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2 août 2006 3 02 /08 /août /2006 17:35

Aveu rendu par RENE DE RAIS, sire de Rais et de la Suze au duc de Bretagne – 11 Mai 1462

« De vous tres hault excellant et puissant prince et mon tres redoutté seigneur Monseigneur le duc de Bretagne, compte de Monfort et de Richemont d’Estampes et de Vertus, Je, René de Rais et de la Suze cognois et advoue tenir noblement a foy hommage et rachapt quand le cas y advient en vostre cour seigneurie et jurisdiction de Nantes, ma baronnie, terre et seigneurie de Rais, contenant les chastelanies et seigneuries de Machecoul, Pornic, Bourgneuf, Prigny, Veuz, Thouvoye, Saint Estienne de Malmort, St. Michel de Chevecir, Prinçay et l’Isle de Bouingc an ce que touche la partie de la Bretagne, a tous les droictz prerogatives et privilèges et noblesses qui en dépendes et peuvent desprandre tant en dhomaines que fieff, hommes et hommages, rachapts, soubz rachapts, juridiction seigneurie et obéissance, haute, moyenne et basse justice,chasteaux, chatellanies, fourest, bois antiens et de revenus, estans, moulins, garennes, eaux et pescheries, prez, rantes en deniers, bleds, vins, pouillaites, dixmes, terrages, bians, corvéé, coustumes, cohuages, foires, marchéz, bris et naufrage de mer, espaves, galois, droict de bailler briefs de mer, o (avec) les profictz et revenus qui appartiennent et sont accoustuméz.
Item, le droict de bailler les mesures à vin en la ville et fauxbourgc de Nantes, les adjuster et mercher de mes armes de Rais o le debvoir et profictz deuz accoustumés qui est six deniers par chacune mesure de terre, les visitter et prendre par moy ou mes officiers ou commis ests tavernier ou sont les vins exposez en vante, ceux qui seront trouvez et prins duser de fausse mesure ou non merchéz et adjustéé, aussy ay droict de jouir du vin qui est trouvé en la pippe ou vesseaux exposé en vante et detaille en ladite fauce mesure ou non merchée.
Item droict de bailler par mes officiers ou commis le jour de caresme prenant au boucher exposant chair en vante a la halle de Nantes à chacun son equille et pour chacune equille prandre et avoir de chacun boucher un denier sitost et incontinant que lequille sera baillée et sy le boucher na le denier prest à bailler en main sans qu’il soit attandu a le tirer de sa bource, ne le querir celuy officiers ou commis peut de son authoritté picque la quille sur telle des pieces de chair quil voudra choisir a lestal dudit boucher, la prandre, lever et emporter comm e a moy acquize et en jouir par raison de mon droict.
Item, la proprietté des chastel, chastellanie, terre et seigneuries de la Benaste, que tient a presant par douaire, dame Anne de Sillé veuve de feu messire Jan de Craon, en son vivant seigneur de Camptocé.
Item, le chastel, chastellanie, terre et seigneurie du Louroux Bottereaux, sauf et excepté les dhomaine, terre et seigneurie de la Duracerie avec ses appartenances et depandances, et aussy sauf et excepté quatre journaux de pré sis en la valléé nomez le Pré Guerin avecque vingt huict solz de rente que me doivent plusieurs teneurs.
Item, les seigneuries, terres, maisons, dommaines de Souché et des Jamonnieres, ainsi que toutttes lesdites terres et seigneuries, chasteaux, chastellanie, maisons et dhommaines se contiennent, poursuivent et comporte o tous les droicts noblesses et prerogatives y appartenant et accoustumez tant en dommaines que fief avecque les autres seigneuries circonstances et depandances de madite baronie ainsy quelle se poursuilt, contienne et comporte et generallement touttes et chacunes le terres, rantes, droictz d’herittages, revenus a moy appartenant et qui me peuvent et doidvent competer et appartenir en et soubz vostre dict comté et seigneurie de Nantes sauf les choses ci-dessus declaré à cause desquelles chose confesse estre vostre feal subject et obeissant et vous debvoir telles redevances et obeissance que baron de Rais et seigneur des dites terres et rantes doibt et a accoustumé faire a son seigneur lige et scelon que la condiction et nature des fief le requert et cet adveu est escrit. Je laisse a vous mondit seigneur o protestation dy corriger, augmenter ou diminuer par autre temps sil est regardé que faire se doibve et quant à le bailler et presanter pour et ou nom de Moy a vostre cour de Nantes et faire environ ce les choses cy pertinantes et necessaires ainsy que en tel cas ou semblable est accoustumé.
Je ordonne comme deputté et institue par ces presantes Mes tres chers et bien aimés, Guillaume Grimault, maistre Nicolas Chastau, Jacque Le Bloy, Guillaume Jagu, Pierre Allouard et chacun deux mes officiers, promettant pour eux et chacun fournir estre a droict avoir ferme et agreable tout ce que par eux ou lun deux sera faict et procuré en cette matières ses circonstances et depandances et a poyer le juge de ladite cour sy mestier est en temoings de ce jay signe ces presantes de mon seing manuel et faict sceller de mon scel. ce fut faict le deuxiesme jour de may lan mil quatre cens soixante deux, ainsi signé René de Rais. »


 

                          SIGNATURE ET SCEAU DE RENE DE RAIS EN 1460

Source : ADLA


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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 18:08

P O R N I C

PORTRAIT DE FEMME

 7 Juin 1606





 

 

 

 Coiffe et visage de Guillemette JACQUES

Le clerc de notaire des Maîtres Dufort et Chantreau avait pour habitude de croquer le portrait des clients de l’étude. Ce même clerc préparait aussi les actes de Maître Cosson en 1609.

Il le dessinait à partir de la première lettre du document notarié.

Ici dans le « S » de SACHENT TOUS…. d’un aveu de cette femme dûment « autorisée de son mari Jean ANGOT », pour des terres en SAINTE MARIE sous le fief du Plessis Grimaud.

« DOCUMENT EXCEPTIONNEL »

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 17:08

1805 – SAINTE-MARIE
devenue Sainte-Marie-sur-mer

  
                 LA PREMIERE PROCESSION DE LA FETE-DIEU


Nous empruntons au manuscrit de J-B Chevas, un instant dont il a le souvenir et qu’il relate en 1842.

Pour nous, aujourd’hui il réveille ces festivités religieuses qui n’ont plus cours dans ce monde moderne laissant place à cette circulation de voitures qui entrave toutes festivités et ne laisse place qu’au carnaval populaire.

                        Procession de Fête-Dieu vers 1840-1850

« Le culte, à l’abri du Concordat et de la puissance impériale, avait repris toutes ses cérémonies intérieures. Le curé Baudouin veut davantage, il annonce que la procession de la Fête-Dieu sortira de l’église « en la manière qu’elle avait accoutumée »

Cette annonce se répand bientôt dans les communes voisines et le 27 prairial (16 juin) toute la population de Pornic, de la Plaine et de Saint-Michel se rend dans le petit bourg de Sainte-Marie ; pour la jeune génération, c’est un spectacle tout nouveau, et pour la génération qui s’en va un objet de vénération, et, on peut le dire, pour beaucoup un objet de curiosité railleuse, car on connaît l’extrême pauvreté de la paroisse, et on veut voir avec quelle pompe pourra déployer le pauvre et simple curé qui l’administre.

