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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 15:27

Le 13 octobre 1735, Maître Potier, notaire de Saint-Père-en-Retz, recevait le contrat de ferme de la maison et métairie des Biais.

Cet acte de fermage nous permet de mieux connaître les biens que possédaient les chevaliers du Temple et les objets nécessaires au culte dont était dépositaire le fermier et le lieux où étaient engrangées les dîmes et moissons.

En 1679, une déclaration nous en fait connaître la consistance :

« La maison, commanderie et seigneurie des Biers, consiste en une chapelle couverte d’ardoises, une maison y joignant composée d’une chambre basse et une chambre haulte au dessus, deux autres chambres haulte et basse joignant ledit corps de logix, deux autres chambres basses servant l’une de cellier, l’autre d’escurie, et deux autres logements couverts de tuiles, le tout se joignant, avec un jardin au derrière et un petit pastureau, le tout contenant cinq boisselées de terre. » Des bois, des terres labourées et non labourées, des vignes et des prairies constituaient la métairie « le tout contigu et clos de fossés, contenant ensemble trois cent quarante et une boisselées* , la pièce du champ de foire de Saint-Pére-en-Retz et cent soixante seize boisselées de taillis, en Chauvé les terres de la Noue et du bois des Biers, au Moutiers, près le village des sables quarante huit aires de marais salants… *»

Nous vous communiquons ci-après le texte intégral et inédit de cet acte notarié.

« L’an mil sept cent trente cinq, le treiziesme octobre, avant midy, devant nous nottaires des cours et juridictions de Tharon, Limur et Bougon et de la Commendrie des Bies , a Saint Père en Rais, soussignéz avec soumission et prorogation de jurisdictions y jurée à chacune dicelle etc.,

ont estés presents et devant nous, noble homme Yves Mairiet sieur Duclos, demeurant en la maison noble de La Commandrie des Bies* paroisse de Saint Pere en Rais, lequel comme fermier general La Commendrie des Bies a par ces presentes loué et affermé avec promesse de garentie comme il sera garenty pour le temps de sept ans prochains venant qui commenceront a la Saint Martin prochaine pour finir a jour ledit temps finy et revollu, a honorable homme Jan Bernard demeurant proche le bourg et paroisse du Perrier, province du Poitou, eveché de Luçon,

Scavoir est la maison et metairie de La Commendrie des Bies avec les terres labourables et non labourables qui sont autours et environs deladite Commendrie, se joignant les unes aux autres et les pastureaux avec les offrandes et revenus de la Chapelle, coutume et droit de foire et dixme que ladite Commendrie a droit de lever et percevoir ainsy et de la maniere quen jouissoit cy devant Pierre Durant, dernier fermier, tout quoy ledit Bernard a dit bien scavoir et connoistre pour avoir veu et visitté ledit terrain, maison et logements qui en dependent, sans en demander plus ample declaration ny debornement, a la charge a iceluy Bernard den jouir en bons menagers et pere de famille, sans rien demollir, agaster ny couper aucuns arbres par pied ny emonder que ceux qui ont acoutumé de lestre, dont il aura une coupe pendant le cour de sa ferme seullement de ceux qui seront en estat destre emondé, entretiendra les et logements de touttes reparations locations locatives a lusage du pays par cequelle luy seront fait faire a lentrée des présentes ou en tous cas suivant que ledit Sieur Meriet y est obligé par sa ferme et laissera letout en bon et deub estat de reparations fors la clotures des terres que ledit preneur accepte en lestat quelles sont et quil laissera de la mesme maniere

et au parsus a esté laditte ferme faitte et accordée entre partye pour et moyennant la somme de Cent cinquante livres que ledit Bernard soblige de payer en deux termes egaux Scavoir soixante quinze livres a la Saint Martin* prochaine en six mois et les autres soixante quinze livres a chaque feste de Saint Martin dan en an a commencer pour le second terme de lan de la Saint Martin prochaine en un an que lon rencontrera mil sept cent trente six et continuer de terme en terme et dannée en année comme ils echerront jusqua lexpirement de laditte ferme,

outre est convenu entre partyes que ledit Bernard, prenneur, paira sans diminution de sa ferme la somme de trente livres pour la déserte* de la Chapelle dont il en apportera quittance audit Sieur bailleur,

que ledit Sieur Meriet aura la liberté de faire faire deux cent de fagots a deux liens et de faire couper quatre cent de geons que ledit Sieur Meriet Mairiet prendra a son choix sans aucune sans aucune diminution de la ferme dudit Bernard preneur et sans quil en puisse prétendre aucun dedomagement

egallement que de couper des bois par pieds suivant lordre et le pouvoir de monsieur le Commendeur donné audit Sieur bailleur sans que aussy ledit prenneur puisse pretendre aucun dedomagement vers ledit Sieur bailleur pour les emondes

de plus aura encore ledit Sieur Mairiet la liberté de percevoir les rentes de laditte Commendrie audit lieu et maison des Bies, lequel aura une chambre privative pour y mettre le bled et grain de quelque espece quil soit dont ledit bailleur en aura seul la disposition pendant que son bled sera dedans,

