marine aux Maîtres du vaisseau
Canonniers et autres gens de l’Equipage matelots et soldats
suivants les differentes occasions, ce qui cause des
malversations continuelles pour retrouver les denres
qu’ils delivrent, Les Capitaines luy permettent de
-------
mettre de l’eau dans le vin que l’on distribue au Reste de
l’equipage et tres souvent il se sert de cette occasion pour
y en mettre le double et lors qu’il ne peut trouver son compte
par l’eau qu’il y met, les Capitaines luy donnent les
mains pour dresser des proces verbaux comme le vin
est coulé dans le fond des calles qu’ils signent et certiffient
et prennent le pretexte de mauvais tems qui fait créver
les futailles, Il dressent aussi des proces verbaux pour
les autres vivres et refraichissemens comme ils se sont
gâtez pendant la Campagne.

Quand l’armée est en Campagne et que l’Intendant ou
Commissaire general ordonnent aux Commis generaux du munitre.
d’acheter des rafraichissemens qui sont ordinairement portez
a l’admiral, Ils sont presque toujours distribuez aux
Capitaines ou officiers sans la participation du
Commis de fond de Calle et sont Consommez la
plus part du tems sans qu’il en ait connoissance.

Il arrive aussi que les Capitaines des Compagnies
franches font subsister un bon nombre de soldats de
leur Compagnies tour a tour au plat des malades
supposant qu’ils sont indisposez, cela fait consommer
malapropos les refraichissemens embarquez et en
fait manquer tres souvent a Ceux qui sont veritable
ment malades.

Il est aussi arrivé que le Capitaine d’armes et le maitre d’hotel
du Capitaine du vaisseau se sont associez ensemble pour
vendre du vin a l’Equipage pendant la Campagne
nonobstant l’ordonnance qui a esté faite sur cela.

La plus part du tems les officiers subalternes et les
Ecrivains du Roy viennent au Magasin pour prendre
les vivres necessaires tant pour leurs journée que pour
leur armement sans en donner avis au Commis de fond
de Calle et obligent les Commis du munitionnaire etablis
dans les magasins de leur livrer les vivres alleguant
que le Commis du fond de Calle n’a pas le tems d’y venir
et en donnent les receus, ce qui cause des abus, car une
partie de ces vivres n’est point menée a Bord et sont
emploiée a tout autre usage qu’a la Subsistance des
Equipages./.

Phelypeaux
--------------------------------------------

Notes:

- Munitionnaire: Homme qui est chargé des approvisionnements nécessaires à la subsistance des troupes. - Munition : Provision des choses utiles dans une armée ou dans une place de guerre. (Munition de guerre ou de bouche) - Pain de munition : le pain qu'on distribue chaque jour au soldat.

- de Beauregard, commissaire de la marine à Brest.

- Harpe : Grille fine métallique placé en biais sur un portant, servant à cribler le blé. Permet d'éliminer les grosses impuretés.

- Bluteau ou blutoir : Espèce de sas fait d'étamine ou de crin et qui sert à passer la farine, sépare la farine du son.

- Reprain ou reprin : son mêlé de farine.

- Moulange : Mouture, action de réduire les grains en farine entre deux meules.


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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 18:30

A LA POURSUITE DU CARDINAL DE RETZ

"Prise de possession du château de Machecoul"

Guerre de la Fronde.

Trois lettres inédites.

Après son arrestation et son incarcération à Vincennes, le 19 décembre 1652, puis son transfert au château de Nantes, il est mis à la garde du maréchal de la Meilleraie. Il trompa sa vigilance et s'en évada le 8 août 1654. Le maréchal trop âgé et malade envoya à sa poursuite son fils le marquis de la Meilleraie. Ce dernier le pensait réfugié au château de Machecoul.

Lettre adressée par le marquis de La Meilleraye, depuis Machecoul, à son père le maréchal de la Meilleraie, gouverneur du château de Nantes , le 18 août 1654 :

