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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 19:26

Si dernièrement encore nous avons connu à travers la presse le retentissement de la fusion de Pornic et de Sainte-Marie et des procédures tendant à l’annuler. Il en était de même en cette fin du XVIIe siècle pour savoir sur quelle paroisse, de la ville de Pornic ou Bourg de Sainte-Marie, se situait cette « Maison de Monplaisir ». Celle-ci située, entre la rue Tartifume, le quai de l’écluse, la rue de la marine et la rue Sainte-Anne, devint, à la suite d’un legs du Sieur Paisnot des Marais en 1713/1721 l’hôpital et de nos jours la maison de repos et de retraite de Pornic.

L’enjeu portait sur la dîme que devait verser le propriétaire des lieux au Recteur et au Général de la paroisse possessionnée.

Le conflit commence dès 1664 et se poursuivra au XVIIIe.

Deux procédures virent le jour.

A la lecture des pièces versées au premier dossier en 1698, nous connaîtrons beaucoup mieux cette « maison de Monplaisir » et les différents propriétaires du XVIIe siècle.


                 « La Maison de Montplaisir d’après le plan de 1600 »

« Production que font et fournissent au siège présidial de Nantes Le General de la paroisse de Sainte Marie léz Pornit, Gildas Mulon et Honoré Pelé fabriqueurs de ladite paroisse et procureurs spéciaux dudit Général, deffandeurs et demandeurs.
Contre le General de la paroisse de St. Gilles de Pornic demandeur et deffandeur.

 
A ce qu’il vous plaist Messieurs, par la sentence et jugement qu’il vous plaira de rendre entre partys, atandu ce qui résulte des actes et adveu ci après produits. Le General de la paroisse de Saint-Gilles sera débouté de sa demande de vendication. Ce faisant il sera jugé que la maison noble et dépendances de Monplaizir est située en ladite Paroisse de Sainte Marie et seront lesdits paroissiens de St Gilles condamnéz aux despans et dommages et interests, sans préjudice dautres droits et conclusions.
Pour auxquelles fins parvenir font la présente production suivant lapointement rendu entre partyes le 7e décembre 1697 et pour en faire conster.


Le sieur Du Marais Paisnot, propriétaire de ladite maison de Noble de Monplaizir et demeurant en icelle auroit fait asigner en ce siège ledit General et fabriqueur de la paroisse de Sainte Marie ; et le General de la paroisse de Saint Gilles de Pornit pour savisager et faire dire entreux en laquelle d’une des deux paroisse étoit sittuée ladite maison et dépendance de Monplaizir, et jusqu’au reglement et jugement il demeureroit en potz ; et pour aparoir deladite demande et de la presentation faits aux fins,
Produisent une copie de requeste signifiée le Saiziesme juillet 1697, signée Bizet General et darmes, et la presentation du trantiesme dudit mois, signée Despréz, les deux pièces cottées… B
Ledit Général et fabriqueurs de Sainte Marie fournirent leurs deffances par lesquelles il soutenurent que laditte maison de Monplaizir estoit en la paroisse de Sainte Marie, ce qui estoit à la connoissance dudit Paisnot qui estoit mesme saisy dactes le justiffiant et pour aparoir desdistes deffances. Produisent icelles du 26e aoust 1697 signée Clairet Cotte… C


Ce n’est pas d’aujourdhui que les Recteurs et paroissiens de Saint Gilles ont pretendu que laditte maison de Monplaizir estoit de leur paroisse ; Mais jusqua present ils n’ont pû le justifier. Il se meut en 1664 : Instance en la Jurisdiction de Lofficialité au sujet d’un mariage d’une servante du sieur du Boismain Paisnot père du sieur du Marais, qui demeuroit en laditte maison de Monplaizir, le sieur Recteur de Pornit pretendant faire les Epousailles ; Le Recteur de Sainte Marie pretendoit aussy les faire, De sorte que sur les contestations des Recteurs, les epousailles furent faites en cette ville [de Nantes] et intervint jugement en laditte jurisdiction de l’officialité le 22e novembre 1664 qui prononce atendu les épouzailles réunois les mariéz hors procès ; et pour faire droit entre les Recteurs ils se sont apointéz a informer, et cependant que ledit Paisnot, sa femme et sa famille demeuront en potz, ce jugement fut signiffié à requeste dudit Painot ausdits Recteurs le 26e dudit mois de novembre 1664.