parce que aussy ledit Sieur bailleur laisse audit prenneur trente six ouailles* tant mere quaignaux, trois cheuvres et un boucq que ledit Bernard soblige de bien garder, nourrir et gouverner pendant le cours de saditte ferme sans quil ne leurs arrivent perte ny domage par sa faute parce quils partageront les laines tant des berbis quaignaiaux chacun an par moittié et les croits et profits desdittes brebis et chevres a la fin des presentes de aucuns sont ledit nombre de cheuvres et brebis cy devant dit estant prealablement remplacé et rendu audit Sieur Meriet, en cas quil nen soit point morte,

qui aura la liberté de les oster quen bon luy semblera que ledit Sieur bailleur aura la levée quil a enblavée* cette année parce que ledit Bernard prenneur aura aussy celle quil enblavera a la sortye de sa ferme

se charge aussy ledit Bernard du calice et de sa patenne, dun devant dautel a frange dor et de tous autres ornements qui servent a la deserte de la Chapelle, quil sera obligé et quil soblige de representer a la fin de la presente

et pour fixer et arreter le droit de controlle, ont declarez lesdittes partyes evaluer le tout a la somme de deux cent vingt livres de revenus chacun an

et tout quoi faire tenir et accomplir se sont les dittes partyes, chacune en ce que le fait les touchent obligés sur lhypotecque et obligations de tous et chacun leurs biens meubles et immeubles presents et futurs quelconques pour leursdits meubles estre exécutées et vendues en cas de defaut comme gages tous jugéz par cours, saisie, criée et vente de leurs imeubles suivant lordonnance, mesme ledit Bernard, prenneur, par corps, attendu quil sagit de ferme de campagne, une execution nempeschant lautre, se tenant des a present pour tout somméz et requis, voullu, promis, juré, jugé et comdemné.

ce fut fait et consenty sous le proche fief de laditte Commendrie, lune de nosdittes cours.

donnera ledit prenneur a ses frais dans quinzaine por tout delays, une copies des presentes audit Sieur bailleur, a peine de tous depens et dommages et interests

fait conclus et arreté sous le seing dudit Sieur Mairiet bailleur, et pour ce que ledit Bernard, prenneur a déclaré ne scavoir signer, il a fait signer a sa requete a Francois Bonny garcon auger sur ce present lesdits jour et an que devant

outre est convenut que ledit prenneur accepte ladite maison en lestat quelle est pour les gros de reparation quil seront necessaire destre faittes seulement et quil laissera a la fin de sa ferme et sortye dicelle les cloisons que ledit Sieur Mairiet a fait faire en lestat quelles sont.

Signé
F Bony Duclos Meries
Morand Potier
nre. nre. »

Notes :

* pour un calcul rapide, on compte sept boisselées à l'hectare

*Déclaration de la Commanderie des Biais publiée par Guillotin de Corson

* Bies : A l'époque, on ne prononçait pas Biais, mais très vraisemblement Biess en faisant sonner le "s" final.

* St.-Martin : fêté le 11 novembre.

* Déserte, desserte : entretien de la chapelle.

* Ouaille : brebis

* Emblavé : semé en blé ou en autres céréales.

Mais qui garde la Relique de la Vraie Croix et où ?

Il n’en est pas fait mention dans ce document.

Toutefois un procès-verbal de « Visite d’une Relique de la Vraie Croix dans la Chapelle de la Commanderie des Biais, le six avril mil six cent quatre-vingt-six » nous fournit une précision.

« L’an mil six cent quatre-vingt-six, sixième jour d’avril, environ les dix heures du matin, devant nous Jacques Jarnioux, seigneur de la Calnais, sénéchal de St-Viaud, exerçant la juridiction ès Commanderie des Biais, ayant avec moi pour adjoint, Julien Loquain, greffier d’icelle, étant au lieu des Biais, en la Chapelle de la dite Commanderie, et Messire Jacques Foucaud, prêtre, faisant encore présentement le service de la dite Chapelle, lequel nous aurait requis de vouloir faire procès-verbal et description d’une Croix d’argent, dans laquelle on dit y avoir du bois de la Vraie Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, exposée par ledit Foucaud, sur le petit autel de la dite Chapelle de la Commanderie des Biais, ce jour sixième avril, mardi de Pâques, ce que nous lui avons accordé. Et ayant vu et adoré la dite Croix, nous avons remarqué qu’elle est dans son entier, à la réserve du vitrage d’un des bras qui est cassé en partie, et la bordure et garniture du même endroit, détachée de deux petits clous. Et après que l’adoration de la Vraie Croix aurait été faite par le peuple, qui était au dit lieu des Biais, environ les deux ou trois heures de l’après-midi, le sieur Foucaud aurait remis la dite Vraie Croix, dans un estuit, dans lequel on la met, et mise dans une armoire, étant dans la chapelle du côté du Nord, laquelle armoire le sieur Foucaud aurait fermé de clef et icelle retenu.

De tout quoi, le dit sieur procureur d’office nous a requis le présent procès-verbal, que nous avons fait et rédigé, pour valoir et servir ou besoing sera, le dit jour et an que dessus.

signé
Jarnioux, Herbert, procureur d’office et Loquain, greffier.* » 

* Texte tiré de la notice "La Relique de la Vraie Croix" publié par J. Bouyer en 1898

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