Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 14:17

Cette première histoire de la commune de La Plaine commencée et inachevée par Mr. Chevas se devait d'être publiée, car à ce jour aucune publication n'en a été faite. Nous avons pris le parti de transcrire ce document manuscrit de cet immense travail dans son intégralité. Cette étude a été réalisée en 2 parties.

                           ( Article en cours de réalisation)

                     LA PLAINE  par CHEVAS  1842

 

                        

                           Vue générale de la Plaine vers 1850


                                            1ere Partie 


Bornes et étendue

La Commune de la Plaine est bordée au nord
par l'Océan ou l'embouchure de la Loire et partie du territoire de
St Michel ; à l'Est par St Michel et Ste Marie, au sud par Ste Marie
et l'Océan à l'Ouest encore par l'Océan.

La plus grande longueur mesurée de son point de jonction
avec St Michel et Ste Marie, extrémité Est de la Commune
à la pointe de St Gildas extrémité Ouest est de 8730 metres.

La plus grande largeur pris de l'extrémité nord a
l'anse du Cormier à l'extrémité sud ou se trouve l'anse du
Port au Goths est de 3850 mètres.

Son périmètre est de 22870 mètres

La superficie totale de 21 122 759 mètres carrés fesant
de l'ancienne manière de compter 4344 journaux 9 cordes de
Bretagne qui se divise comme suit :

1 Terres labourables...................................  1 498 59 83
2 Vignes .................................................      135 11 78
3 Prés ....................................................      181 67 41
- Pâtures ................................................       41 17 56
4 Jardins .................................................       39 16 88
- Bois .....................................................       10 91 73
- Terres vaines et vagues...........................      106 79 99
- Mares et étangs ....................................          0 66 31
Superficie des propriétés bâties....................       12 47 39
                                                                 ----------------
Superficie imposable...................................... 2 026 58 88
Superficie  } Eglise, cimetière 11 46
Non          } Chemins, rues et places 69 13 55        85 68 71
Imposable  } Rivières et Ruisseaux 16 43 70
                                                                 ---------------- 
                                                                  2 112 27 59
[chiffres exprimés en hectares, ares et centiares]


Situation et Aspect

Cette commune, son nom l'indique et suffisante
est une plaine presque rase qui s'avance en pointe dans
l'océan a l'extrémité S.O de l'arrondissement ; sa forme est
presque celle d'un volant dont la partie supérieure ou l'extrémité est baignée
par la mer et l'extrémité Ouest s'avance en pointe entre les deux territoires
de St Michel et de Ste Marie ; elle est en grande partie dénuée
d'arbres, les seuls que l'on y trouve çà et là, ne viennent
qu'a l'abri de quelques villages ou dans des vallées peu
profondes et encore ces arbres pour le plus grand nombre sont petits et rabougris.

Le Bourg est situé à deux kilomètres de la mer ; à égale
distance de la Loire, à 56 de Nantes, 22 de Paimboeuf et a
7 de Pornic son chef lieu de canton.

Ses maisons, au nombre de soixante environ, sont placées
autour de l'Eglise, beaucoup ne manquent pas d'apparence
et sont surmontées d'un étage. Une grande partie en est couverte en
tuiles, les autres en ardoises.

Les quatre rues principales sont formées par les Chemins de
Prefaill à Pornic et par celui de Ste Marie.

Du coté de Ste Marie et de Préfail, la cote est assez élevée
mais elle vient toujours en s'abaissant vers St Gildas ou sa
pointe va se perdre dans les flots.

En s'approchant des sables de St Michel et en [allant]
vers le nord, le sol s'[incline] un peu.

A l'extrémié O ; de la langue de terre qui sépare
La Loire de la baie de Bourgneuf , lieu appelé la pointe de St Gildas
on ne voit d'autre habitation que le corps de garde de la Douane et
les ruines d'une vieille chapelle, mais en suivant la côte vers le
Nord on trouve la majeure partie des villages de la commune tous
offrant le riant aspect de l'aisance et propreté.

