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6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 11:55

Plus connu sous le nom de « TOUR D’ARUNDEL ». Un premier phare est mentionné au XIIIe siècle sous le nom de « phare de la Pierre à Masson » ou « pharaillon de la Chaume », mais il semble plus qu’il s’agit d’un amer parfois allumé la nuit. Au début du XVIIIe, il était équipé d’une lanterne à quatre liens de fer avec un vitrage enfermant une « lampe ardente à grosse mèches pour servir de guide aux vaisseaux. Il fut  foudroyé à coup de canon en 1769. La tour est vendue en 1794 comme bien national. Ce phare fonctionne encore de nos jours. Article suivi d'une notice sur le chevalier de la Coudraye.



« Mémoire sur le feu de côte de la Chaume aux Sables d’Olonne, par Le Chevalier de la Coudraye, ancien lieutenant des vaisseaux du Roy ./.

Le Phare actuellement existant aux Sables d’Olonne, connu sous le nom de feu de la Chaume, est dans un état qui le rend également ridicule et dangereux. Il n’est point d’année où il n’y ait des naufrages à cette côte ; et il n’en est point où plusieurs batiments n’attribuent leur perte au mauvais état du feu. Un événement frappant, entre autres, fut celui du 3 Décembre 1785. La Sainte-Anne de Granville, venant de la pêche de la morüe, s’affala, pendant la nuit, presque sur la ville même, à terre des rochers très dangereux nommés Les Barges d’Olonne. Bientôt ce navire échoua et fut mis en pièces. Plusieurs matelots périrent sous les yeux d’une foule de spectateurs ; Les autres abordèrent sur les débris. Je les entendis moi-même attribuer leur perte à ce qu’ils n’avoient pas vû le feu, qui les eut averti et préservé ; et ils ne pouvoient croire, qu’étant aussi près de terre, il eut été réellement allumé sans qu’ils l’eussent vû ./.

L’établissement de ce feu est très ancien. Un arrêt du Conseil d’Etat du 14 Mars 1758, qui mantient M. Le Duc de Boutteville dans la possession du droit de feu aux Sables, relate des Lettres-Patentes de 1593, où il existoit déjà comme il est aujourd’huy. Aux termes des conventions faites, et rapportée dans le dit arrêt du Conseil d’Etat, Le feu doit être composé d’une lampe ardente à quatre mèches, où d’un flambeau au choix et option des habitans : mais par usage il consiste en deux chandelles, de demi-livre chacune, placée sur un chandelier sans réverbère. Cela seul suffiroit pour faire connoître toute sa défectuosité. D’abord des Chandelles ne peuvent être employées avec avantage parcequ’on sçait combien elles perdent de leur clarté, quand elles ne sont point mouchées et entretenues. Le fanal lui-même trop resserré ne peut être que promptement obturey par la fumée. La qualité des vitres, le manque de soins effet necessaire à l’éloignement du Gardien logé au Bas de la Tour ; la Construction du fanal surchargé de bois, contribuent encore à amoindrir cette faible clarté, aussi est-il fort ordinaire de ne point appercevoir le feu de l’extrémité de la ville même, à une distance de cinq cent toises. La Tour d’un autre côté placée au-dedans du Port, au lieu d’être portée sur le Bord de la côte, concourt à rendre ce Phare d’un moindre effet. Enfin les abus viennent se joindre à tous ces vices, et il necessaire d’entrer à cet égard dans quelques détails ./.