 
Le vingt septiesme avril 1601 : il se passa acte d’echange entre noble et puissant Guy de la Chapelle, seigneur du Plessis Grimault et autres lieux et Missire Guillaume Tardivel, Recteur de St. Gilles de Pornit, par lequel ledit Recteur de Pornit reconnoist demeurer au lieu presbytéral de laditte cure de Pornit appelé Sainct Thomas près la ville dudit Pornit en la paroisse du Bourg Saincte Marie, et donne en eschange audit seigneur de la Chapelle, dix planches de vignes en deux articles sittuées en ladite paroisse du Bourg Saincte Marie, en un canton apellé Lebiere, entre la fontaine de Tourtre d’un bout, d’autre bout chemin qui conduit de Pornit audit Sainct Thomas, ces héritages sont jointiers la Maison de Monplaizir. Cet acte fut dellivré au sieur Bouront, recteur dudit Pornit, le 20e juin 1664.


Le vingt quatriesme decembre 1601 : il se passa contract de mariage entre Noble homme Nicolas Lefort et demoiselle Marie Bruslard, laquelle Bruslard estoit demeurante chéz hault et puissant messire Guy de la Chapelle et dame Charlotte Heaume, sa compagne seigneur et dame de la Clartière et autres lieux, à la suitte de laditte dame en quallité de fille d’honneur, et pour les bons et agréable services leurs faits par laditte demoiselle Bruslard, lesdits Seigneur et dame de la Chapelle, seigneurs du Plessis Grimault et propriétaire de la maison de Monplaizir, font don à laditte Bruslard et ses enfants qu’elle aura, du lieu et maison noble de Monplaizir avec ses appartenaces et dependances : consistant en maisons et batiments, cours, prépoize, jardins, vignes, terres labourables et autres commodités et apartenances quelconques, assis et sittuéz près Pornit et toutte fois en la paroisse de Saincte Marie.


Le dixneufiesme septembre 1631 : il se passa contract de mariage entre Nicolas Lefort, escuyer, sieur de Monplaizir et demoiselle René Goheau et dans ledit contrat il ce voit que ledit Sieur Lefort est rézidant au lieu noble de Monplaizir, paroisse de Saincte Marie léz Pornit, et laditte demoiselle au lieu noble de la Touchegerbaud ville dudit Pornit. Ce contrat est rapporté par Grossin notaire qui estoit demeurant à Pornit et procureur fiscal dudit Pornit, et pour aparoir desdits jugements sig[nifi]on d’icelluy : acte d’échange et contacts de mariages.
Produisent des copies des pièces au pied les uns des autres escrits sur quatre feilles de papier de saize deniers chacune, signées G. Paisnot, Hemery notaire et T Bonamy notaire et en ledit controlle Gandon. Cotté … D

 
Noble homme Nicolas Lefort, sieur de Monplaizir et demoiselle Renée Goheau sa compagne, desnoméz au contrat de mariage ci-dessus, rendent adveu à hault et puissant Henri de Gondy, seigneur du duché de Rays, des maisons, fieffs et heritages qu’ils possèdent soubs la juridiction de Pornit, membre dependant dudit duché. Cet aveu est du 22e mars 1638 et reçu par Grossin procureur fiscal de Pornic l’unziesme septembre ensuivant. Il se voit au premier feillet recto dudit aveu, que le sieur Lefort déclare posséder le lieu noble de Monplaizir, consistant en maisons, granges, estables, cours, jardins, vignes, préz et paturaux, le tout se joignant et adjassant l’un l’autre enferméz de vielles murailles, contenant environ douze boixellées de terre, sittuée en la paroisse du Bourg Saincte Marie pres la ville de Pornit, entre d’un costé et d’un bout le chemin qui conduist dudit Pornit entre d’un costé et d’un bout le chemin qui conduist dudit Pornit au moulin à eau et estier de laditte ville de Pornit, d’autre costé ledit estier, d’autre bout autre chemin qui conduist dudit estier a la fontaine commune dudit lieu de Monplaizir, et les jardins dependants de laditte ville de Pornit apartenant à Jehan Baulon, René et Estienne les Porchers, Jacques Denion et autres ; lesquels jardins adjassants ausdits bouts et à un desdits consorts sont connus et séparez d’avec parties des jardins de Monplaizir par le moyen de murailles anciennes. Et au mesme et premier feillet verso dudit aveu, il reconnoist posséder un canton de terre apellé Grand biere, sittué en la paroisse de Saincte Marie, remarquable que partie de cette piece de terre est mentionnée en l’acte d’échange du 27e avril 1601 ci devant produit à la cotte D et pour aparoir dudit aveu ; Produisent iceluy aveu du 22e mars 1638 avec la reception du unziesme septembre audit an, escrit sur quatre feilles de papier de deux sols, signé au collationné du 21e febvrier 1698 G.Paisnot, T. Bonamy, Benoist notaire et Bonamy notaire et dans le controlle Chevalier. Laditte piece cottée … E


