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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 14:56

(Texte de la Causerie donnée à l’Assemblée Générale de PORNIC-HISTOIRE, le 3 avril 2004.)

Nous nous bornerons, aujourd’hui, qu’à évoquer les mouvements de notre flottille dans le cabotage le long de nos côtes Atlantique, Manche et Mer du Nord.

- Tout d’abord le petit cabotage, effectué par les barques inférieures à 10 tonneaux, depuis Pornic mais essentiellement de La Plaine vers Nantes.

- L’étude de nos expéditions de vin vers la Bretagne, à travers une étude succincte des Registres des Droits d’octroi de Pornic et de la Plaine des années 1749-1750.

- Que du cabotage qui nous reliera aux ports depuis les Flandres, Ostende, Bruges, Newport, Dunkerque, Rouen, Vannes, La Rochelle, Bordeaux, Saint-Jean-de-Luz jusqu’en Espagne, Bilbao, La Corogne etc. et qui verra s’activer les barques de 20 tonneaux et plus.

Nous n’évoquerons pas les voyages en droiture, c’est-à-dire depuis Nantes ou Paimboeuf vers les Antilles : Saint-Domingue, la Guadeloupe, la Martinique, où plusieurs familles de Pornic et de La Plaine ont des intérêts.

- Ni du Commerce de la traite, si florissant au XVIIIe et plus discrètement jusqu’au milieu du XIXe, qui là aussi verra de nombreux capitaines, officiers mariniers, matelots et mousses sortir de nos paroisses de Pornic, du Clion, de La Plaine et autres paroisses de la baie. Tel un René De Ruays, un Quatreville, sans oublier les Fourneau et bien autres encore qui ne me reviennent en mémoire.

Nous évoquerons, en fin de conférence, une famille de notables de la baie de Bourgneuf : Les Leray…

Notre étude n’a fait que « surfer » sur cette période, et a pour but non pas de faire un recensement de toute la flottille, mais de connaître quelques participants, leurs destinations et le type de marchandises transportées.

Mais elle met, néanmoins, en valeur l’activité de ce quartier maritime de Bourgneuf, qui comprenait Bourgneuf bien sur, Les Moutiers avec son annexe en évolution La Bernerie, Pornic et La Plaine, mais il ne faut pas oublier Le Clion qui fournira plusieurs équipages.

LE PETIT CABOTAGE DES BARQUES DE MOINS DE 10 TONNEAUX ;

Toutes ces barques ne feront que des navettes entre La Plaine ou Pornic et Nantes.

Années considérées 1738 et partiellement 1739.

« LE JEAN-RENE » 8 tonneaux – Maîtres de barque Michel Leray de la Plaine puis Nicolas Fourneau.

« LA SUZANNE » 8 tx., Pierre Fourneau de La Plaine.

« LA MARIE-LOUISE » 9 tx. G. Bonneau de La Plaine.

« L’ANNE-MARIE » 9 tx. Mathurin Isanquard de Pornic.

« LA MARIE-ROSE » chaloupe de 3 tonneaux, Jean Mahé de Pornic.

Toutes ces embarcations partiront de :

- La Plaine avec des chargements composé de quelques tonneaux de froment (2, 3 voire 4) ou pour l’un avec sept septiers, des barriques de vin pour La Fosse, La Chézine ou Trentemoult, certains avec 11, 15 et même 21.

L’appellation « Vin de Nantes » est inscrit sur les registres pour quelques-unes.

Elles en reviendront, avec des barriques de vin d’un autre cru que celui de nos côtes, de la chaux, des planches, des ardoises, en somme des matériaux pour la construction. Du feuillard (Branches de châtaigner ou de saules, fendues en deux dont les tonneliers se servent pour cercler les tonneau.). Quelques barriques vides, du meuble et autres marchandises permises…

- Pornic : « L’ANNE-MARIE » partira chargée de 29 barriques de vin et d’un demi tonneau d’eau-de–vie et reviendra avec un tonneau et demi de vin et de huit milliers de fer ?.

La chaloupe « LA MARIE-ROSE » sera chargé de sel au départ pour revenir avec du sucre et du savon et autres marchandises permises.

Que pouvait valoir de telles embarcations ? Une réponse nous est fourni par l’acte de cession de parts dans la barque « LA SAINTE-ANNE » de Noirmoutier en 1726, entre le sieur Estienne Le Jaud, maître de barque de Noirmoutier et honorable homme Jean Richard, capitaine de navire :

« Scavoir est la quatriesme partye de ladite barque la Sainte Anne, à present dans ce havre sur les ancres, du port de 15 tonneaux ou environ, avec la quatriesme partye de ses agrès, aparaux et petit bateau et prete à prendre marchandises, pour et moyennant la somme de deux cents livres en principal. »

Ce qui nous donne : Huit cents livres.

Pour la période 1749-1750, nous étudierons Les Registres de Droit d’Octroi des bureaux de La Plaine et de Pornic.

Le bureau de La Plaine se situait au port du Cormier, celui de Pornic vraisemblablement sur les quais.

Un droit de huit sols par pipe (2 barriques) de vin du comté nantais, était acquitté au moment du départ, au profit de la ville et des hôpitaux de Nantes.

Pour La Plaine nous enregistrons :
en 1749 :

- 19 expéditions pour un total de 144 ½ barriques, 1 tierson plus une barrique de boisson.

En 1750 :

- 9 expéditions pour un total de 365 barriques : 351 pour la vente et 14 pour la « provision » des Plainais expatriés à Paimboeuf, pour la plupart des charpentiers de navire ou à bord de bateaux en partance et dont l’une pour un recteur de paroisse.

Pour Pornic :

En 1749

- 10 expéditions pour 28 barriques.

En 1750 :

- 15 expéditions, 204 barriques.

Nous ne parlerons pas ici des différents expéditeurs ou vendeurs de leur production. Mais nous retrouvons de Hillairet, des Bonamy, des Druais de la Sauvagerie, des Pinet, des Fourneau, des Leray, des Roguet pour La Plaine.

Des Penot, des Baulon, des Rousse, des Coueffé… pour Pornic.

Pour La Plaine, les destinations sont :

- Belle-Ile, Nantes, Frossay, Paimboeuf, Noirmoutier, Vannes et Lorient.

Pour Pornic :

- Essentiellement Noirmoutier, puis Rennes avec pour destinataires : Pitteux avocat à la Cour, Leray des Mandonnières procureur, Lebreton et Bordet procureurs au Présidial, puis Auray et Ploërmel.

Nos vins blancs avaient une certaine renommé, notamment le gros-plant ou la folle blanche, peu d’envoi de vin rouge.

LE CABOTAGE DES 20 TONNEAUX ET PLUS

Comme vous avez pu le remarquer, nous n’avons pas encore parler du Sel de la Baye.

La Baie en s’envasant ne permettait plus aux navires de fort tonnage d’aller chercher la production de sel des Salines de Bourgneuf, de Bouin ou de Beauvoir.

Cette source de richesse connue et reconnue de tout temps et que surent mettre à profit La Hanse et qui du concentrer tous ses approvisionnements sur les salines de Guérande au XVIIe, de même que les Espagnols.
Au XVIIIe, apparemment, seuls les Espagnols continuèrent d’acheter le sel de la Baie.

Faute de pouvoir introduire dans ce fond de baie leurs navires, ils surent utiliser et mettre à profit des barques locales de faible tonnage et au tirant d’eau adapté, pour rapporter à Nantes cette production.

Les commis du « PARTY » du sel, le collectaient et le stockaient dans les « GRENIERS DU PARTY DU SEL » à Nantes.

(PARTY : Communauté de marchands espagnols)

Voici la liste de quelques barques qui se chargèrent d’effectuer le transfert durant la période 1726-1748 et les noms de leurs propriétaires.

« LE DONATIEN » 45 tx. : Donatien LERAY de la Piollerie.
« LE JEAN » 55 tx. : Idem
« LA FIDELE » 40 tx. : Alexis JOUBERT.
« LA SAINTE » 30 tx. : Nicolas PHELIPPOT et consorts.
« LE GABRIEL » 25 tx. : Joulien RICHARD et consorts.
« Le CYR-JEAN » 28 tx. : Le sieur RONDINEAU.
« LE ST-VINCENT » 35 tx. : Le sieur DOSSET et consorts.
« LA PROVIDENCE » 24 tx. : Le sieur de LA NIGARDRAIS.
« LA MARIE-MADELEINE » 20 tx. : Mr. CORMIER, négociant.
« LA JEANNE-JULIENNE » 35 tx. Honoré PERRON.

Nous dûmes prendre, parfois, en direct la vente et la livraison des ports du Nord.

- Le 27 juillet 1729 « LA FIDELE », maître de barque Jean BASTARD avec son équipage de Bourgneuf, 3 matelots et un mousse, part de Bourgneuf pour Dunkerque chargé de sel. Il fera son retour par La Rochelle sur son lest.

- Le 26 septembre : même voyage.

- Le 17 octobre, fait relâche à Audierne allant à
Ostende chargé de sel.

- Le 28 janvier 1730, Bourgneuf-Nantes, chargé d’huile et de savon.

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« LE GABRIEL » Maître de barque Joachin RICHARD avec 2 matelots de Bourgneuf.

Pratiquement, tous ses voyages s’effectueront pour le compte du « PARTY » ou des Gabelles soit de Bourgneuf ou de Beauvoir.

- Néanmoins le 16 août 1729, il partira de Bourgneuf pour Newport avec du sel. Il repassera le 14 septembre à Dunkerque pour filer à Bordeaux sur son lest. Il sera vu à Roscoff le 29. Il devait chercher du fret pour son retour. « LE CYR-JEAN » Maître de barque François MANGUY de Bourgneuf, 1 matelot, 1 mousse.

-Mêmes mouvements vers Nantes.

- Toutefois le 11 janvier 1731, il chargera à Nantes une cargaison de 28 tonneaux de vin pour Redon.
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« LA SAINTE » Maître de barque Nicollas PHELIPOT de Bourgneuf avec 2 matelots et un mousse.
- De juin 1729 à Fin avril 1730 n’effectuera que 2 voyages pour le sel.

- 14 juin 1729 : Nantes-Bordeaux,
chargé de 17 pièces d’indigo (colorant) et de 30 milliers d’ardoises.

- 9 septembre 1729 : Noirmoutier-Saint-Jean-de- Luz, avec un chargement de fèves.
Retour le
- 3 novembre, avec un passager à bord, Honoré Gris de Machecoul, chirurgien de 25 ans.

- 9 février 1730 : Nantes-Redon
Chargé de 700 tufeaux et 6 tx. de fer.
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« LE SAINT-VINCENT » Maître de barque Honnoré PAYRON des Moutiers, 2 matelots.