La Ville des Sables d’Olonne ne relève point du Roy. Le seigneur qui afferme cette terre, l’afferme avec tous ses droits parmi lesquels est compris celui du feu. Ce droit consiste dans un péage de 15 £ par voyage, pour chaque navire au dessus de 80 tonneaux appartenant au Port des Sables et allant en long cours, et de cinq sols par tonneau pour chaque autre Batiment entrant ou sortant du Port, mais par usage est réduit aux deux tiers de cette somme, c’est-à-dire 3s. 4d.. Il est assés extraordinaire qu’un droit fixé et maintenu par un arrêt si moderne à cinq sols, ne soit cependant perçu que sur le pied de Trois sols quatre deniers : mes recherches à ce sujet m’ont conduit à penser que la fait n’avoit point d’autre cause qu’un aveu tacite de la Défectuosité du feu. Cependant un relevé fait en 1784, 1785, et 1786 du nombre total des Batiments entrés aux Sables, et de leur port en tonneaux donne 9386 Tonneaux pour année commune, dont 3185 Tonneaux appartiennent à Trente navires du Port des Sables expédiés pour la pêche, ce qui donne droit de conclure que ce Péage forme un montant de 1466 £ 16 s. 8 d. par an. Le fermier qui demeure au Château d’Olonne à trois quart de lieuë de la ville paie lui-même un gardien pour le service du feu, et il n’est déterminé dans son choix que par le meilleur marché. La Solde des gardiens actuels, qui ont cet employ depuis quatorze ans, est de vingt quatre livres par (an), et deux livres de laine ; et depuis la mort du chef de la famille, arrivé il y a deux à trois ans, ce service n’est même fait que par des femmes. Au surplus il est à croire que, vû l’état des choses, aucun autre ne le rempliroit mieux. Le fermier fournit soixante livres de chandelles par mois en hivert, et trente livres en été, de sorte que l’hivert on doit renouveller les deux chandelles à minuit. En estimant à 360 £ ces divers frais, il en résulte que le droit de feu forme un Bénéfice de mille à douze cents livres par an, non compris les réparations. Les chandelles sont faites à l’Epargne chés le fermier, et leur inspection seule suffiroit pour le prouver. Je me garderois bien de répondre qu’elles fussent toujours renouveller exactement à minuit ;
et je me crois fondé à penser que souvent les deux ne sont point allumés à la fois, mais la seconde forme un petit casuel pour les gardiens. L’amirauté à bien sans doute une inspection directe sur cet objet, mais dans une petite ville, où tous les états sont rapprochés, les officiers de ce siège craignent de gêner les droits du seigneur, de s’en faire un ennemi, et de se brouiller avec une partie de leurs concittoyens. Ainsi donc, seigneur, fermier, gardien, tous sont indifférents à une meilleure tenue, et le marin ne sçait à qui porter ses plaintes. Il y a eu des procès par devant l’amirauté pour refus de payement du droit de feu fondés sur sont état d’innutilité. Les Capitaines ont été constamment condamnés parce que le seigneur n’est pas tenu en effet à un meilleur entretien. Cependant il seroit préférable en ce cas de supprimer tout à fait ce feu, en publiant sa suppression, parce que les batiments moins confiants employeroient d’autres moyens de vigilance et que le commerce se trouveroient soulagé d’un droit onéreux ./.

Le feu ne peut donc raisonnablement rester dans cet état actuel où il est. Sans doute qu’avec des lampions et des réverbères, on pourroit lui donner un peu plus d’avantage ; mais vû sa construction, son emplacement et la petitesse du fanal, il est peu à gagner à cet égard. La Tour d’ailleurs sur laquelle il est placé tombe en ruines. Le meilleur seroit donc réellement de construire un autre Phare ; mais cette dépense considérable, et que l’on ne peut pas estimer au dessous de vingt mille écus, demande par cela même d’être discutée. Il faut d’abord considérer si un feu aux Sables est très important, et je ne seroit point étonné que les avis ne fussent semblables sur cet objet, faute d’envisager la question sous le même point de vuë. En effet si l’on n’avoit égard qu’aux Batiments qui font la navigation du long cours, ce feu n’auroit que peu de conséquence parce que Les Sables ne sont point un lieu d’atterrage. Il seroit même à craindre qu’il ne fut confondu quelque fois avec celui de L’Isle de Rhé, il seroit alors mieux placé à l’Isle Dieu. Mais si l’on observe le cabotage, la pointe de la Chaume devient très interessante, parce qu’elle est saillante en mer entre les deux isles dont on vient de parler, ainsi qu’on peut le voir sur la carte ; parce que la Bâture des Barges la rend très dangereuse ; surtout parce que les marées qui portent avec force sur la Pointe de la Tranche ne permettent pas aux vaisseaux bien estimer leurs bordées pendant la nuit, et qu’il s’en perd par cette raison régulièrement tous les ans sur ce point de la côte, et quelques fois dans un nombre effrayant ; enfin parce que c’est un lieu de passage continuel pour les batiments qui abordent La Rochelle, à Rochefort et à l’Isle de Rhé. Des fenêtres de ma chambre, d’où les regards s’étendent sur la pleine mer, j’estime qu’il passe chaque jour, l’un portant l’autre, dix batiments à vuë non compris ceux de la nuit, l’éloignement et l’inattention me dérobent. Aussi Les Sables sont-ils pendant la guerre un rendez-vous presque continuel pour les corsaires ennemis. J’ai été temoins de plusieurs actions et de plusieurs prises. Le 16 mars 1782, la gabarre du Roy L’Esturgeon, commandée par Mr. Dervit officier-auxiliaire, fut obligée de venir chercher protection sous les Batteries de la Chaume et de Tanchet, contre des corsaires qui la poursuivoient. Le 14 juillet 1782, Le lougre du roy Le Triumph commandé par Mr. Bertrand de K/anguen lieutenant de frégate et escortant dix Batiments à Rochefort, fut contraint d’entrer dans ce port avec toute sa flotte attaqué par quatre corsaires dont les boulets venoient jusqu’à terre ./.