Favorisée par un temps superbe, la procession se met en marche et se rend au reposoir que, seul le père Baudouin a édifié ; bien qu’il ait quelques confrères à l’assister, il n’a voulu céder à personne l’honneur de porter l’ostensoir, qui, à la vérité, n’est qu’en étain, mais il est abrité sous un dais magnifique surchargé d’or et d’argent, ne cédant en richesse qu’à la chape dont le prêtre est revêtu… Parmi les curieux étonnés ceux qui le sont davantage appartiennent à la paroisse, car ils n’ont entendu parler d’aucun achat et ces brillants ornements apparaissent pour la première fois à leurs regards…

Bientôt de sombres nuages obscurcissent l’horizon, menacent d’un orage ; mais tout entier à l’œuvre qu’il accomplit, le père Baudouin n’écoute ou n’entend les observations que lui font les marguilliers qui portent le dais, ni le tonnerre qui gronde, et, grave et recueilli, il monte à l’autel improvisé, bénit les assistants et reprend avec la même gravité le chemin de l’église… ; l’orage a marché aussi, et, les nuages venant de s’ouvrir, une pluie abondante inonde les assistants, qui abandonnent la partie. Le curé presque seul rentre dans le temple ; mais, hélas ! le dais si riche, la chape si brillante, le bonnet carré lui-même, n’ont plus leur forme et leur éclat ; toute cette richesse était disparue, car elle n’était qu’en…papier… Huit jours entiers, le curé s’était renfermé seul pour faire ses apprêts et étonner ses paroissiens.

Au dîner qui suivit, il soutient avec gaîté la raillerie des convives et nous, qui étions trop jeunes pour nous en souvenir, nous avons ouï dire que souvent il parvenait à mettre les rieurs de son côté, car personne ne pouvait nier et son esprit et sa simplicité évangélique.

Cet épisode n’est rapporté que pour faire voir quelle était la pauvreté de la paroisse qui, du reste, n’avait jamais été riche, malgré ou à cause des gros revenus de l’abbaye. »

Source : Médiathèque Nantes

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 16:40
 Le sénéchal est le principal officier de justice des seigneurs qui ont haute, moyenne et basse justice. Il a à connaître tous les crimes et délits qui se commettent sur l'ensemble de sa sénéchaussée et à les présenter à la cour seigneuriale.

18 JUIN 1697

« Audience du duché de Rays, pairye de
France , a pornit, tenu en la ville et auditoire dudit
pornic, par Monsieur l’alloué dudit lieu ou a
esté installé Maistre Jan Bourgeoys
sieur de la Mogretiere Senechal dudit lieu, le
Mardy dixneufiesme jour de juin mil
six cent quatre vingt dix sept

A L’entrée de laudiance Monsieur Le procureur fiscal a Remontré que
Madame La Duchesse auroit pourveu, Maistre Jan Bourgeois sieur de la
Maugretière, advocat a la cour, de la charge de Senechal de cette juridiction suivant les provisions quelle luy en a accordé le dix septiesme davril dernier signé par elle
francoise Marguerite De Gondy, duchesse Doiriere de lesdiguiere et plus
bas par Madame La Duchesse, Laurens soubz le Contre sel de ses
armes. En consequence desquelles, il auroit esté pris par arrest de la Cour
du Trantiesme de may ensuivant, en lexercice de ladite Charge et par
autre arest du mesme jour, signé ... piquet, la Cour auroit
comis Mr. Lalloué dudit Duché pour installer ledit Sieur de la Maugrotiere
et a ... ledit sieur procureur fiscal requier  quil soit presantemant installé
en lexercice et function de Senechal de ce Siege/

Surquoy faisons droit sur la remontrance et requisitoire du Sieur
procureur fiscal et Veu lesdites provisions de Madame la duchesse et des arestz
de la Cour susdattées, avons en Consequance Installe et Installons Ledit
Sieur Bourgeois dans l’exercice et fonction de la Charge de Senechal
de ce Siege et ordonne quils seroit enregistrer au Greffe de ceans
pour y avoir recours sy Besoin est/

Paule Francoize Marguerite De Gondy, duchesse de Rays, Marquise de la
Garnache et beauvoir, Comptesse de Joigny, Barronne de Mortagne, Veuve
De Messire francois Emanuel de Bonne de Crequy, duc de lesdiguiere,
Pair de France, Gouverneur et lieutenant general pour le Roy en la province
de Dauphine , A tous ceux  qui la presente lettres verrontz, Salut avoir
faisons sur le Tesmoignage quy nous a esté Rendu de la probité,
sufisance capacité et Experiance de Maistre Jan Bourgeois, advocat au
parlement de bretagne, nous luy avons donne et octoyz L’estat et
office de Senechal de bourgneuf, prigny et pornit, membre despandants
de nostre duché de Rays, Vacant par la demission de Me. pierre Chollet quy
a esté le dernier pourveu, pour en jouir aux mesmes honneurs, fruitz,
profits et esmolumans qu’en ont jouy cy devant ceux quy en ont esté
Revestus Du Mesme office et autant quil nous en plaira, en gardons  par
ledit Bourgeois , les ordonnances, arestz et reglemans de la Cour Et
suplions nos Seigneurs du parlement de bretagne de le Recevoir
dans lexercice dudit estat et office, pour y estre installé en la
Manniere accoutume en tesmoin de quoy nous avons signé les
presantes de nostre main et fait apposer le scel de nos armes.
Donné a paris le dix septiesme jour davril mil sept cens quatre
vingt dix sept, ainsy signé, Paule francoise Marguerite de Gondy duchesse doiriere
de lesdiguiere et plus bas par Madame La duchesse, Laurens et scellé. »

Source : ADLA
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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 14:56

(Texte de la Causerie donnée à l’Assemblée Générale de PORNIC-HISTOIRE, le 3 avril 2004.)

Nous nous bornerons, aujourd’hui, qu’à évoquer les mouvements de notre flottille dans le cabotage le long de nos côtes Atlantique, Manche et Mer du Nord.

- Tout d’abord le petit cabotage, effectué par les barques inférieures à 10 tonneaux, depuis Pornic mais essentiellement de La Plaine vers Nantes.

- L’étude de nos expéditions de vin vers la Bretagne, à travers une étude succincte des Registres des Droits d’octroi de Pornic et de la Plaine des années 1749-1750.

- Que du cabotage qui nous reliera aux ports depuis les Flandres, Ostende, Bruges, Newport, Dunkerque, Rouen, Vannes, La Rochelle, Bordeaux, Saint-Jean-de-Luz jusqu’en Espagne, Bilbao, La Corogne etc. et qui verra s’activer les barques de 20 tonneaux et plus.

Nous n’évoquerons pas les voyages en droiture, c’est-à-dire depuis Nantes ou Paimboeuf vers les Antilles : Saint-Domingue, la Guadeloupe, la Martinique, où plusieurs familles de Pornic et de La Plaine ont des intérêts.

- Ni du Commerce de la traite, si florissant au XVIIIe et plus discrètement jusqu’au milieu du XIXe, qui là aussi verra de nombreux capitaines, officiers mariniers, matelots et mousses sortir de nos paroisses de Pornic, du Clion, de La Plaine et autres paroisses de la baie. Tel un René De Ruays, un Quatreville, sans oublier les Fourneau et bien autres encore qui ne me reviennent en mémoire.

