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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 18:30

A LA POURSUITE DU CARDINAL DE RETZ

"Prise de possession du château de Machecoul"

Guerre de la Fronde.

Trois lettres inédites.

Après son arrestation et son incarcération à Vincennes, le 19 décembre 1652, puis son transfert au château de Nantes, il est mis à la garde du maréchal de la Meilleraie. Il trompa sa vigilance et s'en évada le 8 août 1654. Le maréchal trop âgé et malade envoya à sa poursuite son fils le marquis de la Meilleraie. Ce dernier le pensait réfugié au château de Machecoul.

Lettre adressée par le marquis de La Meilleraye, depuis Machecoul, à son père le maréchal de la Meilleraie, gouverneur du château de Nantes , le 18 août 1654 :

« A Machecoul, dans une chambre du chasteau neuf, a 6 heures du soir. Je viens d’ariver tout presentement avec la troupe que vous m’avez donée et entrautres Mr. Levesque de St Brieu, lequel ayant pris les devants ainsi que vous l’aviez ordonné, m’est venu assurer que je pouvais venir a l’heure mesme. Jay marché et ay rencontré Mr. de Retz au bout de la rabine lequel a reçu fort civilement tous les complimens que je luy ay fais tant de vostre part que de la mienne, en suitte j’ay marché avec luy jusque a la porte du chasteau ou le commandant m’est venu remettre les clés que j’ay reçues en lasseurant Mr. de Retz que cestait pour satisfaire aux ordres du roy et dans le sentiment de luy rendre par vos ordres et par mon inclination particulière et toute sorte de respect et dobeissance, et puisque Mr. de la Salle était dans son agrément et dans son approbation que je luy remettois les dites clefs entre les mains pour en repondre au roy. Apres estre entré, jay esté saluer Mme. de Retz qui ma receu avec beaucoup de froideur, si bien que les civilités extraordinaires que je luy est faicte et la conversation que jay eu avecq elle est assez embarassante. Jay pris le temps de venir vous escrire pour vous rendre conte de tout cecy et cepandant jay entré Beaulieu et vos gardes dans le donjon. Nous en sommes presentement sur les complimens, je voulois aller coucher a la ville avec ces messieurs en cas que l’infanterie fust desja arrivée. Mais ces Mrs. ayants tous jours voulu demeurer avec moi, nous avons resolu Mr. de St Brieu et moy de coucher dans le chasteau avec les principaux de ces messieurs. Nous envoirons demain le mot a Mr. de Retz par civilité, en cas quil refuse je le donneroy. Nous serons fort alerte la nuit et apres avoir fait beaucoup de civilités a Mr. de Retz, je m’en vais souper en ville et reviendroy aussitost et sy comme vous estes plus esclairé que qui que ce soit au monde ne le peux.  Faictes nous l’honneur de nous envoyer vos ordres et ils seront ponctuellement suivis.

Le Marquis de lameilleraie.

Au dos de cette lettre : Pour Monsieur Le Mareschal » 

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 Lettre adressée par le Maréchal de la Meilleraie à …?

« A Nantes 18 Aout 1654 »

« Evasion du Cardinal de Retz et prise de possession du château de Machecou au nom du Roi »

 

« Monsieur,

 Depuis ma dernière jai eü advis certain ; que le Cardinal de Retz s’est embarqué samedy au matin a un petit port nommé le port de la Roche qui est situé entre l’isle de Bouin et Bourgneuf. Sortant de ce petit port il y a deux canaux, l’un va passer devant bourgneuf et pornic pour aller vers l’embouchure de la rivière de Loire, l’autre laisse l’isle de Bouin a main droite et va vers l’isle de noirmoutier. Il y avait trois chaloupes avec luy un autre batteau qu’ils appellent une charte (sic), laquel on chargea d’infanterie. Il pouvait avoir quelques soixante dix hommes. Ce bateau a été trouvé entre l’embouchure de Loire et Belle Isle. Ces trois chaloupes n’y ont point esté veües. Le duc de Retz a été veüe proche de l’isle Rhuis, allant par terre avec six chevaux pour s’embarquer a portnavalo et gagner Belle Isle, sont ce que dessus me faict conjecturer que le Card[in]al, le Duc de Brissac, seniguy et joly se sont retirer a noirmoutier. Je m’en enquerray avec soin. Cependant ce matin, Monsr. de Retz, le père m’a envoyé l’Abbé de Beaumont bastard de sa maison avecq la lettre que vous aver copie cy. J’ay demandé la créance a  cet abbé qui m’a dit positivement que cestoit de rendre toute obeissance au Roy et luy remettre la place de Machecoud. Nous avons convenu de tous les points qui sont que Madame de Retz en sortira laissant ses meubles sans que l’on y fasse un sort. Quil sera faict inventaire des canons et munitions. Ces premiers sont bien au nombre de soixante et que le tout sera gardé par celuy qui commandera dans la place. Que le bonhomme M. de Retz est blessé et incommodé pourra demeurer dans le bas fort pour s’y faire traiter. Que la Sale battelar, ordinaire du Roy et qui est leur voisin commendera dans la dite place jusques a ce qui laye pleü au Roy d’en ordonner. Quil ne sera fait aucun sort aux habitans de la ville et du pays de Retz et que moyennant cela le chasteau et le donjon seront mis des ce soir entre les mains de mon fils qui y est allé pour cet effect. Il a mené deux cens chevaux et soixante hommes à pied. Mr. l’Evesque de st. Brieu est allé avec luy pour advis sur toutes ces choses s’il y avait contestation. J’attends d’heure a autre des nouvelles de l’execution. Si elle ne se faict je marche demain avec bien douze cens chevaux et quatre cens hommes de pied, resolu de faire une tentative pour mettre cette place a l’obéissance. Je meine quatre pièces de canon et espère avec l’ayde de dieu un bon sucés. Si la place se prend, je pousseray ma poincte et avecq vaisseaux marchands, quelques brigandine et chaloupes. Je suis resolu d’attaquer l’isle de noirmoutier, estimant par toutes les aparences que le Cardinal de Retz et le duc de brissac y sont. Tout y a que je n’oublieray rien pour advancer le service du Roy et reparer le malheur que j’ay eü qui n’eüst pas arrivé sans mon extreme maladie. Jay encore la fiebvre toutes les nuict. Mais dieu me conservera asser de forces pour confondre mes ennemis, estant persuadé, que vous me faictes cette justice de ne  doubter pas de la pureté de mon cœur qui sera toujours porté. Je vous proteste à vous honorer et a vous temoigner par toutes mes actions que je suis, Monsieur, votre tres humble et tres affectionné serviteur.

 

 La Meilleraie. »

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 Autre lettre du Maréchal au même interlocuteur.

 «  Le Maréchal de la Meilleray du 18 août 1654 »

 « A minuit et demy 18 venant au 19.

 Je ne puis mieux vous exprimer ce qui s’est passé a la prise de possession du Chasteau de Machecoul qu’en vous envoyant la lettre que mon fils m’escrit. Vous verrez par icelle comme le Roy est maistre de la place. Je vous supplie qu’on m’envoye un exempt ou telle autre personne qu’il plaira au Roy pour  auquel je la feray consigné. A l’heure même je m’en vais travailler suite a ce qui reste de cette affaire, laquelle je porteray tout aussi advantageusement qu’il me sera possible pour le service de sa majesté. Je n’en escris point a son E : car j’estime que dans ces rencontres il fault plustot des effects que des paroles de compliments..

 La Meilleraie »

 SHAT Vincennes 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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