De St Gildas la vue est belle et séduisante. C'est un
vaste panorama qui ne laisse au spectateur ébloui d'autre regret
que de pas être sur une pointe plus élevée. De ce lieu on découvre
toute la Baie de Bourgneuf et les nombreux clochers, immenses jallons qui
l' entourent et ornent le paysage ; en face on aperçoit Noirmoutier et
le Phare du Pilier, a ses pieds la mer et son immensité, sur
la Droite la Cote du Croisic, la Tour de Batz ; St Nazaire et l'entrée de
la Loire.

Géologie

Le sol de la Plaine est varié, mais le micaschiste et le
steischiste ( ?)dominent ; on y trouve le gneis, plusieurs gisements
de quartzite, du grès ferrifère, du Blou isolé et du quartz
blanc ou hyalin ( ?) détachés du schiste dans lequel ils étaient
engagés et décomposés par l'influence atmosphérique.

Aérographie

L'air de la Plaine est pur et salubre, aucune influence
maligne ne vient le vicier.

Hydrographie

Sous l'aspect hydrographique la commune de la Plaine
a une haute importance à raison de la source d'eau minérale.

Cette source se trouve dans la partie méridionale du Bourg
à 525 millimètres environ au dessus de la Plage.

M. Hectot en a fait l'analyse suivant :

15 kilogrammes 66421 d'eau chauffée dans un appareil
convenable, dégagèrent un gaz qui se combine avec l'eau de chaux
disposée pour le recevoir et forme un dépôt de chaux pesant
0 kil 0033984

Ce dépôt de craie contenant 0 kil 0010620 d'acide carbonique

Le résidu provenant de l'évaporation, bien desséché pesait 0 kil 0025488
Il augmente par l'évaporation de 0, 0000531
-------------------
Total 0 kil 0026019
Composé comme suit :
0 K 0008496 murciate ( ?) de magnésie
0    0001062 matière huileuse
          7434 murciate de soude ( ?)
          1593 sulfate de chaux
          2655 carbonate de magnésie
          2124 carbonate de fer
          1062 alumine
          1593 silice
----------------
0 K  026019 somme égale

Cette source est toujours abondante et teint les lieux
qu'elle baigne d'une couleur de rouille très foncée.

L'eau en est limpide, son odeur rappelle légèrement
Le fer et son goût métallique très prononcé répugne à beaucoup de buveurs.

A peine versée dans un verre elle y laisse une vapeur épaisse
et l'oxyde de fer dont elle est chargée se dépose promptement et en abondance.

Cette eau salutaire employée comme remède réussie dans
un grand nombre de maladies, telles que l'hydropisie, la Paralysie,
les affections bilieuses, les maladies cutanées,les maux d'estomac,
les obstructions du foie et la pierre.

Elle est pour le pays une source abondante de richesse et
merite tous les soins des habitants qui longtemps n'en fire aucun cas.

On trouve dans la commune divers ruisseaux.

Celui de la Tabardière passant sous le pont de la Ferté
village dont il porte le nom, courre du sud au nord
il va se jetter dans celui de Tharon sa longueur est de
2090 mètres.

Celui de Tharon qui prend son nom du lieu près duquel
il passe, coule du S.E au N.O forme toute la limite avec
St.Michel, après avoir reçu les eaux de celui de la Tabardière,
il se jette dans l?océan, sa longueur est de 3950 m.

Le ruisseau des Raillères part de la Dolotière et coulant
du Sud au nord il passe à 240 mètres du village dont il
porte le nom et se jette dans l'océan à 540 mètres N.E du
Pont du Cormier sa longueur est de 1210 mètres.

Celui de l'étang a sa source à 100 mètre sud de la
Métairie du Jaunais allant du N.E. au S.O il va se perdre
dans l'océan sa longueur qui forme une partie de limite avec
Ste Marie est de 1000 mètres.

