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19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 15:54

 La baronnie de Retz est l’une des neuf baronnies d’ancienneté du duché de Bretagne. Au fil des successions, de nombreux héritiers se prétendirent détenteurs du titre de baron,  multipliant ainsi d’interminables procédures.

 On sait qu’à la date du 15 octobre 1539, la baronnie appartenait à deux seigneurs  :

- Jacques du Croisil, chevalier, baron de Rais, seigneur d’Ardenne, du Plessis-Guérif et de Saint Mars. Jacques du Croisil avait épousé Jeanne Sauvage, sœur de Tanguy Sauvage, sieur du Plessis-Guerry, descendants tous deux de leur aïeul Guillaume Sauvage vivant en 1388. Ce dernier avait épousé Marie de Laval (fille de Foulque de Laval et de Jeanne Chabot dite La Folle). De ce fait il possédait certain droit à la baronnie de Rais.   

- Claude d’Annebaud, maréchal de France, baron de Rais, après son mariage avec Françoise de Tournemine, baronne de Rais et de la Hunaudaye.Claude d’Annebaud eut deux enfants de ce mariage, Jean et Madeleine. Madeleine épousa en première noce Gabriel de Saluces en 1544. Puis devenue veuve, elle se remaria avec Jacques de Silly, comte de Rochefort. Quant à Jean, chevalier, sire et baron d’Annebaud, baron de Rais, la Hunaudaye etc. épousa en première noce Antoinette de la Baume, comtesse de Châteauvillain, et en seconde noce, la belle et savante  Catherine de Clermont. Le contrat de mariage fut passé en la ville de Poitiers, le 28 avril 1558. Jean fut mortellement blessé à la bataille de Dreux (1562) et disparut sans héritier.   

 

 

 

 

 

 Une fois veuve, Catherine de Clermont s’employa avec sa mère, Jeanne de Vivonne, dame de Dampierre, à s’assurer du titre de la baronnie de Rais. Jean d’Annebaud avait accordé à sa seconde épouse une rente de 2500 livres, constituée à titre de douaire coutumier et garantie « sur tous le biens, terres et seigneuries dudit seigneur d’Annebault. » Etait-ce suffisant pour que Catherine puisse se proclamer baronne, comme le soutient l’historien Du Paz qui affirme que Jean d’Annebaud fit donation de la baronnie à Catherine de Clermont ?

Les conditions de cession de la baronnie.

 

Dans une lettre, Charles IX, aux gens de la Chambre des comptes et trésorier de France en pays et duché de Bretagne, datée de Cognac du 23 juin 1565, leurs fait don : « de la somme de vingt mil livres tournois pour les lotz et ventes et autres droit  en raison de l’acquisition faite moyennant la somme de six vingt mil livres tournois du sieur de Rochefort et de dame Magdeleine de d’Annebault son épouse du surplus de la terre et baronnie de Retz et aultres terres et seigneurie qui en despendent, tenuez et mouvans de nous à cause du château de Nantes. »… « en considération des grands et recommandables services que deffuntz leurs mariz ont faictz aux feux roys nos prédécesseurs et à nous tant au fet des guerres que  en plusieurs manieres aultres louables sortes et manières. »

Cette cession aurait eu lieu vers 1562. La venderesse, Madeleine d’Annebaud était la sœur de Jean d’Annebaud, tous deux héritiers de Claude d’Annebaud. 

              

Le contrat de mariage, d’entre Albert de Gondi et  Catherine de Clermont,  passé à Cognac le 4 septembre 1565 précise : «  La dite Dame au cas que ledit seigneur la (sic) survive, luy donne en faveur de noces, la Comté et Baronnie de Retz, ses appartenances et dépendances par elle acquises des Sieur et Dame de Rochefort, à la charge, par ledit sieur futur époux d’acquitter icelle Dame ses hoirs et ayants causes de la somme de 69750 livres à elle prestée Par Révérend Père en Dieu, Messire Pierre de Gondi, Abbé de la Chassaignes et employée par icelle Dame à l’acquisition de portion desdits Comté et Baronnie de Rets : de payer en outre la somme de 6000 livres d’une part à Madame de la Touche Lemosinière et autre somme de 3000 livres au Prieur (sic)du Plessis-Guerry et 1500 livres au sieur Dubois, au paiement des quels icelle Dame estoit tenue envers lesdits Sieur et Dame de Rochefort par ledit contrat d’acquisition… » … «  Lesdits futurs conjoints n’entreront en aucune communauté de biens, sinon dix ans après qu’ils auront esté mariéz ensemble. » Dans une autre lettre datant de 1573, le roi mentionne la vicomté de Retz qui précéda donc le titre de comté. De ce contrat, il ressort que Madeleine d’Annebaud avait su racheter les droits sur la baronnie aux héritiers de Jacques du Croisil.

Albert et Catherine continuèrent de rassembler les terres et seigneuries constituant ce comté et baronnie. Cette qualité de Baron de Retz, Albert de Gondi la revendiquait de toutes ses forces, s’intitulant lui-même « Comte Doyen Baron de Retz », comme on le voit en 1578, au moment de l’achat de son hôtel parisien de Saint-Germain-l’Auxerrois.  Mais ce titre lui fut souvent contesté.

 

 

 

 

 

                   Sceau de la cour et juridiction de Pornic - 1598

Le duché tombe en quenouille.

Le comté et la baronnie de Retz, érigés en duché en 1581, en faveur de Catherine de Clermont, d’Albert de Gondy et des enfants mâles en ligne directe des Gondy de Retz, tombe  en quenouille en parvenant entre les mains de Dame Paule Marguerite Françoise de Gondy de Rais, à la mort de Pierre de Gondy son père survenu en 1676. Il perdit sa qualité de duché.

Le Présidial de Nantes, au vu des dires du Fermier du Domaine, des conclusions du Procureur du roi, rendit sentence le 16 juillet 1708 et ordonna que la qualité de duché-pairie serait rayée de l’aveu du 16 décembre 1692 et retournera à son premier état : comté et baronnie. Dès lors, bien que le terme « Duché de Retz » continua d’être utilisé par les notaires, il n’était plus reconnu comme tel, mais seulement comme un titre d’usage. Il en sera de même après 1778.

 

 

A la mort de la duchesse de Lesdiguière de Rays, survenue à Paris le 21 janvier 1716, ses petits neveux, héritiers sous bénéfice d’inventaire : Louis Nicolas de Neufville, duc de Villeroy, futur duc de Retz et Paul François de Neufville, archevêque de Lyon, furent désignés comme co-seigneurs de Retz. Des aveux leurs furent rendus à ce titre. Le 15 juin 1718, bien que la succession ne fût point encore réglée, elle ne le sera que le 28 juin 1719, furent reçu à la Chambre des comptes, « les foy, hommage que Messire Louis Nicolas de Neuville, Duc de Villeroy, pai de France etc. étoit tenu de faire pour raison du duché de Rays… au veu des lettres patentes du roi données à Paris le 5 mai 1718. » « Ledit Duché mouvant et relevant prochement et noblement de sa majesté à devoir de foy, hommage, rachat et chambelenage, le cas y advenant. »

Le duché est rétabli.

Le duché perdurera jusqu’à sa vente au marquis de Brie-Serrant, le 18 avril 1778. Le roi ordonna son démembrement par lettre patente du mois de décembre 1779. Le marquis de Brie-Serrant se contenta du titre de « Baron de Retz ».

 

 

 

 

 

 

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