Nous évoquerons, en fin de conférence, une famille de notables de la baie de Bourgneuf : Les Leray…

Notre étude n’a fait que « surfer » sur cette période, et a pour but non pas de faire un recensement de toute la flottille, mais de connaître quelques participants, leurs destinations et le type de marchandises transportées.

Mais elle met, néanmoins, en valeur l’activité de ce quartier maritime de Bourgneuf, qui comprenait Bourgneuf bien sur, Les Moutiers avec son annexe en évolution La Bernerie, Pornic et La Plaine, mais il ne faut pas oublier Le Clion qui fournira plusieurs équipages.

LE PETIT CABOTAGE DES BARQUES DE MOINS DE 10 TONNEAUX ;

Toutes ces barques ne feront que des navettes entre La Plaine ou Pornic et Nantes.

Années considérées 1738 et partiellement 1739.

« LE JEAN-RENE » 8 tonneaux – Maîtres de barque Michel Leray de la Plaine puis Nicolas Fourneau.

« LA SUZANNE » 8 tx., Pierre Fourneau de La Plaine.

« LA MARIE-LOUISE » 9 tx. G. Bonneau de La Plaine.

« L’ANNE-MARIE » 9 tx. Mathurin Isanquard de Pornic.

« LA MARIE-ROSE » chaloupe de 3 tonneaux, Jean Mahé de Pornic.

Toutes ces embarcations partiront de :

- La Plaine avec des chargements composé de quelques tonneaux de froment (2, 3 voire 4) ou pour l’un avec sept septiers, des barriques de vin pour La Fosse, La Chézine ou Trentemoult, certains avec 11, 15 et même 21.

L’appellation « Vin de Nantes » est inscrit sur les registres pour quelques-unes.

Elles en reviendront, avec des barriques de vin d’un autre cru que celui de nos côtes, de la chaux, des planches, des ardoises, en somme des matériaux pour la construction. Du feuillard (Branches de châtaigner ou de saules, fendues en deux dont les tonneliers se servent pour cercler les tonneau.). Quelques barriques vides, du meuble et autres marchandises permises…

- Pornic : « L’ANNE-MARIE » partira chargée de 29 barriques de vin et d’un demi tonneau d’eau-de–vie et reviendra avec un tonneau et demi de vin et de huit milliers de fer ?.

La chaloupe « LA MARIE-ROSE » sera chargé de sel au départ pour revenir avec du sucre et du savon et autres marchandises permises.

Que pouvait valoir de telles embarcations ? Une réponse nous est fourni par l’acte de cession de parts dans la barque « LA SAINTE-ANNE » de Noirmoutier en 1726, entre le sieur Estienne Le Jaud, maître de barque de Noirmoutier et honorable homme Jean Richard, capitaine de navire :

« Scavoir est la quatriesme partye de ladite barque la Sainte Anne, à present dans ce havre sur les ancres, du port de 15 tonneaux ou environ, avec la quatriesme partye de ses agrès, aparaux et petit bateau et prete à prendre marchandises, pour et moyennant la somme de deux cents livres en principal. »

Ce qui nous donne : Huit cents livres.

Pour la période 1749-1750, nous étudierons Les Registres de Droit d’Octroi des bureaux de La Plaine et de Pornic.

Le bureau de La Plaine se situait au port du Cormier, celui de Pornic vraisemblablement sur les quais.

Un droit de huit sols par pipe (2 barriques) de vin du comté nantais, était acquitté au moment du départ, au profit de la ville et des hôpitaux de Nantes.

Pour La Plaine nous enregistrons :
en 1749 :

- 19 expéditions pour un total de 144 ½ barriques, 1 tierson plus une barrique de boisson.

En 1750 :

- 9 expéditions pour un total de 365 barriques : 351 pour la vente et 14 pour la « provision » des Plainais expatriés à Paimboeuf, pour la plupart des charpentiers de navire ou à bord de bateaux en partance et dont l’une pour un recteur de paroisse.

Pour Pornic :

En 1749

- 10 expéditions pour 28 barriques.

En 1750 :

- 15 expéditions, 204 barriques.

Nous ne parlerons pas ici des différents expéditeurs ou vendeurs de leur production. Mais nous retrouvons de Hillairet, des Bonamy, des Druais de la Sauvagerie, des Pinet, des Fourneau, des Leray, des Roguet pour La Plaine.

Des Penot, des Baulon, des Rousse, des Coueffé… pour Pornic.

Pour La Plaine, les destinations sont :

- Belle-Ile, Nantes, Frossay, Paimboeuf, Noirmoutier, Vannes et Lorient.

Pour Pornic :

- Essentiellement Noirmoutier, puis Rennes avec pour destinataires : Pitteux avocat à la Cour, Leray des Mandonnières procureur, Lebreton et Bordet procureurs au Présidial, puis Auray et Ploërmel.

Nos vins blancs avaient une certaine renommé, notamment le gros-plant ou la folle blanche, peu d’envoi de vin rouge.

LE CABOTAGE DES 20 TONNEAUX ET PLUS

Comme vous avez pu le remarquer, nous n’avons pas encore parler du Sel de la Baye.

La Baie en s’envasant ne permettait plus aux navires de fort tonnage d’aller chercher la production de sel des Salines de Bourgneuf, de Bouin ou de Beauvoir.

Cette source de richesse connue et reconnue de tout temps et que surent mettre à profit La Hanse et qui du concentrer tous ses approvisionnements sur les salines de Guérande au XVIIe, de même que les Espagnols.
Au XVIIIe, apparemment, seuls les Espagnols continuèrent d’acheter le sel de la Baie.

Faute de pouvoir introduire dans ce fond de baie leurs navires, ils surent utiliser et mettre à profit des barques locales de faible tonnage et au tirant d’eau adapté, pour rapporter à Nantes cette production.

Les commis du « PARTY » du sel, le collectaient et le stockaient dans les « GRENIERS DU PARTY DU SEL » à Nantes.

(PARTY : Communauté de marchands espagnols)

Voici la liste de quelques barques qui se chargèrent d’effectuer le transfert durant la période 1726-1748 et les noms de leurs propriétaires.

« LE DONATIEN » 45 tx. : Donatien LERAY de la Piollerie.
« LE JEAN » 55 tx. : Idem
« LA FIDELE » 40 tx. : Alexis JOUBERT.
« LA SAINTE » 30 tx. : Nicolas PHELIPPOT et consorts.
« LE GABRIEL » 25 tx. : Joulien RICHARD et consorts.
« Le CYR-JEAN » 28 tx. : Le sieur RONDINEAU.
« LE ST-VINCENT » 35 tx. : Le sieur DOSSET et consorts.
« LA PROVIDENCE » 24 tx. : Le sieur de LA NIGARDRAIS.
« LA MARIE-MADELEINE » 20 tx. : Mr. CORMIER, négociant.
« LA JEANNE-JULIENNE » 35 tx. Honoré PERRON.

Nous dûmes prendre, parfois, en direct la vente et la livraison des ports du Nord.

- Le 27 juillet 1729 « LA FIDELE », maître de barque Jean BASTARD avec son équipage de Bourgneuf, 3 matelots et un mousse, part de Bourgneuf pour Dunkerque chargé de sel. Il fera son retour par La Rochelle sur son lest.

- Le 26 septembre : même voyage.

- Le 17 octobre, fait relâche à Audierne allant à
Ostende chargé de sel.