Un feu aux Sables me paroît donc essentiel, mais il faut considérer encore les dépenses de cet objet qui deviendroient à charge si elles devoient être supportées par le seul département de la Marine. Voicy donc mes idées à cet égard que je conçois cependant pouvoir être soumises à des considérations plus puissantes, comme elles doivent l’être à La Sagesse plus clairvoyante du ministère. Le Roy fait faire des travaux considérables au port des Sables, ainsi qu’on peut le voir sur le plan particulier de la ville qui est joint à ce mémoire. Le remblai, les jettées, le quai des Sables, La plus grande partie de celui de la Chaume sont déjà faits et exécuter avec une magnificence qui feroit honneur au Port de Brest même. Il reste à continuer le quai de la Chaume et à construire ensuite le Bassin et les écluses. Ces travaux sont faits sous la direction du corps des Ingénieurs des Ponts et Chaussées avec un fonds de Quarante mille livres levé extraordinairement pour cela tous les ans sur deux des Elections de la province du Poitou, et auquel Le Roy contribuë pour deux autres tiers, c’est-à-dire pour 80000 livres. C’est de ces fonds, de cent vingt mille livres par an, qu’il me semble possible et convenable de Bâtir un nouveau Phare. J’appuie à cet égard sur une reflexion puissante et vraye, c’est que ce Phare seroit infiniment et incomparablement plus utile encore à la navigation, même à celle du Port, qu’aucun des autres ouvrages que l’on exécute. Au surplus si on pensoit que cette entreprise dût être précédée d’une requête où demande des marins et des principaux interressés de la ville, je crois certain que tous la signeroient avec le plus désir d’obtenir son exécution. Ce point rempli, il resteroit à pourvoir à une autre dépense, qui est l’entretien du feu. La Tour du feu faisoit partie autrefois d’un château militaire dont on voit encore les fossés et l’enceïnte ; mais je n’ai pu découvrire l’époque ni de sa fondation ni de son abandon. On raconte dans le paÿs, avec des circonstances qui rendent le fait probable, qu’il existoit un commandant de ce château, lorsque la ville des Sables fut Bombardée en 1696. On ajoute que quoique cette place ait été supprimée, les appointements ne l’ont pas été et tombent dans des parties casuelles du Département de la Guerre. Ce sont ces appointements qu’il seroit avantageux d’obtenir pour l’entretien du feu, en les considérant comme attachés à La Tour du feu, et non à la Tour d’un château militaire ; et je bien encore qu’il seroit possible que la requête des habitants désignât et demandât cet objet si on la jugeoit convenable. C’est de cette sorte que le Ministère de la Marine opéreroit une revolution très avantageuse sans nouvelle dépenses de sa part. Alors le feu construit aux dépends du gouvernement, pouroit, même en ressortissant s’il étoit nécessaire de L’amirauté, être soumis à l’inspection du Chef et du Commissaire des Classes pour assurer sa bonne tenuë. La Place du Gardien seroit à leur présentation ou à leur nommination feroit le Bien être d’un ancien marin du Port et de sa famille. Alors encore on pourroit soulagé Le commerce du Droit de feu, soit en totalité, soit en partie, et accréditer le seul port de la vaste et riche Province du Poitou. Mais si ces appointements, ou l’espoir de les appliquer à cette destination ne sont qu’une chimère, on pourroit au contraire maintenir, où même augmenter un peu le droit de feu et qu’une meilleure tenuë semble autoriser. On pouroit y réunir un droit de Balises qui se perçoit aux Sables, et qui est à peu près de dix sols par entrée et par sortie pour chaque bâtiment. Ce servoit à l’entretien des Touners ou Bouées placées dans le Port pour indiquer le chenal, mais sont totalement inutiles depuis la construction des quais, puisqu’il suffiroitd’indiquer par une marque à terre les légères variations qu’il pourroit éprouver, si tant est qu’il en arrivât. Peut-être ce droit de Balises tient-il par quelque côté aux prérogaives de L’amiral, mais il n’est impossible de penser que ce Prince eut à cœur de maintenir une inutilité ./.