- peu de voyages connus.

Mais :

Le 5 avril 1730, il effectuera un voyage Nantes-Rouen,
Avec 25 tonneaux de « Selpestre » pour le roy et 19 balles de « cotton ».
Il relâchera au cours de sa route au Port-Louis le 14, et sera vu à Camaret le 15 mai poursuivant sa route vers Rouen. Il en reviendra le 19 juin en passant par Vannes.
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« LA MOÏSE » effectuera un voyage Nantes-Lorient avec une cargaison de 118 caisses d’armes en octobre 1737.
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« LA JEANNE-JULIENNE » de la Bernerie

-Le 18 novembre 1737, partira de Nantes pour Lorient chargée d’environ de 34 tonneaux de « poids fayaux ».
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« LA MARIE-MADELEINE » maître de barque ROCH BARRAUT, 1 matelot, 1 mousse.

- 10 juin 1748, Nantes-Saint-Denis d’Oléron
Chargé de charbon de terre (houille) pour le roy. De retour le 3 juillet à Bourgneuf.
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« LA PROVIDENCE » maître Pierre LE LIEVRE de Bourgneuf, 1 matelot, 1 mousse.

Toujours des chargements de sel pour Nantes (1747-1748), mais des planches au retour, du tuffeaux, de la chaux, des ardoises, du seigle.

A noter, un voyage le 18 mars 1748 à La Roche-Bernard sur ordre. «Le Sénéchal de Nantes, commissaire des Etats de Bretagne, ordonne, sans retardement et avec toute la diligence possible, pour y prendre et transporter à Belle-Isle les fourrages destiné à l’approvisionnement. »

Le 28 mars, au Croisic, on lui enjoindra « d’exécuter promptement les ordres de se rendre à La Roche-Bernard. »

Le 30 mars, il débarquera son fils Pierre qui retournera à Bourgneuf.

- Le 18 avril 1748, à son retour de Belle-Ile il prendra à La Roche-Bernard : un chargement de 30 tonneaux de seigle pour La Rochelle.
Il aura à son bord, son fils ainé Jean de 14 ans comme mousse et son second fils Pierre de 10 ans.
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Mais tous ces voyages ne se faisaient pas sans des naufrages… comme en témoigne l’autorisation d’embarquement ci-après :

« Nous enseigne des vaisseaux du roy, commandant à la tour de Camaret,
Permettons au capitaine Nouel Pausson, de passer dans son navire nommé « Le Saint Ginolé » du Conquet (Le Saint Guénolé) de passer dans son bord le capitaine Du Doit, Marc Cormier et Michel Sorin, provenant du naufrage du navire « La Fleur de lis » de Nantes, d’aller à Bourgneuf et à eux de se présenter à leur commissaire en arrivant.
Fait à la tour de Camaret, ce
15e mars 1735
signé : De Keroullas. »
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Abordons pour terminer, une famille particulière qui à elle seule il faudrait consacrer un ouvrage :

« Les LERAY DES MANDONNIERES », d’où seront issus les :

« LERAY DU FUMET », qui succèdera à Gérard Mellier en 1730 comme maire de Nantes.

« LERAY DE LA CLARTAIS » armateur nantais.

Et bien sur :

« LERAY DE CHAUMONT », grand ami de Benjamin FRANKLIN.
Il est considéré aux Etats-Unis comme plus important que LA FAYETTE, dans la guerre d’indépendance.

Nous retiendrons aujourd’hui que :

« Donatien LERAY DE LA PIOLLERIE »

entre autre, riche armateur de la Baie,
propriétaire foncier et
Fermier général du temporel de l’abbaye de Sainte-Marie.

Il armait 4 navires en 1726 et dans les années suivantes :

2 pour Terre-Neuve : « LA SAINTE-ANNE » de 60 tonneaux et « L’HEUREUX » de 50 tonneaux.

Et 2 pour le cabotage : « LE DONATIEN » et « LE JEAN », l’un de 45 tonneaux et l’autre de 55.
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« LE DONATIEN » : 2 matelots et un mousse.
Maître de barque, Cyr CHESNEAU de La Bernerie.

D’août 1726 à la mi-mai 1729,

- il effectuera 3 voyages à Bilbao dont l’un avec du sucre.

- 3 à Dunkerque, dont pour l’un il aura à son bord : « Pierre Rondineau, de Bourgneuf, agé de 20 ans, venant d’Ostende où il a demeuré un an pour apprendre la langue flamande. »
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Année 1729 :

- Le 11 avril, départ de Nantes pour Bruges avec
122 barriques de sucre.

- Le 6 août, départ pour Dieppe, avec 65 barriques
de sucre et 40 milliers d’ardoises.
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Année 1730

-Le 16 février, départ de Nantes pour Dunkerque,
avec 35 tonneaux de vins et d’eau-de-vie

- Le 3 juin, il partira avec un nouvel équipage pour Saint-Valery (Somme), il y charge différentes marchandises pour Dieppe, où il sera le 12 juillet et repartira pour Saint-Valéry, et de là retour à Nantes.

- Le 31 octobre, Nantes-Rouen
avec 50 tonneaux de différentes marchandises.

Etc.
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Année 1731

- Le 5 avril, il sera chargé à Nantes pour La Corogne avec du vin, de l’eau-de-vie et du sel.

La réputation de l’armateur, le sérieux du maître de barque, les qualités du « DONATIEN » leurs permettrons de prendre des passagers pour la Corogne :
- Demoiselle Marie NORMAND de Nantes fille de Jacques NORMAND, employé dans les Devoirs de Saint-Nazaire,
- Jeanne DUPONT de St. Fleurant le Vieil, fille d’un agent des Gabelles dudit lieu,
-Marthe DAUVERGNE, petite fille de Mr. DAUVERGNE consul à la Corogne, agée de 2 ½ ans.
-Jean DUPUY de La Corogne, négociant,
-Jean-Baptiste PLOMBARD de Nantes,

Ils seront tous débarqués à La Corogne.

Durée du voyage environ 10 jours.

- De retour à Nantes avec J-B PLOMBARD, le 18 mai 1730.

- Le 31, on l’autorisera à retourner à Bourgneuf.
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Nous terminons avec :

« LE JEAN »

qui durant les mêmes périodes, cabotera entre l’île d’Oléron, La Rochelle, Bordeaux, Rochefort, Redon, Beauvoir, Bourgneuf et Pornic.

Il participera activement à l’alimentation des « GRENIERS A SEL DU PARTY », notre dernier partenaire étranger.

- Le 11 décembre 1728, il partira pour La Rochelle chargé de 5 milliers de merrains et de 4 esseyeux de fer.

(Merrains : Bois fendu en planches, de chêne ou de châtaigner, propre à différents usages,
en particulier à faire des douves et les fonds de tonneaux.)

(Esseyeux : s’agit-il d’essieux de charrettes ou pour d’autres engins mécaniques ?)

Nous trouvons dans une cargaison :

« Un rond de moulage », c’est un mécanisme de moulin, l’ensemble des deux meules. Trop lourd pour être transporté par une chaloupe ou une simple barque.

Signalons pour terminer une expédition tout à fait singulière :

- Le 9 septembre 1729, « LE JEAN » embarquera pour Redon :

un chargement de mâts et de « P R U C H E ».
Qu’est « LA PRUCHE » ?

« Une sorte de bière faite avec des jeunes pousses de sapin et qui était consommée à Terre-Neuve. »

Pruche s’écrit aussi bien Pruce ou Prusse.

Correctif du 1er Octobre 2006 :

A la lecture d'un document de 1787 il nous parait plus convenable pour la "Pruche" de dire qu'il s'agit de planches de "prusse". Bois importé en même temps que les mâts, pour la construction.

Source : ADLA

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 14:40

DEPART POUR TERRE-NEUVE
PORNIC 1722

DIFFICULTES DE DERNIERE HEURE.

Pornic fut un port morutier très actif de la fin du XVIIe. siècle jusque vers 1730. Il déclina et même cessa cette activité en raison de l’ensablement et envasement du port

L’un des armateurs décède et crée ainsi un empêchement au départ et des contraintes juridiques.

Le capitaine et ses associés font appel à l’Amirauté pour obtenir une décision.

« 17 Mars 1722

A Messieurs tenant le Siège de l’Amirauté de Nantes

Supplient humblement les Sieurs Gilles Aubin, marchand-négotiant, et Estienne Giraud capitaine de navire nouvellement construit dans le havre de Pornit nommé le Sérieux, du port de quatre-vingt dix tonneaux* ou environ.

Disant que, dans la construction dudit navire, équipement et avitaillement d’iceluy, le sieur Mathurin Amoureux, marchand se seroit interessé pour une moittié suivant le billet fait en double entre ledit Aubin et luy le 14 février 1721. Depuis ce temps le dit Aubin en a cédé un huistttiesme de son intérrest audit Giraud et le dit Amoureux de son costé en a transporté au sieur Pierre Bretin marchand à Nantes un quart dans la sienne. Ce vaisseau étant prest à faire voile du havre dudit Pornit, pour aller à la rade du Collet parachever sa charge de sel pour l’entreprise du voyage du banc auquel il a été destiné pesché de la morue verte*. Le décès dudit Amoureux est arrivé et par consequend les supliants se trouvent dans une facheuse conjecture, les enfants qu’il a laissé sont mineurs, ils ne sont point pouveus et ne peuvent l’être de sitost, par ceque on travaille à faire émanciper ceux qui sont en age de l’estre par lettre de dispense de la Chancellerie du Parlement de cette province et à donner aux autres un tuteur par une convocation de parents, qui sont deux choses qui ne se peuvent consommer quelque diligence que le procureur fiscal de la juridiction puissent faire aussy promptement qu’il serait à souhaiter pour empescher le retardement d’un vaisseau prest à faire voile au premier temps favorable. Les supliants ont intérests de les éviter mais ils ne le peuvent faire sans s’exposer vers lesdits mineurs en cas qu’il arriveroit quelques accidents impréveus dans l’entreprise de ce voyage, Giraud qui est le capitaine, ne peut partir sans ordre, il peut l’avoir dudit Aubin et Brétin mais quand aux mineurs imporvus, personnes n’a qualité de le faire pour eux. Il ne seroit pas juste cependant que ce voyage fut retardé et qu’on attendit qu’ils fussent pourvus, pour avoir cette ordre de leurs curateur et tuteur. Il en pourroit mesme arriver un autre inconvenient qui est que l’équipage pourroit désemparer et demender des dédomagements. Outre si on estoit obligé d’attendre cela les curateur et tuteur pourroient jetter les supliants dans un autre retardement en demandant l’avis de leurs parents. Ce n’est point le reste du sel qui est à prendre qui consiste en six ou sept charges et quelques avituallement qui empeschent cette entreprise, mais bien un ordre de la faire, sans laquelle et sans se commettre ils ne peuvent et particulièrement ledit Giraud capitaine l’exécuter et comme il n’y a rien de plus éclairé et de plus privilégié que le commerce entre autre dans l’occasion qui se présente, Ils requièrent, ce considéré,

Messieurs qu’il vous plaise voir cy attaché le billet fait entre ledit Aubin et Amoureux ledit jour quinziesme fevrier 1721 et y ayant égard et à ce que devant, permettre audits supliants aux périls et fortunes des mineurs dudit Amoureux de prendre des sels et avituallements qui leurs restent à la rade dudit Collet à la grosse* sur le compte desdits mineurs autant qu’ils se trouveront intéressé si mieux il n’aiment, les fournir aussy bien que lesdits avituaillements, comme aussi de leur permettre de mettre ledit vaisseau à la voile aux premiers temps favorables pour l’entreprise dudit voyage en question, afin de tout mettre en règle et en sureté en cas de facheux évènements, réservant, passé qu’il y aura des curateur et tuteur institués de les appeler pour approuver lesdits ordres et arrester les comptes de la mise en dehors et autres leurs droits et feré bien.