Enfin le ruisseau de la Vallée du Cormier, a source au
village de Bernier, il passe a ceux de la Peignère et à la Vallée
après avoir coulé du Sud au Nord il arrive dans l'océan
au Port Giroux dans l'anse du Cormier où il divise ses
eaux en deux branches qui entourent le rocher nommé de la
Cormorane ou Du Cormoran sa longueur est 1020 mètres.

On trouve encore quelques autres ruisseaux tels que ceux de la
Gravelle, de la Vallée, de Préfailles et du Port aux Goths, son nom qui
ne manquerait pas d'avoir son mérite historique, si l'on pouvait
affirmer qu'il est bien ortographié.

On trouve sur l'océan les Ports, petites belles criques ou amer
du Cormier, de la Pointe de Joilan près de laquelle est le
village du marais, l'anse de la Prée, celui du Port aux Anes ;
la pointe de St Gildas, où se trouvent les ruines de la Chapelle et
d'un vieux fort ; l'anse de la Hutte où sont encore les ruines
d'un autre fort, celui de Préfailles et celui du Pignaud où la
Vallée du Port au Goths.

Les étangs ou abreuvoirs les plus remarquables sont ceux de
la Bernardière, du Boix Roux, de la Ferté et des ruines du
Chateau de la Noue ou de la Noë

Zoologie

Population

En 1426 la population de la Plaine aurait été compté à
342 individus, mais de ce recensement trop éloigné on ne peut
faire état. C?est donc comme pour les autres communes en partant
du chiffre donné par Ogée que le tableau suivant est établi.

Année      population     augm    dimin

1779             1500
1793             1420
1800             1185                    235 (il manque les enfants de moins de 12 ans) 
1803             1324         139 
1821             1202                    122
1825             1500         298
1831             1400                    100
1836             1443           43
1842             1492           49
les chiffres des diminution étant de... 537
et celui des augmentation de........... 529
                                                 --------
la diminution totale est de...............    8

Les 1492 individus formant la population actuelle sont
classés comme suit :

hommes mariés..... 272 }
- veufs................  33 } pop. virile 729
- garçons............  424}

femmes mariées..... 274 }
- veuves..............   69 } pop. féminine 763
- filles.................  420 }

La population féminine exèdant la population virile de 34 individus

La diminution de 1793 et 1800 s'explique par la guerre civile.

Celle de 1803 à 1821 par les guerres de l'Empire auxquelles
La Plaine due fournir un contingent de marins, quant à cellede 1825 à 1831 elle ne s'explique guère et s'expliquerait encore moins, si l'on faisait état d'un recensement de 1832 qui ne compte que 1223 individus, 177 de moins que pour l'année précédente.

Cette population est dessiminée dans 70 hameaux ou villages.
dont les principaux sont la Baillée, le Bernier, le Bernier, le Cormier,
la Douterie, la Ferté, Préfaille, la Peignère, Quirouard et la Croix Renaud.
Tous ces lieux y compris le bourg peuvent contenir cinq cents et
quelques maisons, mais les pièces officielles n'en compte y compris
huit moulins, que 380. C'est sur ce nombre que la moyenne
étant prise on trouve que le nombre d'individus serait par ménage de 3 individus 9/10e.
Moeurs, usages et coutumes

Pour la plupart les habitants sont de petits propriétaires
cultivant eux-mêmes leurs terres, ou exerçant quelques
professions manuelles ; comme on vit a peu de frais dans ce
pays, tous ont une médiocre aisance qui ne leur donne pas toutes
les jouissances d'une grande fortune mais n'entraine pas aussi à
sa suite les soucis de la richesse.

On trouve quelques maisons dans la commune fesant la
petite navigation des cotes.

Il y a peu de réunion entre les habitans que celles obligées
comme les noces par exemple, aussi n'est il pas rare dans
ces réunions de famille de compter de cent cinquante à deux
cents personnes assises autour de longues tables dressées en plein air.