« A Machecoul, dans une chambre du chasteau neuf, a 6 heures du soir. Je viens d’ariver tout presentement avec la troupe que vous m’avez donée et entrautres Mr. Levesque de St Brieu, lequel ayant pris les devants ainsi que vous l’aviez ordonné, m’est venu assurer que je pouvais venir a l’heure mesme. Jay marché et ay rencontré Mr. de Retz au bout de la rabine lequel a reçu fort civilement tous les complimens que je luy ay fais tant de vostre part que de la mienne, en suitte j’ay marché avec luy jusque a la porte du chasteau ou le commandant m’est venu remettre les clés que j’ay reçues en lasseurant Mr. de Retz que cestait pour satisfaire aux ordres du roy et dans le sentiment de luy rendre par vos ordres et par mon inclination particulière et toute sorte de respect et dobeissance, et puisque Mr. de la Salle était dans son agrément et dans son approbation que je luy remettois les dites clefs entre les mains pour en repondre au roy. Apres estre entré, jay esté saluer Mme. de Retz qui ma receu avec beaucoup de froideur, si bien que les civilités extraordinaires que je luy est faicte et la conversation que jay eu avecq elle est assez embarassante. Jay pris le temps de venir vous escrire pour vous rendre conte de tout cecy et cepandant jay entré Beaulieu et vos gardes dans le donjon. Nous en sommes presentement sur les complimens, je voulois aller coucher a la ville avec ces messieurs en cas que l’infanterie fust desja arrivée. Mais ces Mrs. ayants tous jours voulu demeurer avec moi, nous avons resolu Mr. de St Brieu et moy de coucher dans le chasteau avec les principaux de ces messieurs. Nous envoirons demain le mot a Mr. de Retz par civilité, en cas quil refuse je le donneroy. Nous serons fort alerte la nuit et apres avoir fait beaucoup de civilités a Mr. de Retz, je m’en vais souper en ville et reviendroy aussitost et sy comme vous estes plus esclairé que qui que ce soit au monde ne le peux.  Faictes nous l’honneur de nous envoyer vos ordres et ils seront ponctuellement suivis.

Le Marquis de lameilleraie.

Au dos de cette lettre : Pour Monsieur Le Mareschal » 

-----------------------------

 Lettre adressée par le Maréchal de la Meilleraie à …?

« A Nantes 18 Aout 1654 »

« Evasion du Cardinal de Retz et prise de possession du château de Machecou au nom du Roi »

 

« Monsieur,

 Depuis ma dernière jai eü advis certain ; que le Cardinal de Retz s’est embarqué samedy au matin a un petit port nommé le port de la Roche qui est situé entre l’isle de Bouin et Bourgneuf. Sortant de ce petit port il y a deux canaux, l’un va passer devant bourgneuf et pornic pour aller vers l’embouchure de la rivière de Loire, l’autre laisse l’isle de Bouin a main droite et va vers l’isle de noirmoutier. Il y avait trois chaloupes avec luy un autre batteau qu’ils appellent une charte (sic), laquel on chargea d’infanterie. Il pouvait avoir quelques soixante dix hommes. Ce bateau a été trouvé entre l’embouchure de Loire et Belle Isle. Ces trois chaloupes n’y ont point esté veües. Le duc de Retz a été veüe proche de l’isle Rhuis, allant par terre avec six chevaux pour s’embarquer a portnavalo et gagner Belle Isle, sont ce que dessus me faict conjecturer que le Card[in]al, le Duc de Brissac, seniguy et joly se sont retirer a noirmoutier. Je m’en enquerray avec soin. Cependant ce matin, Monsr. de Retz, le père m’a envoyé l’Abbé de Beaumont bastard de sa maison avecq la lettre que vous aver copie cy. J’ay demandé la créance a  cet abbé qui m’a dit positivement que cestoit de rendre toute obeissance au Roy et luy remettre la place de Machecoud. Nous avons convenu de tous les points qui sont que Madame de Retz en sortira laissant ses meubles sans que l’on y fasse un sort. Quil sera faict inventaire des canons et munitions. Ces premiers sont bien au nombre de soixante et que le tout sera gardé par celuy qui commandera dans la place. Que le bonhomme M. de Retz est blessé et incommodé pourra demeurer dans le bas fort pour s’y faire traiter. Que la Sale battelar, ordinaire du Roy et qui est leur voisin commendera dans la dite place jusques a ce qui laye pleü au Roy d’en ordonner. Quil ne sera fait aucun sort aux habitans de la ville et du pays de Retz et que moyennant cela le chasteau et le donjon seront mis des ce soir entre les mains de mon fils qui y est allé pour cet effect. Il a mené deux cens chevaux et soixante hommes à pied. Mr. l’Evesque de st. Brieu est allé avec luy pour advis sur toutes ces choses s’il y avait contestation. J’attends d’heure a autre des nouvelles de l’execution. Si elle ne se faict je marche demain avec bien douze cens chevaux et quatre cens hommes de pied, resolu de faire une tentative pour mettre cette place a l’obéissance. Je meine quatre pièces de canon et espère avec l’ayde de dieu un bon sucés. Si la place se prend, je pousseray ma poincte et avecq vaisseaux marchands, quelques brigandine et chaloupes. Je suis resolu d’attaquer l’isle de noirmoutier, estimant par toutes les aparences que le Cardinal de Retz et le duc de brissac y sont. Tout y a que je n’oublieray rien pour advancer le service du Roy et reparer le malheur que j’ay eü qui n’eüst pas arrivé sans mon extreme maladie. Jay encore la fiebvre toutes les nuict. Mais dieu me conservera asser de forces pour confondre mes ennemis, estant persuadé, que vous me faictes cette justice de ne  doubter pas de la pureté de mon cœur qui sera toujours porté. Je vous proteste à vous honorer et a vous temoigner par toutes mes actions que je suis, Monsieur, votre tres humble et tres affectionné serviteur.