Signé : G. Aubin, Bertin, Estienne Giraud, Mabille. »

Cette requête fut admise et présentée au procureur du roi.

« Veu la présente requete et le billet en double y anexé, je consens pour le Roy, que le navire en question soit achevé de charger, avittuaillé et expédié à la diligence des suppliants pour le voyage auquel il est destiné et ce à leurs risques, périls et fortunes sans préjudicier néantmoins de leurs droits et de ce ceux des mineurs. Conclu au parquet à Nantes le 19 mars 1722.

Signé : Delaclartièremerland. »

Cette décision fut confirmée dès le lendemain par le Lieutenant civil et criminel.

« Veu par nous Raoul Philippes Fourquer, escuyer, sieur de K/salio, conseiller du roy, lieutenant général civil et criminel du siège général de l’Amirauté de Nantes, la requête nous présentée par les sieurs Gilles Aubin, Bertin et Etienne Giraud intéressé et armateurs du navire le Sérieux du 19è mars présent mois avec le soit communiqué au pied au procureur du roy, les conclusions du procureur du roy dudit jour et le billet en double attaché à la ditte requette, avons permis aux supliants de faire sortie le navire le Sérieux de Bourgneuf*, de l’envoyer à sa destination à leurs risques et périls faisant néanmoins assurer l’intérest des mineurs et sans préjudicier de leur droit. A Nantes le 20 mars 1722.

Signé : R. P. Fourquer »

NOTES :
- 90 tonneaux : Navire de 16/17 mètres environ
- La charge de sel de Bourgneuf est égale à 4147 litres.
- Morue verte pêchée depuis le bord du bateau. Pour plus d’information, lire l’article de Catherine Vadon-Lebras, « Histoire de la pêche dans le pays de Retz », bulletin de la SHPR n° 17
- A la grosse ou mettre à la grosse aventure : prêter de l’argent à gros intérêts pour un commerce de mer et à condition de le perdre si le vaisseau ne revient pas
- Pornic dépendait du quartier de Bourgneuf.

Source :ADLA

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 14:07
GOURMALON AU XVIIe SIECLE

Qui se souviendra , les années passant, que les communes de Pornic, Sainte-Marie-sur-Mer et du Clion eurent leur identité propre ?

Qui se rappelle que la Maison noble de Monplaisir, emplacement de notre hôpital actuel était sur le fief de la Muce en Sainte-Marie, mais néanmoins en la ville de Pornic, que le manoir de la Touche s’appellait La Touche-Gerbaud, que le Moulin de la Muce fit l’objet d’un retrait féodal, que Gourmalon dépendait de la châtellenie de Prigny et non de celle de Pornic ?

Pour que mémoire demeure :

Chastellenie de Prigny, annexée à Bourgneuf.

« AFFEAGEMENT DU TENNEMENT DE GOURMALON AU CLION, 66 JOURNAUX POUR 11 LIVRES AU TERME DE NOEL OUTRE LE RACHAT. »

« Expédition en parchemin d’un contrat passé devant les notaires du duché de Retz, résident en la ville de Machecoul au rapport Danry notaire, l’un d’iceux, le 31 aoust 1676, par lequel Très Haute et Très Puissante dame Madame Catherine de Gondy, Duchesse de Retz veuve de Très Haut et Très Puissant seigneur Monseigneur Pierre de Gondy vivant duc de Retz, Pair de France, arrente et afféage, à Maitre Claude Pouvreau, Sieur des Grandes vignes, avocat en la cour et honorable homme Pierre Fourneau, marchand, demeurants, scavoir Le dit Pouvreau en la ville de Bourgneuf et le dit Fourneau en sa maison de la Biotelais en la paroisse du Clion, faisant scavoir ledit Pouvreau pour demoiselle Elizabet Gallot et ledit Fourneau pour honorable femme Jacquette Lassour leurs femmes auxquelles ils promettent faire ratiffier et avoir agréable ces présentes dans quinzaine à peine de tous dépens, dommages et intérests et icelles néanmoins tenantes, UN GRAND CANTON de terre vuague et inculte apartenant et dépendant de son domaine dans la seigneurie de Prigny, membre du duché de Retz apelé GOURMALON en la paroisse du Clion, dans lequel canton de terre y a une Garenne à Lapins. Le dit canton contenant soixante six journaux* ou environ compris la dite Garenne, tenant iceluy canton de terre d’un coté vers midy aux terres d’un autre canton apelé Le Dos de l’Asne, du coté du septentrion l’entrée et havre de Pornic à commencer dudit Dos à l’Asne, d’un bout les terres de la Birochère et d’autre bout les terres qui appartiennent aux héritiers du Sieur Paré, Cet afféagement fait à la charge de tenir ledit canton afféagé de la dite seigneurie de Prigny, Noblement à foy, hommage et rachat le cas y advenant par le décès de Pierre Fourneau que les dits susnommés ont dès à présent nommer pour hommager, par le décès duquel le rachat sera deu et outre payer annuellement par chacun an au terme de Noël par chaque journal de la dite seigneurie de Prigny, trois sols quatre deniers qui est pour les dits soixante-six journaux onze livres tournois et de payer la dixme à la manière accoutuméz et ont les dits Pouvreau et Fourneau pouront Ruiner la Garenne et la Déserter de Lapins quand bon leur semblera, passé le dixième d’octobre prochain, et d’autant qu’il y a de Grand Chemins qui conduisent par dedans les terres du dit canton au havre de Pornic et Sables d’iceluy et mesme de petits chemins de servitude pour aller aux terres qui débornent le dit canton de Gourmalon. Les preneurs laisseront les dits chemins libres aux endroits où ils sont ou de plus commodes, si faire se peut, tant pour le public que pour leur service particulier. »

Que d’histoires encore à découvrir….

NOTE :
66 journeaux environ : 32 hectares

Source : ADLA
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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:50

PROCES-VERBAL DE VISITE
DES JARDIN ET PARC DU
CHATEAU DE PORNIC
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2 NOVEMBRE 1735

Ce jardin et parc aménagés par Henry de Gondy, duc de Retz au début du XVIIe étaient alors confiés à des maîtres- jardiniers. En 1651, Loys Louerat en avait la charge, en 1670 Jean Pasquier était le jardinier de Pierre de Gondi et en 1693, Pierre Giraudeau oeuvrait pour la Duchesse de Lesdiguières décédée en 1716. Par la suite sous les Neufville de Villeroy, ils furent affermés à différents particuliers.

Nous donnons ici un état des lieux établi lors d’un changement de fermier :

« L’an mil sept cents trante cinq, deux novembre, devant nous Nottaires du duché de Raits, Pairye de France, Résident a Pornit, sont comparus Jullien Biret, Maistre Thailleur de Pierre et masson, demeurant dans la Ville de Pornit, cy devant fermier des jardins et parc du Chasteau de Pornit et Jan Le Claine jardinier à présent fermier des dits jardins et parc, par adjudication faite a laudience dudit Pornit le trois novembre mil sept cents trante quatre, lesquels nous ont requis nous transporter dans ledit jardin pour y faire estat et procés verbal des réparations necessaire estres faittes au pavillon, portes, fenestre et portal dudit lieu, ou estant nous aurions trouvé Louis Jouet et Joseph Forton massons experts pris et choizyes amiablement par les partyes pour faire La Vizitte du tout. Ce quy a esté fait ainsy quy suit. Lesquelles nous ont raporté que La couverture dudit pavillon a besoin de quelques journés de couvreurs a ardoise pour plasser environ un quartron* pour en mettre dans les endroits ou il en manque, qu’au surplus qu’il est en bon et deub estat.

Il a esté remarque que le portal dentrée estant trop pezant avoit bessé de fasson que la petite porte nouvroit et fermoit quavec paine. Pour y remedier il a esté dit qu’il faut rellever les gennevelles* dudit portal et les repozér affin que la porte puisse avoir du jeu. Il y a audit portal un verouïl quy ne peut servir attendu quil est mal pozé. Les anneaux quy le tiennent, il faut les arracher et les repozér et comme ce nest pas une reparation quy ne regarde ledit Biret cy devant fermier, ny le fermier actuel, Noble homme Francois Réal, agent general des affaires de Monseigneur Le Duc de Ville Roy dans son duché de Raits, en presance de quy ledit Procés Verbal a esté fait, Laditte reparation du portal a estée faitte le mesme jour, a lexception dun crampon quy cert a fermer la Petitte Porte a cleff, quy y manque. Que ledit Biret sera tenu d’en faire mettre un neuff.

Comme il manque en quelque endroits du jardin dudit Chasteau de pornit quelques arbres, lesdits Biret et LeClaine sont convenus amiablement quil en faut posé Douze et comme ledit Biret en est tenu, ledit Biret a compté et payé reellement audit Le Claine soixante sols, parce quil se chargera de fournir et plasser lesdits arbres.

Ledit Le Claine ayant trois vaches et ny ayant dans lanceinte dudit jardin aucun endroits pour les loger et quil seroit obligé de les mettre dans la Chambre base dudit Pavillon, ce quy le gasteroit et luy feroit un tord considerable , il a pryé et requis ledit Sieur Real de voulloir luy faire construire un endroit pour les mettre a couvert pandant lyver. Ledit Sieur Real luy a repondu quil nestoit pas le Maistre de faire faire pareille augmentation, mais quil en ecriroit a Paris pour en avoir lagrement de Mondit Seigneur Le Duc de Ville Roy.

Detout quoy nous avons redigé et fait le procès verbal pour servir et valloir ce que de raison, ayant ledit Biret signé avecq ledit sieur Real. Lesdits Le Claine et experts ayant déclarés ne scavoir signer de ce enquis.