Administration

Autrefois sous le rapport écclésiastique, Notre-Dame
de la Plaine (Beata Maria de Plana) était une des
cinquante paroisses du Climat de Retz doyenné de
Machecoul et l'un des dix-sept prieurés-cures de la même région
dépendant de l'abbaye de Ste-Marie de Pornic.

Sur le rapport judiciaire c'était l'une des trente-neuf
Paroisses de la menée de Retz.

Enfin sous le rapport administratif, la Plaine était
l'une des onze paroisses de la Subdélégation de Paimboeuf.

Aujourd'hui c'est une commune succursale
de Pornic et une des communes du Canton de ce nom.

Sous le rapport civil elle est administrée par un
maire assisté de douze conseillers municipaux que cent
vingt cinq électeurs sont appelés à choisir.

Le local de la mairie est une propriété communale.

Cette commune renferme trois brigades de Douanes qui sont
à Préfailles, la Rue et les Cormiers et dépandent de la
Capitainerie de Pornic.
On trouve une boite aux lettres dans le Bourg.

Finances

La contenance imposable est
de 2026 h 58a 88c. Cette contenance est divisée en
15255 parcelles ou articles et 348 propriétaires.
Son revenu est porté à 26422 F 35, elle est composée
comme suit : 
                                                        Principale, Accessoires,   Total

Contribution foncière 348 contribuables ..     4974        3700,16    8674,16
Portes et Fenêtres..  268 - .................        812          333,25   1145,25
Personnelle ...........  265 -.
sur ce nombre 223 sont en outre soumis
à l'impôt mobilier .................................     1824        1304,56   3128,56
44 patentables fournissent en droit fixe
292 F et 192 F en droit proportionnel ensemble 484         159,72     643,72 
                                                       ---------- ----------- ----------- 
                                                             8094        5497,69  13591,69
en ajoutant les frais de premiers investissements ....                       21,90 
                                                                                    ------------
on a pour résultat des quatre contributions directes..                 13613,59

La taxe sur les poids et mesures s'élève à ..............                       24,51 
                                                                                   ------------- 
                                                      Total général                 13638,10

Les 8094 F faisant le principal des quatre contributions entrant
dans la caisse de l'Etat et sur les accessoires formant 5497,69
destinés au frais généraux 395 F 59 viennent aider sous le
titre des centimes additionnels à former le budget communal
pour 1842 réglé comme suit :

Recettes ordinaires
5 cts additionnels ordinaires...............................    339.90
Attributions sur les patentes de l'année précédente      55,69
Produit d'expédition des Actes d'état civil ............        3,
Intérêts des fonds au trésor .............................       67,70
Total des recettes ordinaires .......................................................          466,29
------------
Imposition relative à l'instruction primaire .............    241, 27
- pour chemins vicinaux ....................................    401,65
Evaluation en argent.........................................   1765,20
Complément du traitement de l'instituteur.............      78,73

Total des dépenses extraordinaires ................................................       2486,85
                                                                                                  -----------
                                                            Total général des recettes       2953,14

Dépenses ordinaires
Frais de bureau et d'impression .........................    162,
Abonnement au bulletin des lois ........................       6,50
Traitement du receveur municipal ......................     93,37
- du publicateur .............................................     10.00
Dépense relative à l'instruction publique...............   340,

                           Total des dépenses ordinaires ..................      670,37

Dépenses extraordinaires
Entretien des chemins vicinaux ...............................    150,
Evaluation en argent des prestations........................    507,02
Frais des Roles ....................................................      10,78
Contingents pour les Chemins de gde.com. en numéraire   251,65
     Id.                       Id             Id. en prestation .... 1176,80
                           Total des dépenses extraordinaires.............    2096,25
                                                                                       -----------
                           Total général des dépenses.......................    2766,62

Récapitulation
Les Recettes sont de ...................    2953,14
Les Dépenses de .........................    2766,62
                                                 ---------- 
                     Exèdent en recette..     186,52

Si l'on rapproche les recettes ordinaires des dépenses de
même nature on trouvera au contraire un déficit de 204 F 08

Instruction publique

L'école communale est dirigée par M. Laraison, son
traitement est de 200 F, le nombre moyen de ses élèves
est de 30 en hyver et 26 en été qu'il réunit dans une maison appartenant
à la Commune. La rétribution mensuelle fixé à 1 F 25, porte l'éventuel de l'instituteur
à 200 recevant gratuitement 12 élèves.