 

 La Meilleraie. »

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 Autre lettre du Maréchal au même interlocuteur.

 «  Le Maréchal de la Meilleray du 18 août 1654 »

 « A minuit et demy 18 venant au 19.

 Je ne puis mieux vous exprimer ce qui s’est passé a la prise de possession du Chasteau de Machecoul qu’en vous envoyant la lettre que mon fils m’escrit. Vous verrez par icelle comme le Roy est maistre de la place. Je vous supplie qu’on m’envoye un exempt ou telle autre personne qu’il plaira au Roy pour  auquel je la feray consigné. A l’heure même je m’en vais travailler suite a ce qui reste de cette affaire, laquelle je porteray tout aussi advantageusement qu’il me sera possible pour le service de sa majesté. Je n’en escris point a son E : car j’estime que dans ces rencontres il fault plustot des effects que des paroles de compliments..

 La Meilleraie »

 SHAT Vincennes 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 15:54

 La baronnie de Retz est l’une des neuf baronnies d’ancienneté du duché de Bretagne. Au fil des successions, de nombreux héritiers se prétendirent détenteurs du titre de baron,  multipliant ainsi d’interminables procédures.

 On sait qu’à la date du 15 octobre 1539, la baronnie appartenait à deux seigneurs  :

- Jacques du Croisil, chevalier, baron de Rais, seigneur d’Ardenne, du Plessis-Guérif et de Saint Mars. Jacques du Croisil avait épousé Jeanne Sauvage, sœur de Tanguy Sauvage, sieur du Plessis-Guerry, descendants tous deux de leur aïeul Guillaume Sauvage vivant en 1388. Ce dernier avait épousé Marie de Laval (fille de Foulque de Laval et de Jeanne Chabot dite La Folle). De ce fait il possédait certain droit à la baronnie de Rais.   

- Claude d’Annebaud, maréchal de France, baron de Rais, après son mariage avec Françoise de Tournemine, baronne de Rais et de la Hunaudaye.Claude d’Annebaud eut deux enfants de ce mariage, Jean et Madeleine. Madeleine épousa en première noce Gabriel de Saluces en 1544. Puis devenue veuve, elle se remaria avec Jacques de Silly, comte de Rochefort. Quant à Jean, chevalier, sire et baron d’Annebaud, baron de Rais, la Hunaudaye etc. épousa en première noce Antoinette de la Baume, comtesse de Châteauvillain, et en seconde noce, la belle et savante  Catherine de Clermont. Le contrat de mariage fut passé en la ville de Poitiers, le 28 avril 1558. Jean fut mortellement blessé à la bataille de Dreux (1562) et disparut sans héritier.   

 

 

 

 

 

 Une fois veuve, Catherine de Clermont s’employa avec sa mère, Jeanne de Vivonne, dame de Dampierre, à s’assurer du titre de la baronnie de Rais. Jean d’Annebaud avait accordé à sa seconde épouse une rente de 2500 livres, constituée à titre de douaire coutumier et garantie « sur tous le biens, terres et seigneuries dudit seigneur d’Annebault. » Etait-ce suffisant pour que Catherine puisse se proclamer baronne, comme le soutient l’historien Du Paz qui affirme que Jean d’Annebaud fit donation de la baronnie à Catherine de Clermont ?

Les conditions de cession de la baronnie.

 

Dans une lettre, Charles IX, aux gens de la Chambre des comptes et trésorier de France en pays et duché de Bretagne, datée de Cognac du 23 juin 1565, leurs fait don : « de la somme de vingt mil livres tournois pour les lotz et ventes et autres droit  en raison de l’acquisition faite moyennant la somme de six vingt mil livres tournois du sieur de Rochefort et de dame Magdeleine de d’Annebault son épouse du surplus de la terre et baronnie de Retz et aultres terres et seigneurie qui en despendent, tenuez et mouvans de nous à cause du château de Nantes. »… « en considération des grands et recommandables services que deffuntz leurs mariz ont faictz aux feux roys nos prédécesseurs et à nous tant au fet des guerres que  en plusieurs manieres aultres louables sortes et manières. »

Cette cession aurait eu lieu vers 1562. La venderesse, Madeleine d’Annebaud était la sœur de Jean d’Annebaud, tous deux héritiers de Claude d’Annebaud. 