- Le 28 janvier 1730, Bourgneuf-Nantes, chargé d’huile et de savon.

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« LE GABRIEL » Maître de barque Joachin RICHARD avec 2 matelots de Bourgneuf.

Pratiquement, tous ses voyages s’effectueront pour le compte du « PARTY » ou des Gabelles soit de Bourgneuf ou de Beauvoir.

- Néanmoins le 16 août 1729, il partira de Bourgneuf pour Newport avec du sel. Il repassera le 14 septembre à Dunkerque pour filer à Bordeaux sur son lest. Il sera vu à Roscoff le 29. Il devait chercher du fret pour son retour. « LE CYR-JEAN » Maître de barque François MANGUY de Bourgneuf, 1 matelot, 1 mousse.

-Mêmes mouvements vers Nantes.

- Toutefois le 11 janvier 1731, il chargera à Nantes une cargaison de 28 tonneaux de vin pour Redon.
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« LA SAINTE » Maître de barque Nicollas PHELIPOT de Bourgneuf avec 2 matelots et un mousse.
- De juin 1729 à Fin avril 1730 n’effectuera que 2 voyages pour le sel.

- 14 juin 1729 : Nantes-Bordeaux,
chargé de 17 pièces d’indigo (colorant) et de 30 milliers d’ardoises.

- 9 septembre 1729 : Noirmoutier-Saint-Jean-de- Luz, avec un chargement de fèves.
Retour le
- 3 novembre, avec un passager à bord, Honoré Gris de Machecoul, chirurgien de 25 ans.

- 9 février 1730 : Nantes-Redon
Chargé de 700 tufeaux et 6 tx. de fer.
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« LE SAINT-VINCENT » Maître de barque Honnoré PAYRON des Moutiers, 2 matelots.

- peu de voyages connus.

Mais :

Le 5 avril 1730, il effectuera un voyage Nantes-Rouen,
Avec 25 tonneaux de « Selpestre » pour le roy et 19 balles de « cotton ».
Il relâchera au cours de sa route au Port-Louis le 14, et sera vu à Camaret le 15 mai poursuivant sa route vers Rouen. Il en reviendra le 19 juin en passant par Vannes.
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« LA MOÏSE » effectuera un voyage Nantes-Lorient avec une cargaison de 118 caisses d’armes en octobre 1737.
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« LA JEANNE-JULIENNE » de la Bernerie

-Le 18 novembre 1737, partira de Nantes pour Lorient chargée d’environ de 34 tonneaux de « poids fayaux ».
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« LA MARIE-MADELEINE » maître de barque ROCH BARRAUT, 1 matelot, 1 mousse.

- 10 juin 1748, Nantes-Saint-Denis d’Oléron
Chargé de charbon de terre (houille) pour le roy. De retour le 3 juillet à Bourgneuf.
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« LA PROVIDENCE » maître Pierre LE LIEVRE de Bourgneuf, 1 matelot, 1 mousse.

Toujours des chargements de sel pour Nantes (1747-1748), mais des planches au retour, du tuffeaux, de la chaux, des ardoises, du seigle.

A noter, un voyage le 18 mars 1748 à La Roche-Bernard sur ordre. «Le Sénéchal de Nantes, commissaire des Etats de Bretagne, ordonne, sans retardement et avec toute la diligence possible, pour y prendre et transporter à Belle-Isle les fourrages destiné à l’approvisionnement. »

Le 28 mars, au Croisic, on lui enjoindra « d’exécuter promptement les ordres de se rendre à La Roche-Bernard. »

Le 30 mars, il débarquera son fils Pierre qui retournera à Bourgneuf.

- Le 18 avril 1748, à son retour de Belle-Ile il prendra à La Roche-Bernard : un chargement de 30 tonneaux de seigle pour La Rochelle.
Il aura à son bord, son fils ainé Jean de 14 ans comme mousse et son second fils Pierre de 10 ans.
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Mais tous ces voyages ne se faisaient pas sans des naufrages… comme en témoigne l’autorisation d’embarquement ci-après :

« Nous enseigne des vaisseaux du roy, commandant à la tour de Camaret,
Permettons au capitaine Nouel Pausson, de passer dans son navire nommé « Le Saint Ginolé » du Conquet (Le Saint Guénolé) de passer dans son bord le capitaine Du Doit, Marc Cormier et Michel Sorin, provenant du naufrage du navire « La Fleur de lis » de Nantes, d’aller à Bourgneuf et à eux de se présenter à leur commissaire en arrivant.
Fait à la tour de Camaret, ce
15e mars 1735
signé : De Keroullas. »
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Abordons pour terminer, une famille particulière qui à elle seule il faudrait consacrer un ouvrage :

« Les LERAY DES MANDONNIERES », d’où seront issus les :

« LERAY DU FUMET », qui succèdera à Gérard Mellier en 1730 comme maire de Nantes.

« LERAY DE LA CLARTAIS » armateur nantais.

Et bien sur :

« LERAY DE CHAUMONT », grand ami de Benjamin FRANKLIN.
Il est considéré aux Etats-Unis comme plus important que LA FAYETTE, dans la guerre d’indépendance.

Nous retiendrons aujourd’hui que :

« Donatien LERAY DE LA PIOLLERIE »

entre autre, riche armateur de la Baie,
propriétaire foncier et
Fermier général du temporel de l’abbaye de Sainte-Marie.

Il armait 4 navires en 1726 et dans les années suivantes :

2 pour Terre-Neuve : « LA SAINTE-ANNE » de 60 tonneaux et « L’HEUREUX » de 50 tonneaux.

Et 2 pour le cabotage : « LE DONATIEN » et « LE JEAN », l’un de 45 tonneaux et l’autre de 55.
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« LE DONATIEN » : 2 matelots et un mousse.
Maître de barque, Cyr CHESNEAU de La Bernerie.

D’août 1726 à la mi-mai 1729,

- il effectuera 3 voyages à Bilbao dont l’un avec du sucre.

- 3 à Dunkerque, dont pour l’un il aura à son bord : « Pierre Rondineau, de Bourgneuf, agé de 20 ans, venant d’Ostende où il a demeuré un an pour apprendre la langue flamande. »
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Année 1729 :

- Le 11 avril, départ de Nantes pour Bruges avec
122 barriques de sucre.

- Le 6 août, départ pour Dieppe, avec 65 barriques
de sucre et 40 milliers d’ardoises.
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Année 1730

-Le 16 février, départ de Nantes pour Dunkerque,
avec 35 tonneaux de vins et d’eau-de-vie

- Le 3 juin, il partira avec un nouvel équipage pour Saint-Valery (Somme), il y charge différentes marchandises pour Dieppe, où il sera le 12 juillet et repartira pour Saint-Valéry, et de là retour à Nantes.

- Le 31 octobre, Nantes-Rouen
avec 50 tonneaux de différentes marchandises.

Etc.
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Année 1731

- Le 5 avril, il sera chargé à Nantes pour La Corogne avec du vin, de l’eau-de-vie et du sel.

La réputation de l’armateur, le sérieux du maître de barque, les qualités du « DONATIEN » leurs permettrons de prendre des passagers pour la Corogne :
- Demoiselle Marie NORMAND de Nantes fille de Jacques NORMAND, employé dans les Devoirs de Saint-Nazaire,
- Jeanne DUPONT de St. Fleurant le Vieil, fille d’un agent des Gabelles dudit lieu,
-Marthe DAUVERGNE, petite fille de Mr. DAUVERGNE consul à la Corogne, agée de 2 ½ ans.
-Jean DUPUY de La Corogne, négociant,
-Jean-Baptiste PLOMBARD de Nantes,

Ils seront tous débarqués à La Corogne.