Le Siège voit maintenant par les pièces ci-dessus produittes et par l’exposé ci-dessus que laditte Maison de Monplaizir est sittuée en la Paroisse de Saincte Marie, et ainsi il n’y a pas de difficulté saufs correction à adjuger au général de laditte Paroisse de Saincte Marie les fins et conclusions qu’ils ont ci devant précisés.
Au moyen de tout quoi, ledit Général et fabriqueurs de la patroisse de Saincte Marie, concluent et persistent à leurs precedantes fins et conclusions par despans sans prejudice d’autres droits et conclusions.
Ernaud. »

CONCLUSION :

Si pour l’instant nous « demeurons en potz » quant à la décision finale du tribunal, il en ressort au vue de divers autres documents que les propriétaires de cette maison durant cette période sont :

- En Avril 1601, Guy de la Chapelle et son épouse Charlotte Heaume, sieur et dame de la Clartière et du Plessis Grimaud.
- En décembre 1601, Marie Bruslard, dame d’honneur de Charlotte Heaume et ses enfants à venir de Nicolas Lefort., Elle rend aveu le 2e décembre 1618.
- De 1619 ? au 1er septembre 1621, Albert de Rousselet, seigneur de la Pardieu, de la Blanchardais etc. et Madeleine Le Mareschal. (Albert de Rousselet est décédé dans l’acte de vente à Jean de Bruc .)
- Du 1er septembre 1621 à septembre 1651, Jean de Bruc de la Grée et Marie Venier son épouse. (Jean est enterré à Pornic le 24 septembre).
- De 1651 à 1657, Henry de Bruc, abbé de Bellefontaine, et François de Bruc, seigneur de la Guerche, son frère aîné.
- Du 8 mars 1657 à…, René de Boishorand, seigneur de la Métairie et du Bois Macé qui la cèdera à une date non précisée au sieur du Boismain. 
- …. en 1664, Mathurin Paisnot, sieur du Boismain , père du suivant.
29 janvier 1665, Aveu rendu par Mathurin Paisnot Sr. du Boismain.
- …. en 1697, le sieur Paisnot du Marais.
- en 1706, Gabriel Paisnot, rend aveu le 30 juillet 1707.
 
- en 1713, Legs par testament de Gabriel Paisnot à sa soeur Marguerite Paisnot de la maison de Monplaisir, nous ne connaissons pas la date du décès de Marguerite et d'une maison avec magasins à l'arrière située aux Sables  pour fonder un hopital et en 1721 Lettre patente du roi ordonnant que le legs soit appliqué à la création d'un hôpital général et portant règlement d'administration.

Néanmoins , en 1638 Nicolas Lefort et Renée Goheau en sont propriétaires ?... suivant leur aveu.

Que le presbytère de Pornic se trouvait proche de la maison de Monplaisir, à Saint Thomas qui borde la rue Tartifume actuelle, à proximité de la rue Sainte-Anne et donc à l’époque sur la paroisse du Bourg Sainte-Marie. Sur le plan de 1600, c’est la grande maison située à droite de Monplaisir.

Le sujet n’est pas épuisé et nous ne manquerons de le reprendre dans le futur.

Quand au Manoir de la Touche, située dans la rue de Verdun, il portait à l’époque le nom de « La ToucheGerbaud ».

Source : ADLA et Mémoire du Marquis de Beauchesne.

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