Signé : Real, iullien biret, Fourneau nre. et J. Fourneau nre. »

Le jardin de Rays et le Parc sont positionnés de la manière suivante sur l’aveu de 1675 :

« Ledit chasteau, composé d’antienne tours, ceintures et murailles, pont-levis, terrasses, maisons et douves avec une grande place au devant sur laquelle il y a une grange bastye et ediffiée, un jardin enfermé de murailles joignant ladite place vers soleil couchant contenant dix journaux* de terre ou environ, enfermé en partye de murailles avec quelques portions de ladite pièce plantée en vigne blanche et le reste en labour, appelé le Parc, joignant par endroits les terres de la Mestairie des Mousseaux. »

Le 9 décembre 1735, une quittance et décharge des réparations du jardin de Rays sera donné par Jean LeClesne (sic) à Jullien Birret (sic) pour une somme de six livres.

adla-pornic_7_034__ter.jpg     

                 "Le parc du château et le jardin de Retz en 1834"

Notes :
Quartron : A prendre dans le sens une certaine surface.
Gennevelles ou pentures : Bande de fer qui servent à soutenir les portes et les relient au gonds.
10 journeaux : environ 4 à 5 hectares

Source : ADLA

"le château de Pornic en 1845"

 

 

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:26

 
Autrefois tout domaine se devait d’avoir : une garenne, une fuie ou colombier, un étang et un vivier.
La subsistance de la maisonnée était dès lors assurée. Un convive inattendu pouvait alors se présenter. Il était assuré d’avoir bonne table.
Potage aux herbes
Pâté chaud de gros pigeons, aux truffes, champignons et moelle de bœuf.
Carpe, à la broche, ou farcie ou aux champignons.
Lapin de garenne rôti, ou de clapier en casserole.
ou lièvre en civet
Pigeons, en compote au citron vert, ou à la Sainte-Menehoult., servi sur une ramolade d’anchois, persil,
câpres hachés, ciboule, jus de bœuf, et un filet de vinaigre.
Fromage sur jonchère* ou des caillebottes* .
Darioles (gâteau léger, analogue au flanc)
Cerises, prunes, poire cuisse-madame en été ou de crassane en hiver.
Le tout arrosé d’un vin blanc sec ou d’un rouge.

Nous présentons aujourd’hui un marché pour le creusement d’un vivier, destiné à parfaire l’élevage des poissons et au besoin de la table.

« 28 septembre 1779 »
« Ont comparu, devant nous notaire, Messire Charles Florant Jacques CHEVALIER, chevalier du Bois Chevalier, seigneur de la Souchais et autres lieux, demeurant à son chateau de la Souchais, paroisse de Saint Michel Chef Chef d’une part, Et Augustin MERCIERE, laboureur à bras, demeurant au village du Cormier et Pierre MOREAU, aussy laboureur à bras, demeurant au village de la Roctière, les deux de la paroisse de La Plaine d’autre part. Entre lesquels cest fait le present marché ainsy quil suit, Cest à scavoir que lesdits Mercière et Moreau se sont obligés de faire audit seigneur du Bois Chevalier, à sa maison de la Souchais au bout de son jardin, Un vivier à metre poisson, de la longueur de trois cents cinquante un pied de long*, de cinquante pieds de large, six pieds de profondeur en toute sa longueur, a prendre dans le plus bats du terrin ou sur fossé. A lexception toute fois vers le bonde ou decharge qui aura sept pied de profondeur toute fois, de maniere que ledit etant puisse contenir un volume d’eau de six pied de profondeur en toute son etendue. Et lequel pied excedant les six pieds sera reparty en toute la longueur dudit etant pour en facilitél’ecoulement. Et de laisser trois pieds de prélois* ou banquette sur les bords dudit etant pour prevenir la chute des terres. De commancer ledit ouvrage par en faire l’ecoullement des vendredy prochain, premier octobre. Lequel ecoullement sera de trois pieds au moins de large et de profondeur et largeur competante* pour lentier ecoullement des eaux et de rendre renable à dire d’experts, au plus tart à la fin du mois de fevrier prochain. Et pour cette effet, ils sobligent dy travailler sans retard et sans desemparé de l’ouvrage, et dy estre au travail au moin quatre hommes.

Et à eté le present marché fait et accordé entre partye pour et moyennant la somme de deux cents livres, que ledit seigneur du Bois Chevallier sest obligé de payer aux dits Merciere et Moreau, scavoir cents en deux terme egaux jusqua la perfection de louvrage et les cent autres livres lors du renable* rendu et visité par experts. En outre six livres de denier de faveur* , lorsquil auront fait lecoullement. A l’entretien de tout de ce que dessus, lesdites partyes sy sont obligés chacunnes en ce que le fait les touches separement sur tous leurs biens meubles et immeubles. Et pour ce quelles ont voulue, promises et jurées, nous nottaires de leurs consentements, volontées et prières, les y avons jugées et condamnées par le jugement et condemnation de notre jurisdiction.

Fait et passé en la Ville de Pornic, au raport et etude de Pierre Bonamy, lun de nous nottaires, sous le seing dudit sieur du Boischevalier et dudit Merciere et pour ce que ledit Moreau à dit et declaré ne scavoir signé de ce interpellé et enquis, il a fait signé à sa requete à Pierre Mathieux, charpentier de navire sur ce present, lesdits jour et an que devant.
Signé :
Augustin Merciere, Pierre Mathieux,Le chr. Du Boischevalier, Bonamy nre. » 

Notes:

- Fromage frais égoutté sur la paille
- Caillebotte : Masse de lait caillé qui se sert coupée en morceaux.
- Le pied équivaut à 0, 324 mètre. Ici longueur du vivier 113,72 m.,largeur 16, 20 m., profondeur 1,94 m., profondeur à la bonde de déchare 2, 27m.,Largeur du prélois ou banquette 0, 97 m.
- Prélois ou prélai : rebord de terre le long d’un fossé ou d’une de levée de marais. Ici une banquette.
- Compétante : appropriée, qui convient.
- Renable : recevable, acceptable, mais aussi constat ou procès-verbal de fin de travaux.
- Denier de faveur : prime généralement verséeau fermier général lors d’une transaction, sous-location d’une métairie, d’une ferme, d’une terre par le peneur du bien loué. Ici récompense.

 

Source.ADLA


 

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 12:01

« LE BOISSEAU-MARCHAND
DE MACHECOUL. »

Dix ans après le contrôle des boisseaux mesure marchande de Machecoul effectué en octobre mil sept cent trente-sept, la population se plaignit à nouveau auprès de François de Réal, sieur des Perrières, avocat et procureur fiscal du duché de Retz, que des disproportions se rencontraient parmi les boisseaux dont on se servait dans le commerce.

Le trente août mil sept cent quarante-sept, au parquet et auditoire se tenant au château de Machecoul, il en fit sa remontrance. Au cours de cette séance il fut ordonné « à tous marchands meuniers et autres qui ont des boisseaux de les aporter et représenter dans ledit auditoire les vingt et un, vingt deux et vingt trois septembre » pour y être mesurés et confrontés, en présence des juges et de la sienne, avec la mesure matrice de cette seigneurie.

Ce boisseau-marchand , mesure de capacité, servait aux transactions pour les matières sèches : blé froment de marais, de champ, méture, seigle, métaillon, fèves, jarosse, pois, mil, avoine, trique, orge, jarosse, gesses, gobreau.

Les boisseaux trop grands seront réduits à la juste mesure et marqués au frais des propriétaires, ceux trop petits seront confisqués, et devront être refaits si bon leur semble et être marqués de la nouvelle marque et quand à ceux qui seraient justes ils seront simplement remarqués. Les boisseaux de l’ancienne marque seront interdits à l’avenir.

L’ordonnance rendue « seroit lue, publiée et affichée où besoin seroit et particulièrement au bruit du tambour à la halle de ce lieu par trois marchés consécutifs, à ce que personne n’en prétendre de cause d’ignorance…, aux prosnes des grandes messes des paroisses de la Trinité et Sainte Croix…, affichée à deux endroits de la halle de ce lieu les plus éminents. »
Le vingt et un septembre, sur les huit heures du matin, en présence de Nicolas Guilbaud, sieur du Parc alloué et lieutenant-général du duché de Retz à Machecoul, de Joseph Fialde ? commis greffier et d’Anthoine Druel huissier-audencier, le procureur fiscal fit procéder .

François de Réal, avait fait apporter pour ce faire :

- « le boisseau matrice en fonte mesure rase de Machecoul,
- une petite mesure en cuivre formant le seizième dudit boisseau, lesquels formaient ensemble le boisseau marchand de Machecoul.
- une trémie et du mil pour faire le mesurage et
- un fut de boisseau en bois faisant le boisseau mesure marchande de Machecoul et ajusté suivant le procès verbal de comparaison de mesure du quatorze octobre mil sept cent trente sept et
- un autre fut faisant et servant pour l’ajustage des demy boisseau dite mesure marchande de Machecoul, laquelle espèce de demy boisseau est la seule en usage dans le commerce par rapport à la comodité, le boisseau entier étant trop lourd. »
- la nouvelle marque, « laquelle est double à deux faces carrés des armes de cette seigneurie , l’une pour marquer les boisseaux dans le fond et l’autre dans le tour et fait de façon que les deux marques peuvent se faire par la mesme opération ».


Jacques Bourdon, boisselier de la ville, fut chargé, le serment pris la main levée, de vaquer aux « visite, confrontation et ajustage des boisseaux qui seront aportés et à la marque d’iceux ».

Il commença par vérifier le boisseau de bois mesure marchand de Machecoul présenté par le procureur fiscal.
« Il a mis du mil dans la tremye, de laquelle il en a fait tomber et remply, premierement le boisseau matrice mezure raze de Machecoul et le seiziesme de la mesme mezure, la trémye vidée, il a versé lesdits boisseau et seiziesme de boisseau dans laditte trémye et de laditte tremye les a fait tomber dans le fut de boisseau de bois ajusté pour faire le boisseau marchand dudit Machecoul .. . et (nous) avons remarqué que ledit boisseau de bois contient, comme lors du procès verbal du quatorze octobre mil sept cent trente sept, justement le boisseau mesure marchande. Il a versé dudit boisseau… le mil dans laditte tremye et à fait tomber dans le fut de boisseau que le procureur fiscal nous a dit estre la moitié dudit boisseau marchand de Machecoul et ayant remply ledit boisseau par deux fois, la trémïe s’est trouvée entierement vide de façon que ledit fut fait justement le demy boisseau mesure marchande de Machecoul et peut servir pour l’ajustage des demis boisseaux qui seront aportés. »

Cette vérification sera répétée chaque fois devant les différents marchands qui se présenteront avant de procéder à l’ajustage et au marquage de leurs fûts.

