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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 17:08

1805 – SAINTE-MARIE
devenue Sainte-Marie-sur-mer

  
                 LA PREMIERE PROCESSION DE LA FETE-DIEU


Nous empruntons au manuscrit de J-B Chevas, un instant dont il a le souvenir et qu’il relate en 1842.

Pour nous, aujourd’hui il réveille ces festivités religieuses qui n’ont plus cours dans ce monde moderne laissant place à cette circulation de voitures qui entrave toutes festivités et ne laisse place qu’au carnaval populaire.

                        Procession de Fête-Dieu vers 1840-1850

« Le culte, à l’abri du Concordat et de la puissance impériale, avait repris toutes ses cérémonies intérieures. Le curé Baudouin veut davantage, il annonce que la procession de la Fête-Dieu sortira de l’église « en la manière qu’elle avait accoutumée »

Cette annonce se répand bientôt dans les communes voisines et le 27 prairial (16 juin) toute la population de Pornic, de la Plaine et de Saint-Michel se rend dans le petit bourg de Sainte-Marie ; pour la jeune génération, c’est un spectacle tout nouveau, et pour la génération qui s’en va un objet de vénération, et, on peut le dire, pour beaucoup un objet de curiosité railleuse, car on connaît l’extrême pauvreté de la paroisse, et on veut voir avec quelle pompe pourra déployer le pauvre et simple curé qui l’administre.

Favorisée par un temps superbe, la procession se met en marche et se rend au reposoir que, seul le père Baudouin a édifié ; bien qu’il ait quelques confrères à l’assister, il n’a voulu céder à personne l’honneur de porter l’ostensoir, qui, à la vérité, n’est qu’en étain, mais il est abrité sous un dais magnifique surchargé d’or et d’argent, ne cédant en richesse qu’à la chape dont le prêtre est revêtu… Parmi les curieux étonnés ceux qui le sont davantage appartiennent à la paroisse, car ils n’ont entendu parler d’aucun achat et ces brillants ornements apparaissent pour la première fois à leurs regards…

Bientôt de sombres nuages obscurcissent l’horizon, menacent d’un orage ; mais tout entier à l’œuvre qu’il accomplit, le père Baudouin n’écoute ou n’entend les observations que lui font les marguilliers qui portent le dais, ni le tonnerre qui gronde, et, grave et recueilli, il monte à l’autel improvisé, bénit les assistants et reprend avec la même gravité le chemin de l’église… ; l’orage a marché aussi, et, les nuages venant de s’ouvrir, une pluie abondante inonde les assistants, qui abandonnent la partie. Le curé presque seul rentre dans le temple ; mais, hélas ! le dais si riche, la chape si brillante, le bonnet carré lui-même, n’ont plus leur forme et leur éclat ; toute cette richesse était disparue, car elle n’était qu’en…papier… Huit jours entiers, le curé s’était renfermé seul pour faire ses apprêts et étonner ses paroissiens.

Au dîner qui suivit, il soutient avec gaîté la raillerie des convives et nous, qui étions trop jeunes pour nous en souvenir, nous avons ouï dire que souvent il parvenait à mettre les rieurs de son côté, car personne ne pouvait nier et son esprit et sa simplicité évangélique.

Cet épisode n’est rapporté que pour faire voir quelle était la pauvreté de la paroisse qui, du reste, n’avait jamais été riche, malgré ou à cause des gros revenus de l’abbaye. »

Source : Médiathèque Nantes

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