Une remarque fâcheuse pour cette commune avait été faite, c'est
qu'elle paraissait être de toutes, celle ou l'éducation des petites filles était la
plus négligée ; c'est tout au plus si huit ou dix élèves du
sexe fréquenteraient l'école privée ouverte pour elle, mais ce nombre
a augmenté, il est aujourd'hui de 20 en hyver et 23 en été.

Hospices

Agriculture

Les quatorze vingtième de la superficie communale sont
en grand labour, c'est-à-dire en froment, seigle, orge et
avoine, parmi lesquels le froment domine et ce froment passe
généralement pour être d'une qualité supérieure à tous ceux des
autres communes de l'arrondissement.

Les engrais étrangers ont puissamment aidé à
la prospérité agricole de ce pays, qui du reste a toujours été
considéré comme l'un des mieux cultivé du département.

Une grande quantité de Fucus ou Warech, connus sous le
nom générique de goëmon est employé en abondance, les cultivateurs
les vont chercher à la côte à certaines époques de l'année ; ils
recueillent aussi celui que les flots rejettent sur la rive,
mais il est reconnu pour être de moins bonne qualité, ils l'étendent
sur leurs guérets pour le faire sécher, de cette plante marine
lorsqu'elle est échauffée par le soleil, il s'échappe une odeur saline
très forte presque nauséabonde.

Ils enlèvent aussi les moules dont les rochers qui découvrent
à mer basse sont tapissés, ils les mélangent avec les boues et
sables de mer et de cet amalgame il résulte une espèce de
fermentation tout à fait favorable aux terres auxquelles ils destinent
cet engrais.

On tire aussi de Noirmoutier l'engrais connu sous le
nom de cendres, enfin la Loire, leur apporte de nombreuses
barques chargées des engrais de Nantes et des environs qui
viennent décharger au Cormier.

Le vin de la Plaine est de mauvaise qualité et le
plus souvent les vignes situées près de la mer heureusement en petites
quantités font le désespoir du cultivateur qui a perdu son tems à les
abienner suivant une vielle expression employée dans le pays ; depuis
quelques nées beaucoup de ces vignes ont été abandonnées ; comme elles
étaient à complant ou portion de fruit, cet abandon à fait rentrer quelques
parcelles aux mains des propriétaires fonciers, qui ont su en les arrachant,
en tirer un meilleur parti.

Il paraitrait que quelques vagues communs
se trouvent vers le S.E. du Bourg, n'ont d'autres origines
que l'abandon fait par le laboureur d'une
culture improductive ; il faut espérer que ces terres
depuis longtems au repos, ne tarderont pas à être, de
nouveau, livrées à l'action toujours bienfaisante de la charrue.

Les paturages manquent aussi les bestiaux ne produisent que leur travail
aux labours et charrois, il ne se fait point d'élever dans ce pays.

Commerce et industrie

Le froment est la seule production qui soit exportée, les autres recoltes
se consomment dans le pays.

La Plaine n'a d'autre marché que celui qui dans la belle saison se tient
à Préfailles à 2120 mètres S.O. du bourg ; là les habitans de la campagne
viennent apporter aux baigneurs étrangers, les denrées nécessaires.

Il y a une foire qui se tient le 15 mars, mais elle est peu fréquentée, la position de la commune sorte de péninsule s'oppose à sa prospérité.

Quelques habitans de Préfaille et du Cormier se livrent à la pêche, ou
entreprennent les voyages sur les côtes ou le petit cabotage.

On compte dans la communes huit moulins à vent, dans le bourg huit métiers
à tisser, il s'en trouve aussi quelques dans quelques villages, mais les uns et les autres
ne travaillent que pour les besoins locaux.

