Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

28 juillet 2006 5 28 /07 /juillet /2006 15:46


Que savons-nous de ce Bois Gautier ?

« Dans sa « Bretagne ancienne et moderne » Pitre-Chevalier affirme que Paimboeuf remonte à Hoël, comte de Vannes, compagnon d’Arthur, chevalier de la Table Ronde. Cette opinion est aujourd’hui abandonnée. Il aurait fondé, en se rendant à Nantes, une forteresse de Pen-Ochen ou Pen-Boos à peu près a l’emplacement de la ferme actuelle du Bois-Gaultier. Cette opinion est partagée par Pierre Le Baud, l’abbé Gallet, Dom Morice, Albert Le Grand etc… D’autres auteurs célèbres d’histoires de Nantes, anciens et modernes ont avancé le même fait, reconnu faux depuis. C’est faire remonter notre Paimboeuf à l’an 548, époque de la fondation de Guérande. Il y a entre ces deux villes, une telle différence, à tous points de vue, qu’il suffit de penser à un tel rapprochement pour que le doute naisse dans l’esprit. Un fait certain, c’est que la métairie du Bois-Gaultier a toujours dépendu directement du domaine ducal et, plus tard du domaine royal. Cette particularité appuie d’une force singulière les érudits qui nous enseignent que le château de Pen-Ochen ou Pen-Boss, bâti sur cette place, fut une résidence des anciens comtes bretons de Nantes, qui précédèrent les ducs issus d’eux, lesquels réunirent les comtés en un seul duché………… . »

« Il y avait en ce lieu qu’un château fort appelé Pen Ochen (tête de bœuf), dont on a fait Pen bœuf en ne francisant que la dernière partie du mot. Les historiens de Bretagne ne disent pas s’il y a identité entre cet ancien château et les ruines que l’on voit derrière la ville, dans une métairie appelée le Bois-Gautier ; une chaussée conduisait à l’habitation dont ces ruines révèlent l’existence, et que l’on dit avoir été une maison de plaisance d’Hoël, comte de Nantes. Quoi qu’il en soit, on ne voyait encore à Paimboeuf, à l’époque de laquelle date son importance maritime, que quelques maisons de pêcheurs autour de la Chapelle-Notre-Dame fondée, en 1052, par Glevian, prince de Becon . »

Peut-on associer à ce « Bois-Gautier », à la mémoire de Gautier Huet auquel le duc Jean IV dans son premier mandement, daté du 14 novembre 1366, donne à ce capitaine anglais une rente de 400 livres de rente annuelle et perpétuelle « assise » sur le revenu de la vicomté Loyaux. Cette rente qui deviendra viagère et sera « assise » sur les « terres et conquestz du Pellerin et de Pilon et de Saint Pere en Rais. » ?

Lors du prisage, l’une de ces rentes est située :
« a demaine en la vallee de Corsset douze homees de pré, dont est rabatu le sepme de quatre homees que le vaier y prant, si demeure onze homees et demee, pris’ chacune homee dez soulz de rante, somme cent et dez soulz. »

Lors de la confirmation de cette donation datée du 15 juin 1368, Gautier Huet sera mentionné sous le nom de « Monsieur Gautier. »

Pour payer cette rente « le vaier » planta-t-il un bois de « futaye et de revenu » ?

Si nous ne connaissons pas le nom du propriétaire de cette époque, par contre les archives nous les précisent pour les siècles suivants.

« En la paroisse de Sainte-Opportune-en-Raiz, la maison noble et le domaine du Bois-Gautier, possédés par Yvon Le Ralle (1426), Jean L. fils d’Yvon, écuyer, et Jeanne de la Bonnetière, son épouse (1428), Math. Goheau et Math. des Bouschaux, son épouse (1540), Cl. Ripault et Anne Goheau, seigneur et dame de la Louinais (1557), René, fils de Pierre Goheau, écuyer (1629). »

Toutes ces familles rendent aveux soit au duc de Bretagne soit au roi, suivant la période de leur possession. Pour mémoire, la Bretagne fut rattachée à la France en 1532.

Le Bois-Gautier à partir de 1655 appartient au duc et à la duchesse de Rais, Pierre et Catherine de Gondy. Ils l’avaient acquis de Pierre de Chauvigny , sieur de L’Herbregement et Damoiselle Olimpe Goheau sa compagne, le 22 juin de la même année.

A la mort de Pierre et Catherine de Gondy il devint la propriété de leur fille, la duchesse de Lesdiguière et de Rais.

Le Bois-Gautier ne faisait pas partie du duché de Rais, mais du domaine et comté de Nantes, relevant directement du roi.

« De plus ladite dame duchesse de Lesdiguière et de Rais recognois détenir aussy à foy hommage et rachapt de sa majesté soubs son domaine et compté de Nantes, outre sondit Duché sy devant d’escribé.

Une maison noble nommé le Bois gautier sise et sittuées en la paroisse de Sainte Opportune en rais, ladicte maison couverte d’ardoize aveq sa fuye et mestairie et leurs rues et issues, cours, portail fermé, jardin dudict lieu, bois de haute futays et de revenu avec deux petites piesses de terre près ledicte maison, contenant letout ensemble sept boissellées ou environ.

Item le Bois ancien dudict lieu aveq les garennes, contenant par fond dix boissellées de terre ou environ, avec deux pieces de terre contenant dix huit boissellées ou environ.
Lesquelles choses sont près et joignants les unes des autres et borné du cotté du nord à la rivière de Loire, chemin entre deux et de l’autre coté les marais de Saint d’un bout vers aval, la pré de Corcept et d’autre bout les terres de la métairie du Petit Paimboeuf.
Item sept hommées de prés ou environ sittués en une piesse de préz joignant le marais Nocys, le commun de St Viau en ladite pice et marais de Nocys, la pré de corcept et l’herbregement et maison de [en blanc dans le texte]
D’une et d’autres parties.
Item le droict qui appartient à maditte dame Duchesse de Lesdiguières et de Rais, de prendre et lepvé les deux partz de la dixme ausdits herittages cy dessus.

Laquelle maison du Bois Gautier et herittages cy devant espécisfié et mentionnés en dependant, sont escheuz et adveneus a laditte Dame Duchesse de lesdiguières et de rais, par le décès desdits feus Seigneur et dame Duc et duchesse de Rais, ses père et mère par contract d’acquisition qu’ils en ont fait de leurs vivant d’ecuyer Pierre de Chauvigny, sieur de L’herbregement et Damoiselle Olimpe Goheau sa compagne, par contract du 22 juin mil six cens cinquante cinq, au rapport de Reliquet, vivant, demeurant a Machecoul, lequelles maisons, terres et dixmes sont ainsi que dit est tenu a foy hommage et rachapt et obéissance pour toutes charges et debvoirs . »

Les ruines, que les auteurs ci-dessus mentionnent, sont donc celles de cette maison noble qui avait déjà disparue au XVIIIe siècle.

A cette époque, la métairie du « Bois Gautier » seule subsistait avec les terres qui la joignaient, ont été vendues par François Louis de Neuville duc de Villeroy et de Retz aux Grou armateurs nantais, qui les lotirent . Ce sont actuellement, les rue du Bois Gautier et rue Neuve de la ville de Paimboeuf.

Seule la maison de la métairie existe encore de nos jours.

Sources :

M. PITRE-CHEVALIER "La Bretagne ancienne et moderne"

ADLA.

Partager cet article

Repost 0

commentaires