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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 09:45

Cette guerre dite de 7 ans (1756-1763) commencée par les anglais sans déclaration préalable, portait sur les limites des territoires des colons anglais et français au Canada. Nos colons sont en nombre limité pour défendre ces territoires. Les hostilités commencèrent par la prise, l’amarinage ou la destruction de trois transports de troupe et de plus de 300 navires marchands.

Lors de la bataille des Cardinaux (1759), l’escadre commandée par le maréchal de Conflans subit un désastre sans précédant. L’escadre anglaise coula et brûla nos navires, obligeant les uns pour échapper à toutes poursuites à se réfugier dans l’estuaire de la Vilaine jusqu’à la fin du conflit et pour les autres  à regagner Rochefort.

Fort de cet avantage, les anglais commandé par l’amiral K/eppel* et le général Hogdson se présentèrent devant Belle-Ile le 7 avril 1761.

Pendant deux mois, le chevalier de Sainte-Croix,commandant de la citadelle, avec ses troupes et les miliciens garde-côtes sous les ordre de Detaille, capitaine garde-côtes général, leur opposèrent une résistance héroïque avant de succomber.

Les conditions du Traité de capitulation en sont le témoignage.

 
            " La Reddition de Belle-Ile : départ des troupes françaises le 11 juin 1761"

« CAPITULATION DE BELLE-ILE

du dimanche Sept juin 1761
Neuf heures du matin

===============

Nous Brigadier des armées du
Roy Commandant dans la Citadelle de
Belle Isle en mer, proposons les articles
de la Capitulation cy après.

Préliminaire.

M. le Chevalier de Ste. Croix, Brigadier des armées
du Roy Commandant à la Citadelle de Belle Isle en mer,
demande que la place ne se rendent que le 12 juin en cas
que d’icy à ce tem, il ne lui arrive point de secours ; qu’en
attendant il ne se fasse nul travail de part n’y d’autre
et qu’il n’y ait nul acte d’hostilité, n’y aucune
Communication des Anglais assiégeans avec les
français assiégés.

Refusé*

Article Premier

Toute la garnison sortira avec les honneurs de la guerre par
la Breche, tambour battant, drappeaux déployés, mèche
allumée et trois pièces de canon avec 12 coups à tirer
chacun ; Chaque soldat aura quinze coups à tirer dans
sa cartouche. Tous les officiers, sergents, soldats et
habitants pourront emporter tous leurs équipages
et bagages. Les femmes suivront leurs maris.

Accordé, en faveur
de la Belle deffence que
la Citadelle a faite sous
les ordres de M. Le Chevalier
de Ste. Croix


Art. 2

Il sera fourni deux chariots couverts, dont les
effets seront déposés dans deux chaloupes
couvertes qui ne pourront estre visitée.

Les chariots couverts seront
refusés ; mais soin sera pris
pour faire transporter tous
les bagages en grande terre
par le plus court chemin.

Art.3

il sera fourni des batimens pour transporter les
troupes françaises par le plus court chemin dans les
ports de France les plus voisins de Belle Isle,
profitant du premier vent favorable.

Accordé

Art. 4

Il sera fourni aux troupes françaises qui seront
embarqués les vivres necessaires pour le trajet, sur
le même prix qu’il est fourni aux troupes de S : M :
Britannique ; et il sera mis sur les batiments
que le même nombre d’officiers et soldats que
les troupes françaises occupent.

Accordé

Art. 5

Il sera donné un batiment, lorsque les troupes
seront embarquées, à M. Le Chevalier de Ste. Croix
Brigadier des armées du Roy, M. De la Ville lieutenant
du Roy, M. De la garigue Colonnel d’Infanterie avec
Brevet de commandant au deffaut de M. Le Chevalier
de Ste. Croix, et Mrs. Les Officiers de L’Etat Major compris
Mrs. de Lartillerie et du Genie, ainsy que les trois pièces
de canons et les soldats du Corps Royal d’artillerie
pour estre tranporté à Nantes, avec leurs femmes,
gouvernantes, domestiques et equipage qu’ils
ont dans la citadelle, sans qu’il soit permis
de les visiter. Il leur sera fourni des vivres du
batiment comme l’on en donneroit aux
officiers anglais de pareils grades.

Soin sera pris que tous
ceux qui sont nommés
dans cet article seront
transportés au plustôt
à Nantes avec leurs
bagages et effets, de même
que les trois pièces de canons
accordés dans le pr. article.

Art. 6

Après l’expiration du tems porté par le pr. article ;
il sera livré une porte de la citadelle aux troupes de
S :M : Britannique, a laquelle il y aura une garde
française de pareil nombre, jusqu’au moment que
les troupes du Roy sortiront pour s’embarquer. Il
sera consigné aux deux gardes, de ne laisser entrer
aucun soldat anglais, n’y sortir aucun soldat
français sans la permission de leurs généraux.

une porte sera livrée
aux troupes de S :M : Bri.
dès le moment que la
Capitulation sera signée
et un nombre egal de
troupe française
occupera la même porte.

Art. 7

Il sera accordé un batiment à Mrs. les Commissaires
des Guerres et Tresoriers ou ils
pourront emporter tous leurs equipages
leurs secretaires, commis et domestiques, sans
qu’il leur soit fait aucun tort ni visite ;
ils seront conduits aussy et ainsy que les
troupes, au port le plus voisin.

Accordé

Art. 8

MM Detaille Capitaine garde coste général,
Lami major, deux lieutenants de canoniers et 90 canonniers
gardes côtes, soldés par le Roy, seront les maitres
de rester dans Belle Isle, ainsi que tous les
habitants sans qu’il leur soit fait aucun tort
dans leurs personnes, leurs biens meubles
et immeubles, barques et filets, et s’ils ont envis
de vendre leurs biens pendant l’espace de six mois
et de passer en grande terre, il ne leur sera fait
aucun empechement, mais au contraire
presté tout secours et passeports necessaires.