Durée du voyage environ 10 jours.

- De retour à Nantes avec J-B PLOMBARD, le 18 mai 1730.

- Le 31, on l’autorisera à retourner à Bourgneuf.
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Nous terminons avec :

« LE JEAN »

qui durant les mêmes périodes, cabotera entre l’île d’Oléron, La Rochelle, Bordeaux, Rochefort, Redon, Beauvoir, Bourgneuf et Pornic.

Il participera activement à l’alimentation des « GRENIERS A SEL DU PARTY », notre dernier partenaire étranger.

- Le 11 décembre 1728, il partira pour La Rochelle chargé de 5 milliers de merrains et de 4 esseyeux de fer.

(Merrains : Bois fendu en planches, de chêne ou de châtaigner, propre à différents usages,
en particulier à faire des douves et les fonds de tonneaux.)

(Esseyeux : s’agit-il d’essieux de charrettes ou pour d’autres engins mécaniques ?)

Nous trouvons dans une cargaison :

« Un rond de moulage », c’est un mécanisme de moulin, l’ensemble des deux meules. Trop lourd pour être transporté par une chaloupe ou une simple barque.

Signalons pour terminer une expédition tout à fait singulière :

- Le 9 septembre 1729, « LE JEAN » embarquera pour Redon :

un chargement de mâts et de « P R U C H E ».
Qu’est « LA PRUCHE » ?

« Une sorte de bière faite avec des jeunes pousses de sapin et qui était consommée à Terre-Neuve. »

Pruche s’écrit aussi bien Pruce ou Prusse.

Correctif du 1er Octobre 2006 :

A la lecture d'un document de 1787 il nous parait plus convenable pour la "Pruche" de dire qu'il s'agit de planches de "prusse". Bois importé en même temps que les mâts, pour la construction.

Source : ADLA

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 14:40

DEPART POUR TERRE-NEUVE
PORNIC 1722

DIFFICULTES DE DERNIERE HEURE.

Pornic fut un port morutier très actif de la fin du XVIIe. siècle jusque vers 1730. Il déclina et même cessa cette activité en raison de l’ensablement et envasement du port

L’un des armateurs décède et crée ainsi un empêchement au départ et des contraintes juridiques.

Le capitaine et ses associés font appel à l’Amirauté pour obtenir une décision.

« 17 Mars 1722

A Messieurs tenant le Siège de l’Amirauté de Nantes

Supplient humblement les Sieurs Gilles Aubin, marchand-négotiant, et Estienne Giraud capitaine de navire nouvellement construit dans le havre de Pornit nommé le Sérieux, du port de quatre-vingt dix tonneaux* ou environ.

Disant que, dans la construction dudit navire, équipement et avitaillement d’iceluy, le sieur Mathurin Amoureux, marchand se seroit interessé pour une moittié suivant le billet fait en double entre ledit Aubin et luy le 14 février 1721. Depuis ce temps le dit Aubin en a cédé un huistttiesme de son intérrest audit Giraud et le dit Amoureux de son costé en a transporté au sieur Pierre Bretin marchand à Nantes un quart dans la sienne. Ce vaisseau étant prest à faire voile du havre dudit Pornit, pour aller à la rade du Collet parachever sa charge de sel pour l’entreprise du voyage du banc auquel il a été destiné pesché de la morue verte*. Le décès dudit Amoureux est arrivé et par consequend les supliants se trouvent dans une facheuse conjecture, les enfants qu’il a laissé sont mineurs, ils ne sont point pouveus et ne peuvent l’être de sitost, par ceque on travaille à faire émanciper ceux qui sont en age de l’estre par lettre de dispense de la Chancellerie du Parlement de cette province et à donner aux autres un tuteur par une convocation de parents, qui sont deux choses qui ne se peuvent consommer quelque diligence que le procureur fiscal de la juridiction puissent faire aussy promptement qu’il serait à souhaiter pour empescher le retardement d’un vaisseau prest à faire voile au premier temps favorable. Les supliants ont intérests de les éviter mais ils ne le peuvent faire sans s’exposer vers lesdits mineurs en cas qu’il arriveroit quelques accidents impréveus dans l’entreprise de ce voyage, Giraud qui est le capitaine, ne peut partir sans ordre, il peut l’avoir dudit Aubin et Brétin mais quand aux mineurs imporvus, personnes n’a qualité de le faire pour eux. Il ne seroit pas juste cependant que ce voyage fut retardé et qu’on attendit qu’ils fussent pourvus, pour avoir cette ordre de leurs curateur et tuteur. Il en pourroit mesme arriver un autre inconvenient qui est que l’équipage pourroit désemparer et demender des dédomagements. Outre si on estoit obligé d’attendre cela les curateur et tuteur pourroient jetter les supliants dans un autre retardement en demandant l’avis de leurs parents. Ce n’est point le reste du sel qui est à prendre qui consiste en six ou sept charges et quelques avituallement qui empeschent cette entreprise, mais bien un ordre de la faire, sans laquelle et sans se commettre ils ne peuvent et particulièrement ledit Giraud capitaine l’exécuter et comme il n’y a rien de plus éclairé et de plus privilégié que le commerce entre autre dans l’occasion qui se présente, Ils requièrent, ce considéré,

Messieurs qu’il vous plaise voir cy attaché le billet fait entre ledit Aubin et Amoureux ledit jour quinziesme fevrier 1721 et y ayant égard et à ce que devant, permettre audits supliants aux périls et fortunes des mineurs dudit Amoureux de prendre des sels et avituallements qui leurs restent à la rade dudit Collet à la grosse* sur le compte desdits mineurs autant qu’ils se trouveront intéressé si mieux il n’aiment, les fournir aussy bien que lesdits avituaillements, comme aussi de leur permettre de mettre ledit vaisseau à la voile aux premiers temps favorables pour l’entreprise dudit voyage en question, afin de tout mettre en règle et en sureté en cas de facheux évènements, réservant, passé qu’il y aura des curateur et tuteur institués de les appeler pour approuver lesdits ordres et arrester les comptes de la mise en dehors et autres leurs droits et feré bien.

Signé : G. Aubin, Bertin, Estienne Giraud, Mabille. »

Cette requête fut admise et présentée au procureur du roi.

« Veu la présente requete et le billet en double y anexé, je consens pour le Roy, que le navire en question soit achevé de charger, avittuaillé et expédié à la diligence des suppliants pour le voyage auquel il est destiné et ce à leurs risques, périls et fortunes sans préjudicier néantmoins de leurs droits et de ce ceux des mineurs. Conclu au parquet à Nantes le 19 mars 1722.

Signé : Delaclartièremerland. »

Cette décision fut confirmée dès le lendemain par le Lieutenant civil et criminel.

« Veu par nous Raoul Philippes Fourquer, escuyer, sieur de K/salio, conseiller du roy, lieutenant général civil et criminel du siège général de l’Amirauté de Nantes, la requête nous présentée par les sieurs Gilles Aubin, Bertin et Etienne Giraud intéressé et armateurs du navire le Sérieux du 19è mars présent mois avec le soit communiqué au pied au procureur du roy, les conclusions du procureur du roy dudit jour et le billet en double attaché à la ditte requette, avons permis aux supliants de faire sortie le navire le Sérieux de Bourgneuf*, de l’envoyer à sa destination à leurs risques et périls faisant néanmoins assurer l’intérest des mineurs et sans préjudicier de leur droit. A Nantes le 20 mars 1722.