              

Le contrat de mariage, d’entre Albert de Gondi et  Catherine de Clermont,  passé à Cognac le 4 septembre 1565 précise : «  La dite Dame au cas que ledit seigneur la (sic) survive, luy donne en faveur de noces, la Comté et Baronnie de Retz, ses appartenances et dépendances par elle acquises des Sieur et Dame de Rochefort, à la charge, par ledit sieur futur époux d’acquitter icelle Dame ses hoirs et ayants causes de la somme de 69750 livres à elle prestée Par Révérend Père en Dieu, Messire Pierre de Gondi, Abbé de la Chassaignes et employée par icelle Dame à l’acquisition de portion desdits Comté et Baronnie de Rets : de payer en outre la somme de 6000 livres d’une part à Madame de la Touche Lemosinière et autre somme de 3000 livres au Prieur (sic)du Plessis-Guerry et 1500 livres au sieur Dubois, au paiement des quels icelle Dame estoit tenue envers lesdits Sieur et Dame de Rochefort par ledit contrat d’acquisition… » … «  Lesdits futurs conjoints n’entreront en aucune communauté de biens, sinon dix ans après qu’ils auront esté mariéz ensemble. » Dans une autre lettre datant de 1573, le roi mentionne la vicomté de Retz qui précéda donc le titre de comté. De ce contrat, il ressort que Madeleine d’Annebaud avait su racheter les droits sur la baronnie aux héritiers de Jacques du Croisil.

Albert et Catherine continuèrent de rassembler les terres et seigneuries constituant ce comté et baronnie. Cette qualité de Baron de Retz, Albert de Gondi la revendiquait de toutes ses forces, s’intitulant lui-même « Comte Doyen Baron de Retz », comme on le voit en 1578, au moment de l’achat de son hôtel parisien de Saint-Germain-l’Auxerrois.  Mais ce titre lui fut souvent contesté.

 

 

 

 

 

                   Sceau de la cour et juridiction de Pornic - 1598

Le duché tombe en quenouille.

Le comté et la baronnie de Retz, érigés en duché en 1581, en faveur de Catherine de Clermont, d’Albert de Gondy et des enfants mâles en ligne directe des Gondy de Retz, tombe  en quenouille en parvenant entre les mains de Dame Paule Marguerite Françoise de Gondy de Rais, à la mort de Pierre de Gondy son père survenu en 1676. Il perdit sa qualité de duché.

Le Présidial de Nantes, au vu des dires du Fermier du Domaine, des conclusions du Procureur du roi, rendit sentence le 16 juillet 1708 et ordonna que la qualité de duché-pairie serait rayée de l’aveu du 16 décembre 1692 et retournera à son premier état : comté et baronnie. Dès lors, bien que le terme « Duché de Retz » continua d’être utilisé par les notaires, il n’était plus reconnu comme tel, mais seulement comme un titre d’usage. Il en sera de même après 1778.

 

 

A la mort de la duchesse de Lesdiguière de Rays, survenue à Paris le 21 janvier 1716, ses petits neveux, héritiers sous bénéfice d’inventaire : Louis Nicolas de Neufville, duc de Villeroy, futur duc de Retz et Paul François de Neufville, archevêque de Lyon, furent désignés comme co-seigneurs de Retz. Des aveux leurs furent rendus à ce titre. Le 15 juin 1718, bien que la succession ne fût point encore réglée, elle ne le sera que le 28 juin 1719, furent reçu à la Chambre des comptes, « les foy, hommage que Messire Louis Nicolas de Neuville, Duc de Villeroy, pai de France etc. étoit tenu de faire pour raison du duché de Rays… au veu des lettres patentes du roi données à Paris le 5 mai 1718. » « Ledit Duché mouvant et relevant prochement et noblement de sa majesté à devoir de foy, hommage, rachat et chambelenage, le cas y advenant. »

Le duché est rétabli.

Le duché perdurera jusqu’à sa vente au marquis de Brie-Serrant, le 18 avril 1778. Le roi ordonna son démembrement par lettre patente du mois de décembre 1779. Le marquis de Brie-Serrant se contenta du titre de « Baron de Retz ».

 

 

 

 

 

 

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