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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 15:31

« Déclaration au sujet de la condemnation du navire L’Ange Gabriel de Nantes

Du 15 avril 1749

A comparu le sieur Gilles Fourneau cy devant capitaine commandant le navire nommé L’Ange Gabriel

de  Nantes du port d’environ 60 tonneaux  armé de 8 canons et 2 pierriers et equipé de  17  hommes  tout

compris  par n.h. Jean Goffran negt. a Nantes y demeurant à Chézine parsse. de St Martin de Chantenay bourgeois

&  armateur dudit navire duquel ledit Sr Fourneau le serment pris la main levée devant nous il a promis et juré

de dire verité  ensuite de quoy il nous a dit et declaré qu’il seroit party du bas de cette rivière avec ledit

batiment L’Ange Gabriel le  1er de 7bre 1746 pour aller a l’Amerique chargé de marchandises

permises, que pour cet effet il se rendit a l’isle d’Aix pour y joindre le convoy le 6 du meme mois de 7bre, ou

il resta  jusqu’au 6  8bre suivant , auquel jour il en fit voille avec les autres vaisseaux marchands

composant la flotte sous l’escorte de 4 vaisseaux du Roy, qu’ils arriverent au Fort Royal le 28 du

 mois 9bre de ladite année 1746 jour auquel  ledit declarant  tomba dangeureusement malade de la

maladie du pays espece de colique qu’il ne luy aurait pas permis d’agir a

aucunne de ses affaires et meme pour ainsy dire sans connoissance

jusqu’au septieme jour de son arrivéee, qu’il partit (avec ledit navire rayé)

pour le Fort Saint Pierre ayant encore la fievre (ou il arriva le 4 octobre

suivant auquel rayé) pour remettre une lettre de recommendation que luy auroit été

remise par son armateur le Sr. Gauffran pour le Sr. Rabier negociant audit Saint Pierre qui luy

promit de luy rendre service et faire tout son possible pour procurer au declarant du fret

et qu’il n’auroit pas manqué de fret si le convoy n’auroit party que d’en deux ou trois

mois pour le plus tard.Le declarant luy repondit que s’iltrouvoit son chargement a

l’entier quoyque le fret ne valloit pour lors que 48% pour livre de sucre ainsy que des autres

danrées a proportion, lequeldit declarant  donna pouvoir audit Sr. Rabier de freter

a  30% pourveu qu’il eut trouvé sondit chargement a l’entier, et luy comparant

auroit fait egallement tout son possible pour pouvoir trouver son chargement

ayant meme fait plusieurs voyages du Fort Royal au Fort Saint Pierre et de ce dernier

endroit au Fort Royal sans pouvoir trouver que 30 bariques a 30% tel qu’il l’avoit

laissé, le convoy ayant eté trop pressé de partir et n’auroit pû trouver daventage de fret

pour pouvoir repartir avec le meme convoy. Malgré tous les mouvements

que ledit Sr. Rabier et ledit declarant peurent se donner l’un et

l’autre furent inutiles et ont eté dans l’obligation de rester a ladite isle Martinique

en esperant un nouveau convoy ou quelque ordre dudit Sr.Gauffran son armateur

comme tous les autres capitaines firent ne leur ayant par permis de partir sans

avoir quelques ordres de leurs armateurs, que le general leur fit une deffense de

partir sans ordre de leurs bourgeois et de rester en la susdite isle en attendant

un nouveau convoy, adjoutant que ses ordres etoient de partir et revenir en

France avec convoy, que ledit Sr. declarant s’etant rendu au Fort Royal il continua

d’y chercher fret ou n’ayant pas trouvé il fut obligé de prendre le party de conduire

le navire a Saint Pierre ou il fit la decharge et vente des marchandises de son

chargement, apres quoy l’ivernage etant sa ruine et ne venant point de convoy il fut

obligé de conduire son navire au Fort Royal avec seullement 17 bariques de

sucres et son lest, ou etant il y iverna, et apres l’ivernage il reconduisit le navire

au Fort St Pierre avec environ 68 a 70 bariques de sucre, cinq

balles de cotton, 4 grosses bariques et plusieurs quart de caffé ou etant

une voye d’eau s’etant declaré peu a peu au batiment laquelle par la longueur de

tems seroit augmentée d’une manniere a pomper presque toutes les heures, ce qui

obligea de faire decharger les autres marchandises qui etoient a fret  fors 4 bariques

de sucres appartenant a la carguaison,lequelle dittes marchandises furent mises

en un ponton pendant qu’on carena le navire dont les doublages se trouverent

entierement pourris et piqués de vers jusqu’à la quille et six ecars de largue avec

plusieurs gouvernables pourris egallement dans les deux bouts d’estints  en son arcasse, et

qu’apres ledit carenage fait et le navire retably ledit declarant y fit remettre  les susdites

marchandises qui en, avoient eté dechargées et qu’il resta en cette situation audit lieu de la