Une industrie particulière a cette commune ainsi qu'a quelques autres de
l'arrondissement, est la location de chambres et de logements pour les étrangers
qu'attirent la pureté de l'air et le besoin de délassement, cette industrie est la plus
productive et s'exerce à la satisfaction générale des uns et des autres.

Communication

On ne compte que quatre chemins principaux.

Le Chemin du Bourg à Ste Marie, passant par la Mulloterie, la Basse Treille
et le Moulin de Chantepie, sa longueur est de 2690 mètres.

Celui du Bourg au Cormier, passant par la Croix St Etienne, entre la Gateburière
et la Dolotière, sa longueur est de 1860 mètres.

Celui du Bourg à Préfaille, passant par la Douterie, de 2530 mètres de parcours.

Enfin, celui du Bourg à St Michel passant par la métairie de la Fandouère,
a la Brillardière et à Tharon, sa longueur est de 3860 mètres.

Les Chemins ruraux qui viennent ensuite sont nombreux, mais pas un n'est
en bon état.

Le Chemin de grande communication qui doit conduire de Ports St Père
A la Plaine, donnera une nouvelle vie à cette commune et surtout au Bourg et
A Préfaille, qui auront de plus faciles communication avec Pornic Paimboeuf
et Nantes.


Lieux remarquables

Le village de Préfaille le plus considérable de la commune
doit son origine à quelques maisons que fit construire Mr. Deruays
Seigneur de la Guerche, pour la commodité des buveurs qui dès lors
commencèrent à y affluer.

Ce village est remarquable par son heureuse situation au
bord de la mer et son voisinage de nombreuses baies ou anses
sablonneuses fort commode pour les baigneurs, il est surtout important
à cause de sa source minérale, dont les vertus a une vieille réputation
sans doute méritée.

Ce village est composé de quarante feux environs et ce
nombre tend chaque jour à s'augmenter, ici, comme à Pornic
les habitans élevent leurs demeures de façon à pouvoir en cèder
la plus grande possible aux étrangers venant annuellement
pour un léger embaras souvent fort agréable, leur apporter aisance
ou ajouter à celle qu?ils possedent.

La Source est a un kilometre environ au S.E. du village.
Elle coule au pied d'un rocher chaque jour couvert par les flots
de l'océan.

Longtemps les abords de cette fontaine furent dangereux, on
n?y descendait qu?en tombant à chaque pas, sur une pente
abrute et difficile, maintenant un escalier pratiqué sur le flanc
du rocher permet, sans danger comme sans fatigue, d?aborder
la bienfaisante source naïade.

Près de ce lieu, un pavillon en bois a été construit, il sert
d'abri aux buveurs contre la pluie ou l'ardeur du soleil ; il sert
encore pour le marché dont il a été parlé.

On trouve maintenant un restaurateur à Préfaille et l'on
assure, que bientôt, un établissement plus vaste et plus commode
sera construit, afin de satisfaire au besoin qui, en style de
prospectus, de faire sentir aux estomacs qui ne
viennent pas en ce lieu pour le seul motif de santé.

Près de Préfailles Mr. Gibot, négociant à Nantes à fait
construire une maison élégante.

A une faible distance du village de Préfaille on
trouve celui de Quirouard recevant aussi lui les baigneurs.
S'il est plus loin de la mer que son concurrent, il est aussi
plus près dela Source, là comme partout se montre le
systeme de compensation.

Quirouard est moins considérable que Préfailles, peut être
ne peut il offrir plus d'une dixaine de logements aux étrangers.

Le Village du Cormier, le seul port de la
Commune ou tout au moins le plus commode, a ce titre mérite
une mention ; placé au fond d'une grande baie, il est le seul
endroit de toute le cote communale ou les barques puissent esperer
trouver un abri ; c'est dans ce lieu qu'arrivent les engrais et les
matériaux ; c'est encore la que s'embarquent les froments
produits du sol de la Plaine.