Michel Legrand, de la paroisse Sainte-Croix, marchand, fermier des droits de minage à la halle, présenta quatre fûts non marqués qu’il a dit avoir fait faire pour lui servir de demi boisseau-marchand pour faire son commerce et « quatre petits fûts aussi non marqués pour lui servir dans la recette du droit de minage qui consiste dans un trente-deuxième du boisseau marchand. par chaque boisseau exposé à la halle de Machecoul ».

A défaut de présentation et d’utilisation de boisseaux non contrôlés, les contrevenants « quelques qualités et conditions qu’ils soient, (doivent) s’abstenir, passé ledit temps, de se servir de boisseaux autres que ceux qui seroient marqués de laditte nouvelle marque, avec déffence expresse de les border, à peinne contre ceux qui se serviroient de boisseaux bordés et marqués de l’ancienne marque, de confiscation desdits boisseaux, de cinquante livres d’amende contre chaque contrevenans, applicable moitié au Bureau des pauvres de ce lieu et l’autre moitié au profit de cette seigneurie et de plus grande peinne s’il y echoit et mesme d’estre poursuivy extraordinairement contr’eux en cas de récidive. »

Le mercredi premier février mil sept cent quarante et un, le Sr. Praud de la Nicollière présenta : « un fût de demi boisseau, à trois pieds de fer, lié du bas en haut par dehors de trois bandes de cuivre jaune et bordé par le haut de même cuivre, sur le fond duquel par dehors sont gravées les lettres M.P.Mau. et sur les costés d’iceluy en dehors il y a deux empraintes a feu, des armes de cette seigneurie, qu’il a dit avoir, cedit jour, saisi sur un particulier à lui inconnu, audit marché, environ les unze heures, en présence de Pierre Poirier Md. de cette ville et de son valet, pour avoir vû et entendu un autre particulier à luy inconnu se plaindre à la femme Lusteau fermier du minage que ledit fût demi boisseau étoit de trop petite mezure et que ledit boisseau apartenoit audit Lusteau minageur,et que ledit demi boisseau il a déposé au Greffe après avoir signé une bande de papier attachée au fond d’iceluy par dehors avec un scellé du sceau de cette seigneurie pour valoir ce que de raison.» et l’après-midi du même jour le greffier note le complément de déclaration du sieur Praud relatif à l’inconnu : « Il a apris que ledit homme se nome Charles Baril, auquel le nomé Grossin, farinier de Bois de Céné l’avoit donné. »

Durant le XVIIIe. nous verrons périodiquement différentes plaintes être constatées concernant le prix, le poids et la distribution du pain… 

Source : ADLA
 

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28 juillet 2006 5 28 /07 /juillet /2006 15:46


Que savons-nous de ce Bois Gautier ?

« Dans sa « Bretagne ancienne et moderne » Pitre-Chevalier affirme que Paimboeuf remonte à Hoël, comte de Vannes, compagnon d’Arthur, chevalier de la Table Ronde. Cette opinion est aujourd’hui abandonnée. Il aurait fondé, en se rendant à Nantes, une forteresse de Pen-Ochen ou Pen-Boos à peu près a l’emplacement de la ferme actuelle du Bois-Gaultier. Cette opinion est partagée par Pierre Le Baud, l’abbé Gallet, Dom Morice, Albert Le Grand etc… D’autres auteurs célèbres d’histoires de Nantes, anciens et modernes ont avancé le même fait, reconnu faux depuis. C’est faire remonter notre Paimboeuf à l’an 548, époque de la fondation de Guérande. Il y a entre ces deux villes, une telle différence, à tous points de vue, qu’il suffit de penser à un tel rapprochement pour que le doute naisse dans l’esprit. Un fait certain, c’est que la métairie du Bois-Gaultier a toujours dépendu directement du domaine ducal et, plus tard du domaine royal. Cette particularité appuie d’une force singulière les érudits qui nous enseignent que le château de Pen-Ochen ou Pen-Boss, bâti sur cette place, fut une résidence des anciens comtes bretons de Nantes, qui précédèrent les ducs issus d’eux, lesquels réunirent les comtés en un seul duché………… . »

« Il y avait en ce lieu qu’un château fort appelé Pen Ochen (tête de bœuf), dont on a fait Pen bœuf en ne francisant que la dernière partie du mot. Les historiens de Bretagne ne disent pas s’il y a identité entre cet ancien château et les ruines que l’on voit derrière la ville, dans une métairie appelée le Bois-Gautier ; une chaussée conduisait à l’habitation dont ces ruines révèlent l’existence, et que l’on dit avoir été une maison de plaisance d’Hoël, comte de Nantes. Quoi qu’il en soit, on ne voyait encore à Paimboeuf, à l’époque de laquelle date son importance maritime, que quelques maisons de pêcheurs autour de la Chapelle-Notre-Dame fondée, en 1052, par Glevian, prince de Becon . »

Peut-on associer à ce « Bois-Gautier », à la mémoire de Gautier Huet auquel le duc Jean IV dans son premier mandement, daté du 14 novembre 1366, donne à ce capitaine anglais une rente de 400 livres de rente annuelle et perpétuelle « assise » sur le revenu de la vicomté Loyaux. Cette rente qui deviendra viagère et sera « assise » sur les « terres et conquestz du Pellerin et de Pilon et de Saint Pere en Rais. » ?

Lors du prisage, l’une de ces rentes est située :
« a demaine en la vallee de Corsset douze homees de pré, dont est rabatu le sepme de quatre homees que le vaier y prant, si demeure onze homees et demee, pris’ chacune homee dez soulz de rante, somme cent et dez soulz. »

Lors de la confirmation de cette donation datée du 15 juin 1368, Gautier Huet sera mentionné sous le nom de « Monsieur Gautier. »

Pour payer cette rente « le vaier » planta-t-il un bois de « futaye et de revenu » ?

Si nous ne connaissons pas le nom du propriétaire de cette époque, par contre les archives nous les précisent pour les siècles suivants.

« En la paroisse de Sainte-Opportune-en-Raiz, la maison noble et le domaine du Bois-Gautier, possédés par Yvon Le Ralle (1426), Jean L. fils d’Yvon, écuyer, et Jeanne de la Bonnetière, son épouse (1428), Math. Goheau et Math. des Bouschaux, son épouse (1540), Cl. Ripault et Anne Goheau, seigneur et dame de la Louinais (1557), René, fils de Pierre Goheau, écuyer (1629). »

Toutes ces familles rendent aveux soit au duc de Bretagne soit au roi, suivant la période de leur possession. Pour mémoire, la Bretagne fut rattachée à la France en 1532.

Le Bois-Gautier à partir de 1655 appartient au duc et à la duchesse de Rais, Pierre et Catherine de Gondy. Ils l’avaient acquis de Pierre de Chauvigny , sieur de L’Herbregement et Damoiselle Olimpe Goheau sa compagne, le 22 juin de la même année.

A la mort de Pierre et Catherine de Gondy il devint la propriété de leur fille, la duchesse de Lesdiguière et de Rais.

Le Bois-Gautier ne faisait pas partie du duché de Rais, mais du domaine et comté de Nantes, relevant directement du roi.

« De plus ladite dame duchesse de Lesdiguière et de Rais recognois détenir aussy à foy hommage et rachapt de sa majesté soubs son domaine et compté de Nantes, outre sondit Duché sy devant d’escribé.

Une maison noble nommé le Bois gautier sise et sittuées en la paroisse de Sainte Opportune en rais, ladicte maison couverte d’ardoize aveq sa fuye et mestairie et leurs rues et issues, cours, portail fermé, jardin dudict lieu, bois de haute futays et de revenu avec deux petites piesses de terre près ledicte maison, contenant letout ensemble sept boissellées ou environ.

Item le Bois ancien dudict lieu aveq les garennes, contenant par fond dix boissellées de terre ou environ, avec deux pieces de terre contenant dix huit boissellées ou environ.
Lesquelles choses sont près et joignants les unes des autres et borné du cotté du nord à la rivière de Loire, chemin entre deux et de l’autre coté les marais de Saint d’un bout vers aval, la pré de Corcept et d’autre bout les terres de la métairie du Petit Paimboeuf.
Item sept hommées de prés ou environ sittués en une piesse de préz joignant le marais Nocys, le commun de St Viau en ladite pice et marais de Nocys, la pré de corcept et l’herbregement et maison de [en blanc dans le texte]
D’une et d’autres parties.
Item le droict qui appartient à maditte dame Duchesse de Lesdiguières et de Rais, de prendre et lepvé les deux partz de la dixme ausdits herittages cy dessus.

Laquelle maison du Bois Gautier et herittages cy devant espécisfié et mentionnés en dependant, sont escheuz et adveneus a laditte Dame Duchesse de lesdiguières et de rais, par le décès desdits feus Seigneur et dame Duc et duchesse de Rais, ses père et mère par contract d’acquisition qu’ils en ont fait de leurs vivant d’ecuyer Pierre de Chauvigny, sieur de L’herbregement et Damoiselle Olimpe Goheau sa compagne, par contract du 22 juin mil six cens cinquante cinq, au rapport de Reliquet, vivant, demeurant a Machecoul, lequelles maisons, terres et dixmes sont ainsi que dit est tenu a foy hommage et rachapt et obéissance pour toutes charges et debvoirs . »

Les ruines, que les auteurs ci-dessus mentionnent, sont donc celles de cette maison noble qui avait déjà disparue au XVIIIe siècle.

A cette époque, la métairie du « Bois Gautier » seule subsistait avec les terres qui la joignaient, ont été vendues par François Louis de Neuville duc de Villeroy et de Retz aux Grou armateurs nantais, qui les lotirent . Ce sont actuellement, les rue du Bois Gautier et rue Neuve de la ville de Paimboeuf.

Seule la maison de la métairie existe encore de nos jours.

Sources :

M. PITRE-CHEVALIER "La Bretagne ancienne et moderne"

ADLA.

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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 21:43

Le « DEMEAU »
mesure de Saint-Père-en-Retz,
Sainte-Opportune et autres paroisses.
et « LAIRE NANTOISE »

             --=-=-=-=-=-
A toutes les époques de la féodalité, le paiement des rentes en grains dues au seigneur a toujours été une source de conflits avec les fermiers généraux chargés de les collecter. Comme pour les monnaies, elles n’étaient pas toujours de bon aloi.

Les mesures étaient différentes : plus grandes pour la collecte et plus petites pour la vente. Cela faisait parti du profit du fermier et du collecteur, indépendamment du « denier de faveur » prélevé lors des baux de fermage.