Signé : R. P. Fourquer »

NOTES :
- 90 tonneaux : Navire de 16/17 mètres environ
- La charge de sel de Bourgneuf est égale à 4147 litres.
- Morue verte pêchée depuis le bord du bateau. Pour plus d’information, lire l’article de Catherine Vadon-Lebras, « Histoire de la pêche dans le pays de Retz », bulletin de la SHPR n° 17
- A la grosse ou mettre à la grosse aventure : prêter de l’argent à gros intérêts pour un commerce de mer et à condition de le perdre si le vaisseau ne revient pas
- Pornic dépendait du quartier de Bourgneuf.

Source :ADLA

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 14:07
GOURMALON AU XVIIe SIECLE

Qui se souviendra , les années passant, que les communes de Pornic, Sainte-Marie-sur-Mer et du Clion eurent leur identité propre ?

Qui se rappelle que la Maison noble de Monplaisir, emplacement de notre hôpital actuel était sur le fief de la Muce en Sainte-Marie, mais néanmoins en la ville de Pornic, que le manoir de la Touche s’appellait La Touche-Gerbaud, que le Moulin de la Muce fit l’objet d’un retrait féodal, que Gourmalon dépendait de la châtellenie de Prigny et non de celle de Pornic ?

Pour que mémoire demeure :

Chastellenie de Prigny, annexée à Bourgneuf.

« AFFEAGEMENT DU TENNEMENT DE GOURMALON AU CLION, 66 JOURNAUX POUR 11 LIVRES AU TERME DE NOEL OUTRE LE RACHAT. »

« Expédition en parchemin d’un contrat passé devant les notaires du duché de Retz, résident en la ville de Machecoul au rapport Danry notaire, l’un d’iceux, le 31 aoust 1676, par lequel Très Haute et Très Puissante dame Madame Catherine de Gondy, Duchesse de Retz veuve de Très Haut et Très Puissant seigneur Monseigneur Pierre de Gondy vivant duc de Retz, Pair de France, arrente et afféage, à Maitre Claude Pouvreau, Sieur des Grandes vignes, avocat en la cour et honorable homme Pierre Fourneau, marchand, demeurants, scavoir Le dit Pouvreau en la ville de Bourgneuf et le dit Fourneau en sa maison de la Biotelais en la paroisse du Clion, faisant scavoir ledit Pouvreau pour demoiselle Elizabet Gallot et ledit Fourneau pour honorable femme Jacquette Lassour leurs femmes auxquelles ils promettent faire ratiffier et avoir agréable ces présentes dans quinzaine à peine de tous dépens, dommages et intérests et icelles néanmoins tenantes, UN GRAND CANTON de terre vuague et inculte apartenant et dépendant de son domaine dans la seigneurie de Prigny, membre du duché de Retz apelé GOURMALON en la paroisse du Clion, dans lequel canton de terre y a une Garenne à Lapins. Le dit canton contenant soixante six journaux* ou environ compris la dite Garenne, tenant iceluy canton de terre d’un coté vers midy aux terres d’un autre canton apelé Le Dos de l’Asne, du coté du septentrion l’entrée et havre de Pornic à commencer dudit Dos à l’Asne, d’un bout les terres de la Birochère et d’autre bout les terres qui appartiennent aux héritiers du Sieur Paré, Cet afféagement fait à la charge de tenir ledit canton afféagé de la dite seigneurie de Prigny, Noblement à foy, hommage et rachat le cas y advenant par le décès de Pierre Fourneau que les dits susnommés ont dès à présent nommer pour hommager, par le décès duquel le rachat sera deu et outre payer annuellement par chacun an au terme de Noël par chaque journal de la dite seigneurie de Prigny, trois sols quatre deniers qui est pour les dits soixante-six journaux onze livres tournois et de payer la dixme à la manière accoutuméz et ont les dits Pouvreau et Fourneau pouront Ruiner la Garenne et la Déserter de Lapins quand bon leur semblera, passé le dixième d’octobre prochain, et d’autant qu’il y a de Grand Chemins qui conduisent par dedans les terres du dit canton au havre de Pornic et Sables d’iceluy et mesme de petits chemins de servitude pour aller aux terres qui débornent le dit canton de Gourmalon. Les preneurs laisseront les dits chemins libres aux endroits où ils sont ou de plus commodes, si faire se peut, tant pour le public que pour leur service particulier. »

Que d’histoires encore à découvrir….

NOTE :
66 journeaux environ : 32 hectares

Source : ADLA
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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:50

PROCES-VERBAL DE VISITE
DES JARDIN ET PARC DU
CHATEAU DE PORNIC
-------------

2 NOVEMBRE 1735

Ce jardin et parc aménagés par Henry de Gondy, duc de Retz au début du XVIIe étaient alors confiés à des maîtres- jardiniers. En 1651, Loys Louerat en avait la charge, en 1670 Jean Pasquier était le jardinier de Pierre de Gondi et en 1693, Pierre Giraudeau oeuvrait pour la Duchesse de Lesdiguières décédée en 1716. Par la suite sous les Neufville de Villeroy, ils furent affermés à différents particuliers.

Nous donnons ici un état des lieux établi lors d’un changement de fermier :

« L’an mil sept cents trante cinq, deux novembre, devant nous Nottaires du duché de Raits, Pairye de France, Résident a Pornit, sont comparus Jullien Biret, Maistre Thailleur de Pierre et masson, demeurant dans la Ville de Pornit, cy devant fermier des jardins et parc du Chasteau de Pornit et Jan Le Claine jardinier à présent fermier des dits jardins et parc, par adjudication faite a laudience dudit Pornit le trois novembre mil sept cents trante quatre, lesquels nous ont requis nous transporter dans ledit jardin pour y faire estat et procés verbal des réparations necessaire estres faittes au pavillon, portes, fenestre et portal dudit lieu, ou estant nous aurions trouvé Louis Jouet et Joseph Forton massons experts pris et choizyes amiablement par les partyes pour faire La Vizitte du tout. Ce quy a esté fait ainsy quy suit. Lesquelles nous ont raporté que La couverture dudit pavillon a besoin de quelques journés de couvreurs a ardoise pour plasser environ un quartron* pour en mettre dans les endroits ou il en manque, qu’au surplus qu’il est en bon et deub estat.

Il a esté remarque que le portal dentrée estant trop pezant avoit bessé de fasson que la petite porte nouvroit et fermoit quavec paine. Pour y remedier il a esté dit qu’il faut rellever les gennevelles* dudit portal et les repozér affin que la porte puisse avoir du jeu. Il y a audit portal un verouïl quy ne peut servir attendu quil est mal pozé. Les anneaux quy le tiennent, il faut les arracher et les repozér et comme ce nest pas une reparation quy ne regarde ledit Biret cy devant fermier, ny le fermier actuel, Noble homme Francois Réal, agent general des affaires de Monseigneur Le Duc de Ville Roy dans son duché de Raits, en presance de quy ledit Procés Verbal a esté fait, Laditte reparation du portal a estée faitte le mesme jour, a lexception dun crampon quy cert a fermer la Petitte Porte a cleff, quy y manque. Que ledit Biret sera tenu d’en faire mettre un neuff.