Une digue submersible avait été établie,
elle n'a durée que quelques années son exécution n'était
pas de façon à resister longtemps aux fureurs
de l'Océan, son utilité était inconstestable, son rétablissement
serait un bienfait pour le pays.


L'Eglise dela Plaine est sous l'invocation de
la Vierge (Beata Maria de Plana).

Quelques personnes pensent que la partie formant
le sanctuaire a été batti sur l'emplacement d'un
temple dédiés aux Sans Dieux.

C'est un édifice fort ancien, mais son architecture
sans caractère bien déterminé, sans ensemble, annonce
qu'il a été repris à plusieurs fois ; que des réparations
successives ont été nécessaires à une époque très reculée ;
ainsi les arcs qui séparent la nef de ses cotés latéraux
sont en plein ceintre ; au nord est une fenetre en ogive.

Du 15e ou 16e siecle, le grand arc qui sépare la
nef du choeur à la forme d'une anse de
panier, si cette forme n'est pas l'effet du travail ou du
tassement de la maçonnerie, elle serait la marque
d'une antique construction.

Les Voutes sont lambrissées en bois.

Dans les murs mis à jour par la démolition du
choeur et du clocher, on a trouvé, employé comme moellon,
des pierres taillées provenant evidemment d'une maçonnerie
plus anciennes ; sur les murs on remarquait également
quelques restes de fresques grossières en rouge et bleu,
sans qu'il fut possible de distinguer si ces restes appartenaient
au culte catholique ou aux cérémonies du paganisme.

Le gouvernement a donné pour la reconstruction
du clocher une somme de dix mille francs, les travaux
à faire pour le surplus de l'Eglise devant être au compte de
la fabrique et de la commune, cette dernière a d'abord paru
peu disposé à s'imposer un lourd sacrifice.

Le Plan du clocher, dressé par Mr Charpentier
doit avoir la flèche comprise, trente six mètres au dessus
du sol, elle servira comme par le passé à guider les
marins.

A la pointe de St Gildas extrémité méridionale de la
Loire, on voit les reste d'une petite chapelle qui porte
le nom de ce bienheureux.

Ces ruines n'ont aucun caractère architectural
pouvant faire supposer que jamais ce bâtiment
ait été un édifice remarquable ; rien n'ont plus qui puisse
mettre sur la trace du temps ou elle fut édifiée.

La tradition locale veut que St Gildas traversant l'océan
vint aborder sur la pointe ou sa chapelle a été construite
avec un peu de bonne volonté on peut encore voir sur
un rocher voisin, la trace de son pied et celle de son
baton ; une autre version veut que cette chapelle fut
edifiée en ce lieu parce que là fut retiré du flot le
corps de St Gildas.

La légende, écrite aussi elle, le plus souvent, sur la
foi de la tradition, ne fait aucune mention de ces deux
circonstances dans la vie de St Gildas.

On trouve quelques monuments celtiques
dans la commune de la Plaine.

Celui placé près du village de Quirouard est un
dolmen en quartz, il a été quelques peu dérangé
cependant la pierre du dessus est encore à un mètre du
sol, reposant sur d'autres pierres de même nature ;
autour d'autres blocs épars qui, probablement
composaient un ou plusieurs autres dolmens.

Sur le coteau de Permelen on assure qu?il existe
des cailloux blancs rangés en forme de cercles, de même
que sur le coteaux de Choizeau, on assure également que
sur le chemin du Bourg au village de Bernier il se trouve
une pierre levée d'un très gros volume dont le poids est
apprécié de 6 à 700 kilogrammes.

Deux autres beaux morceaux de quartz gisent auprès
du Moulin de la Guerche et feraient sans doute partie
d'un dolmen.

Les recherches faites pour trouver les restes d'un camp
normand dans le voisinage de Préfaille ont été inutiles
néanmoins on n'osera nier ou affirmer son existence.


                                            FIN DE LA PREMIERE PARTIE

                                      











Partager cet article

Repost 0

commentaires