Lorsque le litige devenait trop fréquent, il était porté devant la juridiction compétente ici en l’occurrence, Saint-Père-en Retz dépendant du domaine royal avec la vicomté de Loyaux, au Présidial de Nantes.

En 1701, bien qu’un jugement de 1620 y fut rendu, les habitants durent faire appel une nouvelle fois pour obtenir gain de cause.

Des recherches durent être effectuées aux greffes pour en retrouver la teneur.

Nous vous en donnons ci-après le texte et les conclusions.

« 2 MAI 1620 »

« Les gens tenans le siège présidial a Nantes, scavoir faisons que veu par nous la requeste des habitans de la ville de St. Pere en Rays, Ste Opportune et autres paroisses circonvoisines au dit Pays de Rays,
Remontrant par icelle que de tout temps immemorial y à eu audit St. Pere en Rays un demy boisseau raisonnable fidellement marqué sur lequel et au desir d’icelluy les demeaux des habitants dudit lieu et autres paroisses circonvoisinnes doivent estre mesurez marquez et ettelonnez, en quoy se commettent journellement infinis abus pour les mesures a blé fromant seigle avoinne et autres grains par les fermiers des seigneurs et autres vendants et achetans au marché, scavoir pour ceux qui tiennent les dites fermes lorsque se font payer les rentes d’icelles ont des grands boisseaux extraordinaires et lorsque vendent ou prestent desdits grains ont des petits boisseaux tellement que chacun y est trompé et ny a aucune mesure assurée et requeroint qu’il y fut pourveu pour le soullagement du Publicq, L’acte judiciel contenant la remontrance du procureur du Roy sur ce sujet et ordonnance portant permission de informer d’office de l’ancienne mesure, ledit acte du vingt sept septembre mil six cent quartorze et l’enqueste et informations de ce, faites par le senechal dudit Nantes commissaire le sept novembre audit an extrait des registres de la chambre des comptes de ce pays concernant les mesures de Loyaux et St Pere en Rays signé Le breton et Macé. et en marge Miron, datté du vingt trois janvier mil six cent quinze, acte du sept juin mil six cent dix neuf contenant la réduction des boisseaux et demeaux de l’ancienne mesure a la mesure nantoise faite par Dargenton etelonneur juré en cette ville le requerant le dit procureur du Roy, ses conclusions au pied dudit acte, le tout meuremant veu et consideré l’avons par notre sentence et jugement, ordonné et ordonnons que suivant l’extrait de la Chambre des comptes de ce pays des mesures de Saint Pere en Rays et du Pellerin,

les trois boisseaux raz dudit St. Pere en Rays et le Pellerin feront les saize boisseaux Ras du septier nantois
et en consequence chaque boisseau raz dudit St. Pere en Rays tiendra cinq boisseaux un tiers nantois et
le demy boisseau autremant demeau dudit St Père en Rays tiendra deux boisseaux et demy et un sixiesme nantois,
et pour le regard de la mesure d’avoinne que quatre boisseaux mesure de St . Pere en Rays feront laire d’avoinne nantoise,
chaque boisseau de ladite mezure tiendra quatre boisseaux d’avoinne mesure nantoise
et le demy boisseaux de Rays autrement demeau deux boisseaux d’avoinne nantois

et pour corriger les mesures deffectueuses icelles reduire a l’ancienne mesure sera descendu sur les lieux et mis en certaine maison dudit St. Pere en Rays des ettelons marquéz et adjustés et mesme en aura ledit Dargenton en cette ville, avec deffense luy soit faittes a touttes personnes et quelque qualité et de condition quils soint de vendre et acheter prendre et recueillir les grains deubs par espèce pour rentes seigneurieuses et foncières, avoir et tenir en leurs maisons et ausditz marchéz autres mezures que celle cy dessus sur peine de cent livres d’amande et confiscation des marchandises pour la première foys et trois cent livres d’amande pour la seconde et de punition exemplaire pour la troisiesme et sera a la dilligence du procureur du Roy informé de la contravention faite au present jugement, lequel sera exécuté nonobstant oppositions ou appellations quelconques et sans prejudice d’icelle, sera bany et proclamé aux issues des grandes messes parrochiales et prochainnes marchéz a ce que aucuns n’en pretendent cause d’ignorance. Fait et aresyé en la Chambre du conseil le deux jour de may mil six cent vingt. Signé : R. Charrette, R. Menardeau, Bourgogne, Du Pas, Gilles Bonamy et Despinose Conseillers.
Interligne laire approuvé

Le problème fut ainsi à nouveau règlé.

EN CONCLUSION :,

MESURE DE BLE FROMENT :

Sachant que le boisseau nantais équivaut à
8 litres 812,
nous pouvons en déduire que :

- le boisseau ras, mesure de St.-Père-en-Retz valant 5 boisseaux 1/3 nantais égale : 47 litres.
- Que le septier nantais de 16 Boisseaux nantais équivaut à 3 boisseaux ras de St-Père-en-Retz soit : 141 litres.
- et le ½ boisseau ou demeau de St. Père-en-Retz valant 2 boisseaux et demi et 1/6 nantais vaut : 23 litres ½.

MESURE D’AVOINE :

- L’aire d’avoine nantais valant 4 boisseaux mesure de St.-Père-en-Retz soit : 188 litres.
- le boisseau d’avoine mesure de St.-Père-en-Retz valant 4 boisseaux d’avoine mesure nantaise soit : 35 litres 248.
- le ½ boisseau ou demeau d’avoine de St.-Père-en-Retz vaut. 17 litres 624.

Ces mesures de types seigneuriales et foncières sont à rapprocher des mesures « Boisseaux-froment » et « Truellées d’avoine » servant à payer les rentes en grains aux seigneurs durant la féodalité. 

Source : ADLA

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21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 05:33

                             Un prieuré du XIIe 

A la suite de la donation de Garsire 1er, sire de Rais, de son frère Gosselin et de son fils Haroid à l'abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, le prieuré de Sept-Faux, situé sur la route de Saint-Père-en-Retz à Nantes, à proximité de Frossay, vit le jour.Cette donation fut confirmée vers 1145. Au XVIIe siècle, il passa à la congrégation de Saint-Maur. La chapelle était placée sous le vocable de Saint-Blaise.

Voici le texte de confirmation en latin tiré du Cartulaire de Tiron et la traduction effectuée en juillet 2006 par Mr. Emile Boutin.

Confirmation de la donation, à l'abbaye de Tiron, du lieu de Sept-Faux
(vers 1145)

« Notum sid quod dominus Garsirius atque frater suus Goscelinus et
filius suus Harroid locum illum qui dicitur Septem-Fagos, sicuti Philip-
pus de Mecent atque Escummardus de Veud Giraudo Normanno demons-
traverunt, ita libere et pacifice in terris et silvis et aquis, cum Fulcoio de
Daonia et Grafione de Pornez atque Guillelmo ipsius Grafionis filio, qui
partem ipius loci Septem-Fagos sibi vendicabat, monachis de Tiron de-
derunt ac concesserunt. Testibus : Brientio de Chemicherio et Otone de
Sancto-Philiberto, Mauritioque Raginaudi filio, Radulfo de Corsort,
Guillelmo Pilato, Ivoneque Cornilio, Petro Pilato. Et Gaudinus, Attonis
de Chamaire filius, qui in illis terris dominium exercebat hoc concessit.
Testibus : Fulcoio de Daonia, Contantio, Girardo de Sancto-Stephano,
Guillelmo Tornamina, Guasirio Hamonis filio. »

(Cart. de Tiron, f° 82 r)

En voici la traduction :

" Qu'il soit bien connu que le seigneur Garsire et son frère Gosselin et
son fils Haroid ont donné et concédé aux moines de Tiron cet endroit qu'on
appelle Sept Faux, ainsi qu'ils l'ont montré à Philippe de Messant, à Ecomard
de Vue, Giraud Normand, pour en jouir librement et pacifiquement des terres
et forêts et des eaux, avec Foulque de Daonia et Grafion de Pornic et Guillaume
fils qui avaient vendu une partie de l'endroit de Sept Faux. Témoins : Brient de
Chemeré et Oton de Saint-Philbert, Maurit Raginaud fils, Radulf de Corcept,
Guillaume Pilat, Ivon Cornili, Pierre Pilat. Et Gaudin, Atton de Chemeré fils
celle-ci est comprise dans les terresconcédées où nous sommes seigneur.
Témoins : Foulque de Daonia, Constant, Girard de Saint-Etienne,
Guillaume Tournemine, Garsire Hamon fils."
 
 

En 1460, le frère Pierre Trélan en rendit aveu au baron de Retz et en 1560 Missire Charles Le Mignen. Au XVIIe, Henry de Bruc abbé de Bellefontaire en était le prieur puis Maurice Gaubert le devint. Suite au mauvais entretien de ce lieu il déposa plainte au Présidial  de Nantes le 14 juillet 1691 et obtint qu'un état des lieux soit effectué.

 "La chapelle Saint-Blaise et ses dépendances"

« Lan Mil six cens quatre vingt douze, Le Trante

uniesme et dernier jour d'aoust, Veu par nous Pierre Dureau et Jan

Forget bourgeois experts jurés en titre d'office de la ville et compté

de Nantes, ayant avec nous Me Aubin Goheau commis greffier des

bastimans et de lescritoire, Le jugemen randu en l'audiance du présidial de

Nantes le quatorziesme juillet mil six cens quatre vingtz unze Entre

Mr le procureur du Roy dudit présidial proceddant de son office, Et

Messire Charles François de Bruc, Chevalier, marquis de Monplaisir,

heritier de deffunct Messire Henry de Bruc, vivant seigneur abbé

de Bellefontaine, soubz benefice d'inventaire dudit feu abbé de Bellefontaine,

quy prieur estoit du prieuré de Sept Faux, deffendeur, et Jullien

Joyé, fermier des domainnes et despandances dudit prieuré de Sept Faux,

aussi deffendeur, par lequel il est ordonné quil sera descendu en presence dudit

sieur procureur du roy pour faire estat et proces verbal des degradations 

et reparations a restablir et necessaire a faire aux dommaines, maisons,

Chapelle, circonstances et despandances dudit prieuré de Sept Faux et

faulte aux parties donner, voullu, convenir dexpert ordinaire 

quil en sera nommé doffice et prier jour pour descendre sur les

lieux ledit jugemant signifié apres,  a la poursuilte dudit sieur procureur du roy

par Lelou huissier le dix neuff dudit meme mois, Lacte judiciel faict

en consequence devant monsieur le senechal de Nantes, le vingt neuff dudit

present mois, Entre Messire Maurice Gaubert, a present prieur dudit

prieuré de Sept Faux, demandeur. Ledit seigneur marquis de la Guerche et de

Monplaisir, deffendeur/./Et ledit sieur procureur du roy portant nostre nommination doffice pour vroir et faire estat et proces verbal desdites maisons

et dommaines dudit prieuré de Sept Faux et assignation pour dessandre

sur les lieux. A ce jour, en execution de tout quoy, nous sommes de

compagnies de Mr le lieutenant civil et criminel de Nantes, dudit sieur

procureur du roy, de Mre Pierre Bregeon procureur dudit seigneur de Bruc et de Mre