Cependant il se presente une difficulté pour l’exécution de ces projets. C’est le droit du seigneur sur ce feu : Droit honorifique, lucratif et incontestable tout à la fois ; qui lui a été confirmé par l’arrêt du Conseil d’état du 14 Mars 1758 ; et qui est fondé sur les Titres les plus authentiques dont il est fait mention dans le dit arrêt. Mais cette difficulté ne semble pas insurmontable. On peut conserver au seigneur un cens ou redevance légère sur cet objet pour perpétrer le Droit honorifique. La partie lucrative peur être payée, et un bénéfice de mille à douze cent livres ne forme qu’un capital de vingt à vingt-quatre mille livres. A l’égard de son consentement, il est peu probable qu’il puisse le refuser d’après les considérations suivantes. L’arrêt du Conseil de 1758, ainsi que tous les autres titres antérieurs obligent le seigneur à l’entretien de la Tour aussi bien que du feu. Il doit donc la faire réparer parce qu’elle tombe ; une si grosse dépense est allarmante pour tout particulier. Son insuffisance srviroit de réplique, s’il vouloit objecter qu’elle peut durer encore quelques années dans l’état où elle est. Enfin il me semble que lui-même seroit embarassé, si on lui observoit le besoin absolu d’un feu, la nécessité de réformer celui-cy, qui n’a pû subsister ainsi que par l’ignorance d’une des parties contractuelles, contre laquelle tous les marins réclament ; et l’obligation où il est de rebâtir la Tour pour avoir un fanal plus spacieux et mieux disposé. Mais le Patriotisme seul suffit pour faire croire que le consentement du seigneur n’apportera aucun obstacle au Projet ./.

Supposons à présent que le ministère soit décider à élever un nouveau phare, et en considérant qu’el doit être le lieu de son emplacement. Il se présente trois points dont on va discuter les avantages et les inconvénients. Le Point C, où est l’ancien Phare offre les fondements et les matériaux de la Tour et de l’ancien château sur un terrein de Roc, et conséquemment il présente une idée d’économie. J’ai estimé que la hauteur du feu étoit de 96 pieds au dessus du niveau de la mer et de 66 pieds au dessus du terrein, de sorte que celui cy à lui-même trente pieds d’élévation. Cette hauteur domine au dessus du côteau de la Chaume, et elle est suffisante pour que le feu puisse être apperçu du large, c'est-à-dire dans l’ouest et dans le nord-ouest, lorsque la lumière sera vive, ainsi cette position du Phare ne formeroit point à cet égard un obstacle. Cependant l’Epargne ne peut être que peu considérable, parce qu’il faudroit abattre la Tour toute entière, et qu’il ne s’agiroit plus que de transporter les matériaux ailleurs. Il faut convenir aussi que cette situation du feu très en dedans du Port est désavantageuse. Souvent son aspect doit être troublé par les vapeurs qui s’élèvent de la terre et donnent des apparences fausses qui ne permettent pas de juger sainement des distances. Je pense que la position C de l’ancien Phare doit être abandonnée ./.

Le Point E, où est un corps de garde, est le point le plus élevé du côteau ; il auroit consequemment l’avantage d’avoir besoin d’une moindre élévation de Bâtisse. Quoiqu’il fallut fonder la Tour sur le sable, ce sable est tellement pressé et égal que l’on bâtit dessus avec beaucoup de solidité. Ce point à de plus l’avantage d’être situé le plus convenablement pour être le mieux apperçu du large et de tous les endroits de l’horizon ./.