Martinique toujours dans l’esperance d’y finir son chargement et qu’il fut venu un convoy

pour revenir en France et que s’etant ainsy ecoulé quatre mois depuis sondit carenage

il alla trouver le General pour obtenir la permission de partir quoy qu’il n’y eut point

de convoy, ce qu’il ne voulut pas luy permettre luy disant qu’il ne pouvoit le faire sans

avoir un ordre expresse de son armateur et qu’il resta ainsy jusqu’au 10 juillet 1748

auquel  jour etant  facheussement survenu une autre voye d’eau audit navire l’Ange

Gabriel qui fut causé par les vers qui avait picqué le franc bord , l’equipage du

declarant ayant presenté une requeste au siège d’Amirauté dudit lieu il fut ordonné que la visite

du navire seroit faite, et apres visite faite le navire fut jugé incapable de naviguer  par sentence

du 27 du meme mois de juillet a moins d’y faire un radoub qui se seroit monter a la somme de douze

mille livres a quoy le declarant n’etoit point en etat de subvenir ne trouvant aucun argent ny

credit sur les lieux, n’ayant que quatre bariques de sucre pour le compte de la carguaison pourquoy lesdites

marchandises furent vendus aux chargeurs et les 46 bariques de sucres de ladite carguaison furent

ensuitte envoyées en France a l’adresse du Sr. Gauffran, que le navire fut vendu par ministere de

justice a la somme de neuf mille vingt livres sur laquelle dite somme il auroit payé a diverses

les emprunts qu’il avoit eté obligé de faire pour les necessités du navire independamment de trois lettres

de changes qu’il avoit obligé de tirer sur ledit Sr. Gauffran , et qu’ensuite il s’embarqua sur le bateau

la Societté de la Rochelle, capitaine le Sr. Pierre Sauvage pour venir en France, lequel partit

de la Martinique le 2 7bre de ladite année 1748 et que le batteau  par mauvais tems et manque

de vivres, voilles et manoeuvres  et ouvrant de tout coté faisant vent arriere fut dans la necessité

de relacher a Milfort en Angleterre le 14 9bre suivant et comme

l’equipage dudit batteau egalement queledit declarant n’etoient pas prevenus que

la suspension d’armes etoit continuée qu’au contraire ils la croyaient finie en France

ledit Sr. Sauvage fit jetter a la mer ses pacquets pour la Cour avec des papiers pour

en ôter la connoissance aux anglois et ledit declarant etant malade alors, ayant dit

au garcon de chambre de jetter a la mer des lettres et papiers et meme le journal ..

dans le coffre du declarant il y jetta effectivement tout ce qu’il trouva de papiers et

lettres sous sa main du nombre desquels etoient les ordres que son bourgeois  luy avoit

donné, les certificats de la decharge des engagés et fusils boucanniers et presque tous les

recus des payements qu’il avoit fait a la Martinique avec deux inventaires des ventes de nipes

de deux decedés de son equipage et qu’il ne lui resta que tres peu de papier qui se

trouverent dans son livre de vente qui etoit parmi ses hardes, et que ledit batteau la

Societté ayant fait voile d’Angleterre  il se rendit à La Rochelle au mois de fevrier dernier

ou le declarant raporta sa mauvaise santé resta jusqu’au 22 mars suivant

auquel  jour il se rembarqua sur une barque l’a conduit jusqu’aux Sables

d’Olonne duquel dernier endroit il s’est rendu par terre a Nantes etant alors

malade, declare de plus que le nommé Joseph Buguelet  matelot de St Malo et Jullien

de la Meuze charpentier sont decedés , Scavoir ledit Buguelet au Fort Royal le 11 7bre 1747 et

ledit de la Meuze a l’hopital du Fort St Pierre le 9 janvier 1748, lequel dit Baguelet auroit

laissé quelques nipes dont auroit été fait l’inventaire et vente qui se seroient trouver du nombre

des papiers jettés a la mer comme il l’a cy devant déclaré et quand audit la Meuze  il n’avoit

rien laissé apres sa mort, et que les nommé Joseph Gabory, chirurgien, Jean Baptiste Chardin

maitre, René Auvry matelot, Julien Gris novice, Thomas Philibert aussy novice Francois

Cerviere aussy novice, Joseph Taillé mousse et Thomas Bonnamy aussy mousse sont desertés a la

Martinique. C’est sa declaration  de laquelle lecture luy faite il a declaré y percister et par

icelle attendu tout ce que dessus declaré, il fait toutes les protestations qui se doivent

faire et sont requises et necessaires en pareil cas suivant l’ordonnance vers et contre tous ceux

qu’il appartiendra , reservant meme a faire plus ample declaration et a faire veriffier le tout

par gens de l’equipage dudit navire L’Ange Gabriel en cas de besoin et aussy au cas qu’il se

trouve a Nantes quelques gens dudit equipage et qu’a l’egard de son congé il l’a remis au greffe

de l’Amirauté de Saint Pierre et a signé, quarente neuf mots rayés nuls, interligne que

furent, quatre, et meme son journal aprouvéz.

 

G. Fourneau »

Source : ADLA

 

M. LEGAULT

 

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