Jan Baptiste Babin faisant pour ledit Sieur Gaubert, montés a cheval et

dessandu au bourgc et paroisse de Frossay, distant de la ville de Nantes

de sept lieux, et le lendemain lundi premier jour de septembre

environ les sept heures du matin, nous nous sommes transportés

de compagnie desdits Sieurs lieutenant civil et criminel de Nantes et procureur du roy

et desdits Bregeon et Babin, aux maisons et logemants despandants dudit

prieuré de Sept Faux, sittué en la parroisse d'Arton, ou estans,

et estant entrer dans la Chapelle dudit prieuré, avons remarqué

que l autel est descouvert et nud, quy reste que la pierre beniste, deux

gradins ou marchettes au dessus desquels est un petit crucifix

et un tableau ou sont le nom et armes dudit feu sieur de Bruc

et deux figures dans leurs niches, un representant St Jan Baptiste

et l'autre Ste Anne, et ayant mesuré ladite chapelle, sest trouvé

avoir de longueur vingt sept pieds de dedans en dedans dont

il y en a unze de carlées de vieux carreaux, la plus part pouris

et le surplus est sans carreaux ny marque dy en avoir eu

depuis long temps, et que ladite chapelle estoit separer en deux par

un balustre de bois, duquel il en restoit environ de neuf

pieds de longueur sans attache et de peu de valleur, que la porte

d'entrée qui est a deux battans est fort vieille et neanmoins en estat

de servir, a laquelle il ny a quand a present aulcunne serurre ny

verrouil et ne ferme quavec un petit lien de chesne, que la cherpante

est en bon estat et que la couverture d'ardoise a esté

relevee a neuf de lattes depuis quelques annés et ny manque a presant

qu environ un millier d'ardoise et du clou a proportion, que les murs de ladite

Chapelle sont bons, et quaux deux costés de lautel sont deux

petis vitrage a verre dormant, dans lunne desquelles il y manque

trois lozange, et en haut du pignon sur ladite porte est un petit clocher

sans cloche.

Et estant sorti de ladite Chapelle, ledit Bregeon nous a fait remarquer

proche la porte d entrée dicelle, une petite cloche montée sur deux bois

de bout avec une petite chesne de fer pour la branler, sur laquelle

cloche nous avons veu le nom et armes dudit feu sieur de Bruc, gravés.

Laquelle cloche a dit estre celle qui estoit au clocher de ladite

Chapelle/

Au dessoubs de la chapelle, vers occidant est une longere de logemant

bastie sur mur, consistant en une petite chambre basse sans cheminée,

couverte en apantif sans porte de bois et avons veu du costé de louverture

de ladite porte, une vieille porte de bois tombée par terre, laquelle estans

placée et rejointe poura servir a ladite entrée /

Une autre chambre avec cheminée, dans laquelle on entre par une

porte qui ouvre sur la rue ou issue, ladite porte fermante a cleff

avec une serrure a bosse, et avon veu que dans la muraille de ladite

chambre du costé du jardin, il y avait autrefois une porte cachée

Laquelle est a present massonnée a pierre froide et est necessaire de mettre une

porte de bois pour la servitude de ladite chambre du costé du jardin/

Un autre parembas sans cheminée ouvrant sur ladite issue sans porte

de bois fors quil en reste un[pan] et  trois barres et deux planches y attachées

Une autre chambre servant de boullangerie avecq cheminée, de laquelle

il ne reste que le manteau de bois et dans ladite cheminée est lembouchure

d un four qui est au bout,lequel nous a paru estre en bon estat/ Et

avons remarqué que la porte qui fermoit ladite chambre est hors

de sa place et tombée a terre, laquelle poura servir estant replacée

et renforcée de barres/

Et apres avoir considerer la couverture de thuille desdits logements

cy dessus, avons veu quil y manque quelques thuilles et festaux

et que pour la reparer il faut environ un millier et deux de

thuilles et un cent d archelet de deux pieds de long et que touttes

Lesdites chambres sont separées par des murs de reffante/ et a costé

est une petite souc a cochons, a present couverte de boure, construite

a massonne sans porte de bois et est necessaire dy en mettre une/

Une autre longere de logemant, a costé de ladite issue vers occidant,

consistant en deux parembas separés d'un mur de reffante, la couverture

desquelles a thuilles, a nous veu estre de nul valleur, pour larchelet[1]

estre vieil, caduc et poury mesme les festages et quil est necessaire de

changer les deux tirans sur lesquels la cherpante est apuyée, estant

de nul valleur et suportés par des bois de bout, sans quoy ils

seroient tombés, et que pour reparer ladite couverture, nous

estimons quil fault environ neuf cens darchelet de deux pieds

de longueur, et environ de deux milliers de thuille, se servant de

celle en ce qui se trouvera de bonne, et quil fault deux poutres de bois

aux deux ouvertures de portes desdites chambres ny en ayans aulcunne,

estimons que le mauvais estat ou sont lesdits logemans provient du deffault

d avoir esté entretenu des menues reparations /

Et nous a ledit Babin fait remarquer, au dessoubs de ladite chapelle, un reste

de vieille muraille de closture qui separe l enclos surdit,  ladite chapelle

d avecq les issues desdits logemans, de laquelle muraille, il ny en reste

qu environ deux toises, que le surplus de ladite muraille qui ferme ledit

enclos d avecq lesdites issues est tombée depuis un long temps, 

Et ayant mezuré la longueur quavoit ladite muraille, sest trouvé

contenir cens cinq pieds et par-dessus dicelle muraille est a present

une haye morte servant de closture, et le requerant ledit Bregeon

nous estans transporté dans deux bouquetz de bois quy sont au

dessus dedites chapelle et logemans, vers oriant, avons veu que ledit bois

sont eslevés sur vieilles souches et quil peut avoir environ trante

ans et ledit Bregeon declare avoir fait faire ladite remarque que pour faire cognoistre

que ledit feu sieur de Bruc précedant prieur a fait eslever ledit bois pour

laugmentation et utilitté dudit benefice/

De tout quoy nous avons fait et redigé de present nostre proces verbal

pour valloir et servir ce que de raison et retirer audit Nantes ou avons

arivés le mardi deuxiesme jour dudit mois d?aoust mil six cens quatre

vingtz douze

signé  Jan Forget                       Dureau                    Goheau

ADLA Nantes


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1] Archelet : Lattis fait de planchettes de bois de 65 cm. de long environ et qui reposent sur les chevrons et reçoit les tuiles..

 

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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 00:28

par Mr. PHELYPEAUX

« Lettre du 12 juin écrite de Port-Louis, de Jérôme de Phélypeaux, lequel deviendra secrétaire d’Etat à la marine (1699-1715), à son père Louis Phélypeaux de Ponchartrain, Comte de Pontchartain, Secrétaire d’Etat à la marine (1690), Garde des sceaux (1699) » 

                    Jérôme Phélypeaux, comte de Pontchartrain         

                                 Louis Phélipeaux, père.

« Une des principales choses, Monsieur, qui m’ont
paru meriter attention à Nantes sont les
différents commerces et les différents navigateurs
de cette ville et des pays qui l’environnent.

Les vins, les eaux de vie et le sel composent le
fonds principal de ce commerce et il se fait
par différentes voyes.

Les vaisseaux anglais, hollandais et danois
et les autres nations du nord viennent chercher
ces sortes de marchandises, scavoir les vins
et eaux de vie à Paimboeuf et le sel de
Bourgneuf et au Croisic, mais ce commerce
est tombé depuis que la guerre empesche
la plus part de ces navires de venir en France.

Les ennemis ne pouvant le faire que par le
moyen de quelques passeports, et les alliez
étant pris par les autres quand ils sortent
des ports de France. On en voit toujours
venir quelques uns. Mais en temps de
Guerre, cela n’est pas sans inconvénients
par ce que les ennemis sont informés par

ce moyen de la marche de toutes les flottes
marchandes qui sortent de France et pendant
la paix quoy qu’il vienne un nombre considérable
de batimens qui emportent beaucoup de sel, de
vin et d’eau de vie. Il y a cependant à remarquer
que pour le prix de ces marchandises ils en
aportent beaucoup dont on ne pourroit se passer
en France, comme sont les goudrons et le braz
du fer, et le charbon de terre dont on ne
manque point dans le Royaume qui pourroit
mesme en fournir ailleurs. Il ne reste que
quelques marchandises comme les Cuivres,
l’étain, et le plomb qu’il est avantageux de
tirer d’eux par ce qu’il n’y en a point dans le
Royaume, et l’on peult aussi en recevoir
les planches et les mats, Les forests de France
ayant bezoin d’estre conservées.

On doit remarquer pareillement qu’il
seroit à souhaiter que les marchandises
de Nantes, au lieu de s’attendre aux
estrangers eussent assez de génie et d’etendue
dans leur commerce pour porter eux mesmes
par leurs propres vaisseaux, leur denrée dans
le Nort par les moyens des liaisons et des
correspondans qu’il y pouroient avoir et
c’est a quoy il faudroit ce me semble les porter
pour avoir lieu de faire subsister les matelots
pendant la Paix, s’atirer le produit du fort
que les hollandois ont comme usurpé sur
toutes les autres nations et Celuy qu ils
font dans les pays ou ils naviguent sur les
Marchandises d’entrée et de sortir les
ayant de la premiere Main,

Peut estre ne seroit il pas mesme la dessus,
hors de propos de tenter de faire des traittéz
avec les Roys de Suède et de Dannemark,
par lesquels on s’oblige de fournir, pour
autant de vin, de sels et d’eaux de vie, qu’on
auroit besoin en France de bled et des autres
marchandises du Nort, et surtout des Cuivre,
on en pourroit en faire de nouvelles monnoyes qui
pourroient faute d’argent un nouveau
sécours dans le commerce, ainsy on partegeroit
le Commerce du Nort avec les hollandois et
leur navigation en demeureroit d’autant que celle
de France augmentera soit qu’il se fit par les
vaisseaux du Roy ou par des vaisseaux
marchands.