Ils resteront dans l’isle
sous la protection du Roy
de la Grande Bretagne
comme les autres habitans,
ou seront transportés en
grande terre, avec la
garnison, a leur choix.


Art. 9

M. Savignon, Commis du Tresorier des troupes
françaises pourra rester à Belle Isle avec
sa famille ou venir en grande terre avec les
memes prerogatives, ainsy que l’armurier,
les canonniers bourgeois, les gardes magazin,
tous les ouvriers attachés à L’artillerie et au
Genie.

Accordé pour rester
dans L’Isle sur le pied
des autres habitants
ou bien estre transporté
en grande terre à son choix.


Art. 10

La Religion catholique, apostolique et Romaine
sera exercée dans l’Isle avec la même liberté
que sous ladministration française, concervant
leurs Eglises avec leurs Recteurs, Curés et autres
prestres, qui, en cas de mort seront remplacés
par l’Eveque de Vannes ; Ils seront maintenus
dans leurs fonctions, Privileges, Immunités et
Revenus.

On accordera à tous les
habitants sans distinction
l’Exercice libre de leur
Religion.
L’autre part de cet
article doit nécéssairement
depandre du bon plaisir de S :M : Bri.


Art. 11

Les Officiers et soldats qui sont aux hopitaux
de la ville et de la cité jouiront des mêmes
traitements que la garnison, et après leur
guerison il sera fourny les batiments
nécéssaires pour les transportés en france.
En attendant il leur sera fourny les
subsistances et remede jusqua leur
depart, suivant les etats qu’en donneront
Le controleur et chirurgien qui seront
visés par le commissaire français qui
restera à Belle Isle.

Accordé

Art. 12

Après le terme expiré par le premier article
il sera donné des ordres pour que les
Commissaires tant de L’artillerie, du Genie
que des vivres viennent faire l’Inventaire
de ce qui se trouvera dans les magazins
du Roy, sur lesquels il sera fourni en pain,
vin, et viande la subsistance aux troupes
française, jusqu’au moment de leur depart,
sur le même pied qu’ils l’ont actuellement..

On fournira toutes
les subsistances nécéssaires
sur le même pied que pour
les troupes de S :M :
Britannique jusqu’à
leur depart.

Art. 13

M. De Crauford géneral Major, ainsy que
tous les Officiers et soldats prisonniers anglais
qui ont été faits depuis le 8 avril 1761
inclusivement, seront mis en liberté
après la Signature de la capitulation et
et degagés des paroles qu’ils ont données
jusqu'à ce jour ainsy que les officiers
francais de differents Grades, volontaires,
sergents et soldats qui ont faits prisonniers depuis
le 8 avril.

Les officiers et soldats anglais
prisonniers de guerre seront libres
dés le moment de la signature de la
capitulation.
Les officiers, les soldats
français prisonniers
de guerre seront echangés
suivant le cartel de l’ecluse

Tous les articles cy dessus seront
executés de Bonne foy de part et d’autre.
Les interprétations de ceux qui pourroient
estre douteux seront traités à
L’amiable.

Accordé

Il sera envoyé après la signature, des
ôtages de part et d’autre, pour la sureté
des art. de la capitulation.

Accordé

Toutes les archives, registres, papiers
publics et ecrits qui peuvent regarder le
Gouvernement, seront remis de bonne foy
aux Commiss(ai)res du Roy de la G. B.

Trois jours seront accordés pour
l’evacuation de la Citadelle, et les transports
necessaires pour l’embarquation seront prets
pour recevoir la Garnison et leurs effets.

Un officier français sera chargé pour
livrer toutes les munitions de guerre et de
bouche et generalem(en)t tout ce qui appartient
au Roy T(rès). Ch(retien)., à un commissaire anglois chargé
à cet effet ; un officier sera ordonné de nous
montrer toutes les mines et
souterrains de la Place.

Fait et arrêté triple le 7 juin 1761
signés
Le Chevalier de Ste. Croix        J. hodgson           a. Keppel »

A ce texte sont joints les commentaires qui suivent :

« Le pillage qui s’etoit exerceé, touttes fois,
cependant à l’encontre des ordres du general, depuis
l’entrée de l’ennemy dans le Palais jusqu’au jour
de la proposition de ce traité, cessa dès le moment qu’il
fut reçu, et les postes furent relevés par de nouveaux
Picquets des régiments cy après descendus à terre en deux
fois pour l’expedition secrette de Belle Isle ; Scavoir
Le 22 avril
Vhitmorres, Beauclercks,Pammures, Londons
Ershins, Craufords, Morgans, les deux bataillons de
Rufancs, les deux Independans appellés Grays et
Stewart.
Et depuis ledit jour,
houards, Boscaven, Craufords, Lord Robert Manerois,
six troupes de Bourgoynes legere cavalerie.

Les batteries formées par l’ennemy depuis la
Prise des redoutes, a dessein de faire breches, etoient
au nombre de dix parachevées contenantes ensemble
97 bouches à feu. Scavoir ;
45 canons, 5 mortiers à bombe, 18 haubusiers
et 29 cochorns à grenade royale avec une autre
batterie de 4 canons seulement commencée.

Lesquelles ont toujours eté gardées par les
soldats de l’artillerie jusqu’au depart des troupes
françaises qui s’est fait le 11 juin, et amis Sa
Majesté Britannique en possession de la Citadelle
au termes du Traité de la Capitulation. »

Toutes les mentions en italique sont les réponses aux demandes françaises formulées. 

Source : ADIV
Transcription M. Legault

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