Comme il manque en quelque endroits du jardin dudit Chasteau de pornit quelques arbres, lesdits Biret et LeClaine sont convenus amiablement quil en faut posé Douze et comme ledit Biret en est tenu, ledit Biret a compté et payé reellement audit Le Claine soixante sols, parce quil se chargera de fournir et plasser lesdits arbres.

Ledit Le Claine ayant trois vaches et ny ayant dans lanceinte dudit jardin aucun endroits pour les loger et quil seroit obligé de les mettre dans la Chambre base dudit Pavillon, ce quy le gasteroit et luy feroit un tord considerable , il a pryé et requis ledit Sieur Real de voulloir luy faire construire un endroit pour les mettre a couvert pandant lyver. Ledit Sieur Real luy a repondu quil nestoit pas le Maistre de faire faire pareille augmentation, mais quil en ecriroit a Paris pour en avoir lagrement de Mondit Seigneur Le Duc de Ville Roy.

Detout quoy nous avons redigé et fait le procès verbal pour servir et valloir ce que de raison, ayant ledit Biret signé avecq ledit sieur Real. Lesdits Le Claine et experts ayant déclarés ne scavoir signer de ce enquis.

Signé : Real, iullien biret, Fourneau nre. et J. Fourneau nre. »

Le jardin de Rays et le Parc sont positionnés de la manière suivante sur l’aveu de 1675 :

« Ledit chasteau, composé d’antienne tours, ceintures et murailles, pont-levis, terrasses, maisons et douves avec une grande place au devant sur laquelle il y a une grange bastye et ediffiée, un jardin enfermé de murailles joignant ladite place vers soleil couchant contenant dix journaux* de terre ou environ, enfermé en partye de murailles avec quelques portions de ladite pièce plantée en vigne blanche et le reste en labour, appelé le Parc, joignant par endroits les terres de la Mestairie des Mousseaux. »

Le 9 décembre 1735, une quittance et décharge des réparations du jardin de Rays sera donné par Jean LeClesne (sic) à Jullien Birret (sic) pour une somme de six livres.

adla-pornic_7_034__ter.jpg     

                 "Le parc du château et le jardin de Retz en 1834"

Notes :
Quartron : A prendre dans le sens une certaine surface.
Gennevelles ou pentures : Bande de fer qui servent à soutenir les portes et les relient au gonds.
10 journeaux : environ 4 à 5 hectares

Source : ADLA

"le château de Pornic en 1845"

 

 

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 13:26

 
Autrefois tout domaine se devait d’avoir : une garenne, une fuie ou colombier, un étang et un vivier.
La subsistance de la maisonnée était dès lors assurée. Un convive inattendu pouvait alors se présenter. Il était assuré d’avoir bonne table.
Potage aux herbes
Pâté chaud de gros pigeons, aux truffes, champignons et moelle de bœuf.
Carpe, à la broche, ou farcie ou aux champignons.
Lapin de garenne rôti, ou de clapier en casserole.
ou lièvre en civet
Pigeons, en compote au citron vert, ou à la Sainte-Menehoult., servi sur une ramolade d’anchois, persil,
câpres hachés, ciboule, jus de bœuf, et un filet de vinaigre.
Fromage sur jonchère* ou des caillebottes* .
Darioles (gâteau léger, analogue au flanc)
Cerises, prunes, poire cuisse-madame en été ou de crassane en hiver.
Le tout arrosé d’un vin blanc sec ou d’un rouge.

Nous présentons aujourd’hui un marché pour le creusement d’un vivier, destiné à parfaire l’élevage des poissons et au besoin de la table.

« 28 septembre 1779 »
« Ont comparu, devant nous notaire, Messire Charles Florant Jacques CHEVALIER, chevalier du Bois Chevalier, seigneur de la Souchais et autres lieux, demeurant à son chateau de la Souchais, paroisse de Saint Michel Chef Chef d’une part, Et Augustin MERCIERE, laboureur à bras, demeurant au village du Cormier et Pierre MOREAU, aussy laboureur à bras, demeurant au village de la Roctière, les deux de la paroisse de La Plaine d’autre part. Entre lesquels cest fait le present marché ainsy quil suit, Cest à scavoir que lesdits Mercière et Moreau se sont obligés de faire audit seigneur du Bois Chevalier, à sa maison de la Souchais au bout de son jardin, Un vivier à metre poisson, de la longueur de trois cents cinquante un pied de long*, de cinquante pieds de large, six pieds de profondeur en toute sa longueur, a prendre dans le plus bats du terrin ou sur fossé. A lexception toute fois vers le bonde ou decharge qui aura sept pied de profondeur toute fois, de maniere que ledit etant puisse contenir un volume d’eau de six pied de profondeur en toute son etendue. Et lequel pied excedant les six pieds sera reparty en toute la longueur dudit etant pour en facilitél’ecoulement. Et de laisser trois pieds de prélois* ou banquette sur les bords dudit etant pour prevenir la chute des terres. De commancer ledit ouvrage par en faire l’ecoullement des vendredy prochain, premier octobre. Lequel ecoullement sera de trois pieds au moins de large et de profondeur et largeur competante* pour lentier ecoullement des eaux et de rendre renable à dire d’experts, au plus tart à la fin du mois de fevrier prochain. Et pour cette effet, ils sobligent dy travailler sans retard et sans desemparé de l’ouvrage, et dy estre au travail au moin quatre hommes.

Et à eté le present marché fait et accordé entre partye pour et moyennant la somme de deux cents livres, que ledit seigneur du Bois Chevallier sest obligé de payer aux dits Merciere et Moreau, scavoir cents en deux terme egaux jusqua la perfection de louvrage et les cent autres livres lors du renable* rendu et visité par experts. En outre six livres de denier de faveur* , lorsquil auront fait lecoullement. A l’entretien de tout de ce que dessus, lesdites partyes sy sont obligés chacunnes en ce que le fait les touches separement sur tous leurs biens meubles et immeubles. Et pour ce quelles ont voulue, promises et jurées, nous nottaires de leurs consentements, volontées et prières, les y avons jugées et condamnées par le jugement et condemnation de notre jurisdiction.

Fait et passé en la Ville de Pornic, au raport et etude de Pierre Bonamy, lun de nous nottaires, sous le seing dudit sieur du Boischevalier et dudit Merciere et pour ce que ledit Moreau à dit et declaré ne scavoir signé de ce interpellé et enquis, il a fait signé à sa requete à Pierre Mathieux, charpentier de navire sur ce present, lesdits jour et an que devant.
Signé :
Augustin Merciere, Pierre Mathieux,Le chr. Du Boischevalier, Bonamy nre. » 

Notes:

- Fromage frais égoutté sur la paille
- Caillebotte : Masse de lait caillé qui se sert coupée en morceaux.
- Le pied équivaut à 0, 324 mètre. Ici longueur du vivier 113,72 m.,largeur 16, 20 m., profondeur 1,94 m., profondeur à la bonde de déchare 2, 27m.,Largeur du prélois ou banquette 0, 97 m.
- Prélois ou prélai : rebord de terre le long d’un fossé ou d’une de levée de marais. Ici une banquette.
- Compétante : appropriée, qui convient.
- Renable : recevable, acceptable, mais aussi constat ou procès-verbal de fin de travaux.
- Denier de faveur : prime généralement verséeau fermier général lors d’une transaction, sous-location d’une métairie, d’une ferme, d’une terre par le peneur du bien loué. Ici récompense.

