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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 21:43

Le « DEMEAU »
mesure de Saint-Père-en-Retz,
Sainte-Opportune et autres paroisses.
et « LAIRE NANTOISE »

             --=-=-=-=-=-
A toutes les époques de la féodalité, le paiement des rentes en grains dues au seigneur a toujours été une source de conflits avec les fermiers généraux chargés de les collecter. Comme pour les monnaies, elles n’étaient pas toujours de bon aloi.

Les mesures étaient différentes : plus grandes pour la collecte et plus petites pour la vente. Cela faisait parti du profit du fermier et du collecteur, indépendamment du « denier de faveur » prélevé lors des baux de fermage.

Lorsque le litige devenait trop fréquent, il était porté devant la juridiction compétente ici en l’occurrence, Saint-Père-en Retz dépendant du domaine royal avec la vicomté de Loyaux, au Présidial de Nantes.

En 1701, bien qu’un jugement de 1620 y fut rendu, les habitants durent faire appel une nouvelle fois pour obtenir gain de cause.

Des recherches durent être effectuées aux greffes pour en retrouver la teneur.

Nous vous en donnons ci-après le texte et les conclusions.

« 2 MAI 1620 »

« Les gens tenans le siège présidial a Nantes, scavoir faisons que veu par nous la requeste des habitans de la ville de St. Pere en Rays, Ste Opportune et autres paroisses circonvoisines au dit Pays de Rays,
Remontrant par icelle que de tout temps immemorial y à eu audit St. Pere en Rays un demy boisseau raisonnable fidellement marqué sur lequel et au desir d’icelluy les demeaux des habitants dudit lieu et autres paroisses circonvoisinnes doivent estre mesurez marquez et ettelonnez, en quoy se commettent journellement infinis abus pour les mesures a blé fromant seigle avoinne et autres grains par les fermiers des seigneurs et autres vendants et achetans au marché, scavoir pour ceux qui tiennent les dites fermes lorsque se font payer les rentes d’icelles ont des grands boisseaux extraordinaires et lorsque vendent ou prestent desdits grains ont des petits boisseaux tellement que chacun y est trompé et ny a aucune mesure assurée et requeroint qu’il y fut pourveu pour le soullagement du Publicq, L’acte judiciel contenant la remontrance du procureur du Roy sur ce sujet et ordonnance portant permission de informer d’office de l’ancienne mesure, ledit acte du vingt sept septembre mil six cent quartorze et l’enqueste et informations de ce, faites par le senechal dudit Nantes commissaire le sept novembre audit an extrait des registres de la chambre des comptes de ce pays concernant les mesures de Loyaux et St Pere en Rays signé Le breton et Macé. et en marge Miron, datté du vingt trois janvier mil six cent quinze, acte du sept juin mil six cent dix neuf contenant la réduction des boisseaux et demeaux de l’ancienne mesure a la mesure nantoise faite par Dargenton etelonneur juré en cette ville le requerant le dit procureur du Roy, ses conclusions au pied dudit acte, le tout meuremant veu et consideré l’avons par notre sentence et jugement, ordonné et ordonnons que suivant l’extrait de la Chambre des comptes de ce pays des mesures de Saint Pere en Rays et du Pellerin,

les trois boisseaux raz dudit St. Pere en Rays et le Pellerin feront les saize boisseaux Ras du septier nantois
et en consequence chaque boisseau raz dudit St. Pere en Rays tiendra cinq boisseaux un tiers nantois et
le demy boisseau autremant demeau dudit St Père en Rays tiendra deux boisseaux et demy et un sixiesme nantois,
et pour le regard de la mesure d’avoinne que quatre boisseaux mesure de St . Pere en Rays feront laire d’avoinne nantoise,
chaque boisseau de ladite mezure tiendra quatre boisseaux d’avoinne mesure nantoise
et le demy boisseaux de Rays autrement demeau deux boisseaux d’avoinne nantois

et pour corriger les mesures deffectueuses icelles reduire a l’ancienne mesure sera descendu sur les lieux et mis en certaine maison dudit St. Pere en Rays des ettelons marquéz et adjustés et mesme en aura ledit Dargenton en cette ville, avec deffense luy soit faittes a touttes personnes et quelque qualité et de condition quils soint de vendre et acheter prendre et recueillir les grains deubs par espèce pour rentes seigneurieuses et foncières, avoir et tenir en leurs maisons et ausditz marchéz autres mezures que celle cy dessus sur peine de cent livres d’amande et confiscation des marchandises pour la première foys et trois cent livres d’amande pour la seconde et de punition exemplaire pour la troisiesme et sera a la dilligence du procureur du Roy informé de la contravention faite au present jugement, lequel sera exécuté nonobstant oppositions ou appellations quelconques et sans prejudice d’icelle, sera bany et proclamé aux issues des grandes messes parrochiales et prochainnes marchéz a ce que aucuns n’en pretendent cause d’ignorance. Fait et aresyé en la Chambre du conseil le deux jour de may mil six cent vingt. Signé : R. Charrette, R. Menardeau, Bourgogne, Du Pas, Gilles Bonamy et Despinose Conseillers.
Interligne laire approuvé

Le problème fut ainsi à nouveau règlé.

EN CONCLUSION :,

MESURE DE BLE FROMENT :

Sachant que le boisseau nantais équivaut à
8 litres 812,
nous pouvons en déduire que :

- le boisseau ras, mesure de St.-Père-en-Retz valant 5 boisseaux 1/3 nantais égale : 47 litres.
- Que le septier nantais de 16 Boisseaux nantais équivaut à 3 boisseaux ras de St-Père-en-Retz soit : 141 litres.
- et le ½ boisseau ou demeau de St. Père-en-Retz valant 2 boisseaux et demi et 1/6 nantais vaut : 23 litres ½.

MESURE D’AVOINE :

- L’aire d’avoine nantais valant 4 boisseaux mesure de St.-Père-en-Retz soit : 188 litres.
- le boisseau d’avoine mesure de St.-Père-en-Retz valant 4 boisseaux d’avoine mesure nantaise soit : 35 litres 248.
- le ½ boisseau ou demeau d’avoine de St.-Père-en-Retz vaut. 17 litres 624.

Ces mesures de types seigneuriales et foncières sont à rapprocher des mesures « Boisseaux-froment » et « Truellées d’avoine » servant à payer les rentes en grains aux seigneurs durant la féodalité. 

Source : ADLA

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