Cependant je préfererois le Point D où Pointe St.Nicolas. La raison de cette préférence est que le feu marqueroit alors l’entrée du Port, circonstance qui dans quelques cas pressés peut-être utile à un vaisseau forcé de faire côte pendant la nuit. En effet on est en perdition, corps et biens, partout ailleurs que sur la plage des Sables, le feu ainsi placé peut être dans quelques cas permettre de venir chercher le Chenal du Port et d’y échouer de préférence. La Pointe St. Nicolas à encore l’avantage que n’a point le corps de garde E, d’être connuë de tous les marins et portée sur toutes les cartes. Son fond est de Roc, et son élévation au dessus du niveau de la mer d’environ trente cinq Pieds. Il y avait autre fois à cette pointe une église qui existe encore, mais qui sert depuis la dernière guerre de magasin d’artillerie pour le service de la Batterie qu’on a élévé à cette même Pointe. Peut-être seroit-ce un avantage que le Gardien du feu le fut aussi de la Batterie ; Cependant si l’on craignoit le mélange de deux autorités de la mer et de la terre, il est facile de les séparer. Au surplus je saisirai cette occasion de dire qu’il seroit absolument convenable que, du moins pendant La Guerre, l’autorité fut confiée aux Sables à quelqu’un du département de la Marine, tant pour surveiller la navigation et la manœuvre des corsaires, que pour diriger les deux batteries de la Chaume et de Tanchet. Vingt fois j’ai vû ces Batteries tirer sur l’ennemi pendant les dernières année de La Guerre. Quelques fois elles ont tiré sur nos propres Batiments poursuivis, et cela ne peut surprendre, parce que, leurs bordées les forçant à virer de bord, on jugeoit qu’ils fuyoient, et qu’ils étoient des ennemis eux-mêmes. Ces Batteries, qui doivent avoir du gros Calibre, situées cependant loin des grands arcenaux de La Guerre, seront toujours négligées et mal approvisionnées par d’autres que par la Marine. J’ai vû crever un des Canons ; la poudre étoit le plus souvent détériorée ; les Boulets n’étoient pont de calibre, et la portée n’étoit pas la moitié de la portée ordinaire. Le plus souvent on considère les batteries de côte comme de peu d’importance ; et ce qui est vray en général ne l’est point aux Sables. C’est que cette ville à une situation qui lui est entièrement particulière. Elle est tellement au bord de la mer que le remblai n’a été construit que pour la préserver d’être inondée par les flots. Nulle Isle, nul abry devant elle, c’est la lame du large qui brise contre ses murs. Des Corsaires pouroient d’autant plus facilement la mettre à contribution que nul n’auroit L’autorié de former un plan de défense et de réunir particulièrement les marins. Le 29 novembre 1781, j’ai vû les canots de quelques corsaires venir enlever et piller plusieurs Bâtiments qu’ils avoient fait échouer sur la plage de la ville et qu’on auroit préservé avec une seule chaloupe armée. Aujourd’huy qu’un chef des Classes réside aux Sables, pourquoi ne seroit-il pas revêtu d’une autorité suffisante à cet égard ? Ne seroit-ce pas encore une occasion de revendiquer pour le département de la Marine les anciens appointements du château ? Pendant la paix cette autorité seroit encore utile pour établir un ordre inconnu jusqu’ici parmi les chaloupes de pesche, pour porter des Pilotes où des secours aux Batiments du déhors qui en ont besoin et le font connoitre ./.

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Source : Service régional de l’inventaire Pays de la Loire et A.N.

LE CHEVALIER DE LA COUDRAYE :

« Le chevalier de la Coudraye, né le 25 mai 1743, à Fontenay, dont son père était gouverneur, se distingua d’abord dans la marine. Dès 1764, il était reçu membre de l’Académie royale de la marine, à laquelle, en 1770, il adressait les quatre premiers fascicules d’un dictionnaire ayant trait aux choses de la mer, et en 1778 il publiait « La Théorie des vents ».

En 1780, il abandonne le service pour se consacrer exclusivement aux sciences, et fait imprimer successivement un mémoire sur le « Régime Végétal des gens de mer » (1781) et la « Théorie des Ondes » qui lui ouvre les portes de plusieurs académies étrangères.

Au mois d’avril 1787, devenu collègue de Robespierre, à l’Académie des belles-lettres d’Arras, il publie un mémoire intitulé « Observations sur l’histoire naturelle des Sables d’Olonne ». Successivement délégué de l’élection de Fontenay (1787), puis membre de la Constituante où il se fait remarquer par ses aptitudes et une grande compétence dans les questions intéressant la marine, il avait, le 11 décembre 1790, la grande satisfaction de voir un décret réglementer, suivant ses vœux, l’organisation des gens de mer.

Mécontent de la tournure des évènements politiques, il rentre en Vendée aussitôt la fuite du roi et se mêle à tous les complots qui s’y ourdissent. Au plus fort de la Terreur il se sauve en suède ; en 1812, il devient colonel de la marine russe, membre honoraire de l’amirauté à ce département et sujet de l’empereur de Russie : il avait alors 67 ans. Cette même année, il abjure entre les mains du général des jésuites, à Saint-Pétersbourg, les erreurs religieuses et philosophiques dont il se reconnaissait coupable. Il mourut en 1817.

Source : Extrait de l’œuvre de Louis Brochet « La Vendée à travers les âges » - 1902.













































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