Outre le Commerce des Etrangers, la ville
de Nantes tire des Isle françoises de
l’amerique un secours considerable pour la
débite de ses vins, de son sel et de ses eaux
de vie et ce commerce est incomparable
plus utile a la France que le premier en ce que
Non seulement il descharge le pays de ces
Marchandises, mais encore il donne lieu
a un debit considérable de farine, Biscuit,
viandes salées, toilles, Etoffes etc. De plus
comme il se fait par les vaisseaux françois,
il forme des matelots, sert à la subsistance
de leurs familles, soutient les Colonnies
françoise, les decharge de leurs sucres bruts
qui se raffinent à Nantes, aporte de
l’indigo, du Cacao, de la Cochenille, des tabacs,
du bois pour la Teinture et beaucoup d’autres
Marchandises qui sont necessaires pour le
Royaume et qu’on peut mesme porter chez
les Etrangers.
C’est par cette raison, qu il est très important
de soutenir ce commerce, preferablement
à tous les autres. Il s’y trouve
un obstacle très considérable par la
Difficulté qu’il y a de le concilier avec les
armemens quand le Roy est obligé de
mettre tous ses vaisseaux en mer. Cela
vient que les habitans des isles ne
peuvent faire leur sucre que depuis le
le mois de feuvrier jusqu’au mois d’aoust
et que les marchands sont obligéz
de les attendre pour les chareger à mezure
qu’ils se font, de sorte que ne pouvant achever
leurs Cargaisons que dans les mois de may
et de juin, on ne peut point compter, pour la
Campagne, sur les matelots dont ils se
servent.

C’est ce qui fait dans ces dernières années
Le Roy n’a donné permission d’y aller qu’a la
moitié des vaisseaux qu il faudroit pour
soutenir les Isles, encore les a-t-il obligés
d’en partir au mois de Mars pour estre
de retour dans la fin d’avril ou dans le
commancement du mois de may, de sorte
que plusieurs marchands sont revenus à vuide
Ce qui fait un grand tort au Commerce et à
la Colonnie, qui periroit Infailliblement
si cela restoit de cette manière.

Comme il ne seroit pas moins dangereux
cependant de se priver d’un nombre
considerable de bons matelots dans le
temps que le Roy en a le plus besoin, Le seul
et unique Remède, c’est de chercher des
moyens de Concilier ce Commerce avec le
Service, affin de la y pourvoir ainsy donner sans
risque toute son etendue.

Cela peut s’établir en deux ou trois années,
en obligeant les marchands de Nantes
et ceux des autres qui negocient dans les
Isles d’avancer une fois le fond d’une
année de leurs cargaison, d’y tenir des
magazins et des Correspondances pour les
débitter et de s’en payer a mezure par les
sucres qui se feroient pendant l’année en les
retirant dans leurs magazins pour avoir
ainsy de quoy charger leurs vaisseaux
l’année d’après, dès qu ils arriveroient.
De cette maniere les vaisseaux marchands
pourroient partir de France dans les mois
d’octobre et Novembre. Le Roy leur pouroit
accorder tant de matelots qu’ils voudroient de
ceux mesme qui auroient servy sur l’armée
navale et ces matelots bien loin de se
fatiguer par un voyage de cette nature se
remettroient au contraire des fatigues de la
campagne de cette navigation etant la plus
douce et la plus lucrative qu’ils puissent se faire
Trouvant ainsy leurs Cargaisons toutes
prestes, Ils chargeroient dès le mois de
Janvier et Feuvrier ainsy tous seroient
seurement de retour dans les mois de Mars
et d’Avril.

Le Roy ayant fait connoistre une fois
aux marchands, ses intentions La dessus
pourroit ensuite donner par preferance
des matelots a ceux qui revenant des
Isles feroient voir par des Certifficats
du Gouverneur et de l’Intendant, qu’il
se fait pour eux un amas de Sucres et
qu’ils seront en estat de charger au premier
voyage dès qu’ils arriveront.

La difficulté qu’il y aura d’abord, c’est qu’ils
n’ont point de chaloupes presentement pour
faire le transport de leurs Sucres, ny des
magazins établis pour le Recevoir, ny de
Correspondans affidéz pour les retirer en debitant
leurs marchandises. Tout cela mesme
paroist d’abord leur causer des frais auxquels
ils ne sont point sujets presentement, mais
desquels le Roy voudra bien donner pour chaque
vaisseau marchand un matelot ou deux, ce que
sa Majesté peut leur accorder sans peine en
faveur de cet etablissement. Ils feroient passer
facilement aux Isles des chaloupes en
paquets pour faire le transport de leurs
sucres pendant l’année. Cette difficulté etant
levée, toutes les autres ne meritent point d’estre
considérées, par ce que sy cela leur fait
d’abord quelque peine et quelques depenses ils
gagneront le Double dès l’année d’après
par ce qu’ils auront beaucoup moins de déchet
a souffrir sur leurs sucres et espargneront
la solde et la nourriture de leurs Equipages
pour plus de deux mois de séjour qu’ils font
au moins presentement de plus qu’ils ne
feroient alors et l’établissement de leurs
magazins seroit dans la suite la seureté
de leurs marchandises. Le Salut de
chaque habitant en particulier, et par
consequent de toute La Colonnie en general
par ce que les habitans Trouveroient à y
acheter dans tous les temps de quoy faire
vivre leurs familles a proportion de leur
Travail et cela les obligeroit de si attaché
au lieu qu’a présent Les Marchands etant
obligéz la pluspart du temps de leur laisser
leurs marchandises à Crédit, par ce que les
vaisseaux ne peuvent au retour contenir
en sucres la valeur des marchandises qu’ils
aportent, les laissent aux habitants, qui
se trouvant payés d’avance, tombent dans un
Luxe extraordinaire, negligent ensuite de
Travailler et demeurant toujours obérez,
ils n’ont jamais le moyen d’augmenter leur
Capital pour se soutenir. Ils font a la fin
Banqueroute. Le Marchand qui d’abord
croit gaigner beaucoup dans ce commerce,
a la fin y perd son fonds et de cette manière,
Les habitans de la Colonie, au lieu de
fleurir et s’augmenter, vivant ainsy d’un
jour à l’autre, ne font que languir et sont
toujours à la veille de périr.

Les pesches donnent aussy un grand
mouvement au Commerce de Nantes et
contribuent beaucoup à la subsistance
des matelots et à l’augmentation des Classes
de ce département
.

Il s’en fait de trois sortes en mer, sans
compter celle du saumon, de l’aloze et
poissons de rivière, qui ne laissent pas
d’occuper et de nourrir bien des matelots.

La Pesche à la morüe verte qui se fait
sur le grand Banc de terre neuve est la
plus considérable, elle se fait jusqu’à trois fois
de l’année, scavoir en feuvrier, en juin et en
septembre. Mais il est rare qu’un mesme
batiment puisse faire trois voyages.
Cependant dès qu’ils en peuvent faire deux
et que la pesche est bonne, ils s’y fait un fort
grand profit et il n’y a point de commerce
qui convienne mieux à la Situation de
la ville de Nantes. Il est à remarquér
que les vaisseaux qui sont propres pour
cette pesche, après avoir déchargé leurs
poissons à Nantes, ne restent guère dans la
Rivière et s’en vont aux Sables d’Olonne,
dont presque tous les batiments appartiennent
aux Nantois.

Ce qui fait que ce commerce leur convient,
par ce qu’ils ne sont pas plustost dehors,
qu’ils sont pour ainsy dire sur le grand banc,
et qu’ils ont chez eux les Sels, au lieu que
ceux de St. Malo, de grandville, de honfleur,
Du havre et de Dieppe, qui se sont adonnes
cy devant à cette pesche, ne peuvent pas faire
un voyage contre les autres deux, surtout
en temps de guerre, ayant à traverser la
manche et étant obligé ensuite de venir
faire un séjour à Bourgneuf ou dans les
Rades de la Rochelle pour prendre les
sels dont ils ont besoin.

C’est par cette raison, que les Nantois
de mesme que les Olonois et les Rochelois
doivent estre soutenus par préferance à tous
les autres pour cette pesche et s’il y a des
Matelots à donner par grace en temps de guerre
c’est à eux qu’ils doivent estre accordés par
ce que leurs voyages doivent leur valoir
plus qu’aux autres, qu’ils courent beaucoup
moins de risque et qu’ils sont a portée
de faire remonter leurs poissons jusqu’à
Paris et à Lion et de le distribuer dans
tous ces pays qui sont aux environs de
La Loire.

Les quartiers de Bourgneuf et du Croizic
qui sont aux embouchures de la loire ont
pareillement la pêche de la sardine qui ne
se fait qu’avec de petits Batimens, ce qui
est tout a fait propre a former de nouveaux
matelots par ce qu’elle se fait depuis May
jusqu’en septembre qui est le temps que
les bons matelots sont en mer et comme
la navigation qu’il faut faire pour cette
pêche n’est pas perilleux toutes sortes de

gens y sont employéz. Il y a cependant
la dessus une choze à observer qui
est d’engager les patrons à prendre autant
qu’il leur sera possible des jeunes gens
qui soient en estat de prendre ensuite le
Party de la mer au lieu de se servir d’artisans
comme ils font quand ils n’en ont pas
d’autres par ce que ces gens la, reprenant
leur métier on pert en eux le fruit de cette
pêche par rapport a l’augmentation des
classes, sans compter que ces gens la
se tirent par ce moyen du courant de leur
metier.

La Pesche des Solles, des Turbaux
et autres poissons de mer entretient aussy
un assez grand nombre de petits batiments
sur les costes, dans les quartiers de
Bourgneuf et du Croizic. C’est ce qui
forment les nouveaux matelots et les
patrons, et ces batiments doivent estre
ménager par cette Raison, autrement
ce seroit tarir la source des gens de
mer.

Les Nantois vont aussy à la morüe
séche, mais comme elle leur est moins
propre que celle de la morüe verte et que
c’est particulièrement le Partage des
Malouins. Cet article doit estre remis
à St. Malo.

Il passe de Nantes quelques batiments
en Portugal avec du papier, des chapeaux,
des Rubans, de la Toile, de dentelles
d’or et d’argent, des serges, des étoffes de
soye et de ces marchandises à des prises dont
La consommation n’en est pas permise en
France et l’on raporte des oranges
des citrons, des figues, des Raisins,
des sucres, des Tabacs du Brezil,
du bois pour tinture et quantité d’autres
marchandises estrangères qui y sont
portées en entrepost par les ennemis
comme le plomb, poudre, couperoze, etc.
Mais ce commerce est fort petit et se
borne à trois ou quatre vaisseaux tout
au plus en une année, encore il y a-t-il
plus de Tartanes provençalles qui y
sont employées que d’autres navires.


Enfin on commerce le long des Costes
du Royaume jusqu’à Bayonne en
portant les denrées et munitions qui
abondent, n’y chargeant en retour celles
qui y manquent et c’est par le commerce
de Bayonne que les fers et les laines
d’Espagne viennent à Nantes.

signé : Phelypeaux »

A.N. Marine

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