 

Source.ADLA


 

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 12:01

« LE BOISSEAU-MARCHAND
DE MACHECOUL. »

Dix ans après le contrôle des boisseaux mesure marchande de Machecoul effectué en octobre mil sept cent trente-sept, la population se plaignit à nouveau auprès de François de Réal, sieur des Perrières, avocat et procureur fiscal du duché de Retz, que des disproportions se rencontraient parmi les boisseaux dont on se servait dans le commerce.

Le trente août mil sept cent quarante-sept, au parquet et auditoire se tenant au château de Machecoul, il en fit sa remontrance. Au cours de cette séance il fut ordonné « à tous marchands meuniers et autres qui ont des boisseaux de les aporter et représenter dans ledit auditoire les vingt et un, vingt deux et vingt trois septembre » pour y être mesurés et confrontés, en présence des juges et de la sienne, avec la mesure matrice de cette seigneurie.

Ce boisseau-marchand , mesure de capacité, servait aux transactions pour les matières sèches : blé froment de marais, de champ, méture, seigle, métaillon, fèves, jarosse, pois, mil, avoine, trique, orge, jarosse, gesses, gobreau.

Les boisseaux trop grands seront réduits à la juste mesure et marqués au frais des propriétaires, ceux trop petits seront confisqués, et devront être refaits si bon leur semble et être marqués de la nouvelle marque et quand à ceux qui seraient justes ils seront simplement remarqués. Les boisseaux de l’ancienne marque seront interdits à l’avenir.

L’ordonnance rendue « seroit lue, publiée et affichée où besoin seroit et particulièrement au bruit du tambour à la halle de ce lieu par trois marchés consécutifs, à ce que personne n’en prétendre de cause d’ignorance…, aux prosnes des grandes messes des paroisses de la Trinité et Sainte Croix…, affichée à deux endroits de la halle de ce lieu les plus éminents. »
Le vingt et un septembre, sur les huit heures du matin, en présence de Nicolas Guilbaud, sieur du Parc alloué et lieutenant-général du duché de Retz à Machecoul, de Joseph Fialde ? commis greffier et d’Anthoine Druel huissier-audencier, le procureur fiscal fit procéder .

François de Réal, avait fait apporter pour ce faire :

- « le boisseau matrice en fonte mesure rase de Machecoul,
- une petite mesure en cuivre formant le seizième dudit boisseau, lesquels formaient ensemble le boisseau marchand de Machecoul.
- une trémie et du mil pour faire le mesurage et
- un fut de boisseau en bois faisant le boisseau mesure marchande de Machecoul et ajusté suivant le procès verbal de comparaison de mesure du quatorze octobre mil sept cent trente sept et
- un autre fut faisant et servant pour l’ajustage des demy boisseau dite mesure marchande de Machecoul, laquelle espèce de demy boisseau est la seule en usage dans le commerce par rapport à la comodité, le boisseau entier étant trop lourd. »
- la nouvelle marque, « laquelle est double à deux faces carrés des armes de cette seigneurie , l’une pour marquer les boisseaux dans le fond et l’autre dans le tour et fait de façon que les deux marques peuvent se faire par la mesme opération ».


Jacques Bourdon, boisselier de la ville, fut chargé, le serment pris la main levée, de vaquer aux « visite, confrontation et ajustage des boisseaux qui seront aportés et à la marque d’iceux ».

Il commença par vérifier le boisseau de bois mesure marchand de Machecoul présenté par le procureur fiscal.
« Il a mis du mil dans la tremye, de laquelle il en a fait tomber et remply, premierement le boisseau matrice mezure raze de Machecoul et le seiziesme de la mesme mezure, la trémye vidée, il a versé lesdits boisseau et seiziesme de boisseau dans laditte trémye et de laditte tremye les a fait tomber dans le fut de boisseau de bois ajusté pour faire le boisseau marchand dudit Machecoul .. . et (nous) avons remarqué que ledit boisseau de bois contient, comme lors du procès verbal du quatorze octobre mil sept cent trente sept, justement le boisseau mesure marchande. Il a versé dudit boisseau… le mil dans laditte tremye et à fait tomber dans le fut de boisseau que le procureur fiscal nous a dit estre la moitié dudit boisseau marchand de Machecoul et ayant remply ledit boisseau par deux fois, la trémïe s’est trouvée entierement vide de façon que ledit fut fait justement le demy boisseau mesure marchande de Machecoul et peut servir pour l’ajustage des demis boisseaux qui seront aportés. »

Cette vérification sera répétée chaque fois devant les différents marchands qui se présenteront avant de procéder à l’ajustage et au marquage de leurs fûts.

Michel Legrand, de la paroisse Sainte-Croix, marchand, fermier des droits de minage à la halle, présenta quatre fûts non marqués qu’il a dit avoir fait faire pour lui servir de demi boisseau-marchand pour faire son commerce et « quatre petits fûts aussi non marqués pour lui servir dans la recette du droit de minage qui consiste dans un trente-deuxième du boisseau marchand. par chaque boisseau exposé à la halle de Machecoul ».

A défaut de présentation et d’utilisation de boisseaux non contrôlés, les contrevenants « quelques qualités et conditions qu’ils soient, (doivent) s’abstenir, passé ledit temps, de se servir de boisseaux autres que ceux qui seroient marqués de laditte nouvelle marque, avec déffence expresse de les border, à peinne contre ceux qui se serviroient de boisseaux bordés et marqués de l’ancienne marque, de confiscation desdits boisseaux, de cinquante livres d’amende contre chaque contrevenans, applicable moitié au Bureau des pauvres de ce lieu et l’autre moitié au profit de cette seigneurie et de plus grande peinne s’il y echoit et mesme d’estre poursuivy extraordinairement contr’eux en cas de récidive. »

Le mercredi premier février mil sept cent quarante et un, le Sr. Praud de la Nicollière présenta : « un fût de demi boisseau, à trois pieds de fer, lié du bas en haut par dehors de trois bandes de cuivre jaune et bordé par le haut de même cuivre, sur le fond duquel par dehors sont gravées les lettres M.P.Mau. et sur les costés d’iceluy en dehors il y a deux empraintes a feu, des armes de cette seigneurie, qu’il a dit avoir, cedit jour, saisi sur un particulier à lui inconnu, audit marché, environ les unze heures, en présence de Pierre Poirier Md. de cette ville et de son valet, pour avoir vû et entendu un autre particulier à luy inconnu se plaindre à la femme Lusteau fermier du minage que ledit fût demi boisseau étoit de trop petite mezure et que ledit boisseau apartenoit audit Lusteau minageur,et que ledit demi boisseau il a déposé au Greffe après avoir signé une bande de papier attachée au fond d’iceluy par dehors avec un scellé du sceau de cette seigneurie pour valoir ce que de raison.» et l’après-midi du même jour le greffier note le complément de déclaration du sieur Praud relatif à l’inconnu : « Il a apris que ledit homme se nome Charles Baril, auquel le nomé Grossin, farinier de Bois de Céné l’avoit donné. »

Durant le XVIIIe. nous verrons périodiquement différentes plaintes être constatées concernant le prix, le poids et la distribution du pain… 

Source : ADLA
 

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