Un prieuré du XIIe
A la suite de la donation de Garsire 1er, sire de Rais, de son frère Gosselin et de son fils Haroid à l'abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron, le prieuré de Sept-Faux, situé sur la route de Saint-Père-en-Retz à Nantes, à proximité de Frossay, vit le jour.Cette donation fut confirmée vers 1145. Au XVIIe siècle, il passa à la congrégation de Saint-Maur. La chapelle était placée sous le vocable de Saint-Blaise.
Voici le texte de confirmation en latin tiré du Cartulaire de Tiron et la traduction effectuée en juillet 2006 par Mr. Emile Boutin.
Confirmation de la donation, à l'abbaye de Tiron, du lieu de Sept-Faux
(vers 1145)
« Notum sid quod dominus Garsirius atque frater suus Goscelinus et
filius suus Harroid locum illum qui dicitur Septem-Fagos, sicuti Philip-
pus de Mecent atque Escummardus de Veud Giraudo Normanno demons-
traverunt, ita libere et pacifice in terris et silvis et aquis, cum Fulcoio de
Daonia et Grafione de Pornez atque Guillelmo ipsius Grafionis filio, qui
partem ipius loci Septem-Fagos sibi vendicabat, monachis de Tiron de-
derunt ac concesserunt. Testibus : Brientio de Chemicherio et Otone de
Sancto-Philiberto, Mauritioque Raginaudi filio, Radulfo de Corsort,
Guillelmo Pilato, Ivoneque Cornilio, Petro Pilato. Et Gaudinus, Attonis
de Chamaire filius, qui in illis terris dominium exercebat hoc concessit.
Testibus : Fulcoio de Daonia, Contantio, Girardo de Sancto-Stephano,
Guillelmo Tornamina, Guasirio Hamonis filio. »
(Cart. de Tiron, f° 82 r)
En voici la traduction :
" Qu'il soit bien connu que le seigneur Garsire et son frère Gosselin et
son fils Haroid ont donné et concédé aux moines de Tiron cet endroit qu'on
appelle Sept Faux, ainsi qu'ils l'ont montré à Philippe de Messant, à Ecomard
de Vue, Giraud Normand, pour en jouir librement et pacifiquement des terres
et forêts et des eaux, avec Foulque de Daonia et Grafion de Pornic et Guillaume
fils qui avaient vendu une partie de l'endroit de Sept Faux. Témoins : Brient de
Chemeré et Oton de Saint-Philbert, Maurit Raginaud fils, Radulf de Corcept,
Guillaume Pilat, Ivon Cornili, Pierre Pilat. Et Gaudin, Atton de Chemeré fils
celle-ci est comprise dans les terresconcédées où nous sommes seigneur.
Témoins : Foulque de Daonia, Constant, Girard de Saint-Etienne,
Guillaume Tournemine, Garsire Hamon fils."
En 1460, le frère Pierre Trélan en rendit aveu au baron de Retz et en 1560 Missire Charles Le Mignen. Au XVIIe, Henry de Bruc abbé de Bellefontaire en était le prieur puis Maurice Gaubert le devint. Suite au mauvais entretien de ce lieu il déposa plainte au Présidial de Nantes le 14 juillet 1691 et obtint qu'un état des lieux soit effectué.
"La chapelle Saint-Blaise et ses dépendances"
« Lan Mil six cens quatre vingt douze, Le Trante
uniesme et dernier jour d'aoust, Veu par nous Pierre Dureau et Jan
Forget bourgeois experts jurés en titre d'office de la ville et compté
de Nantes, ayant avec nous Me Aubin Goheau commis greffier des
bastimans et de lescritoire, Le jugemen randu en l'audiance du présidial de
Nantes le quatorziesme juillet mil six cens quatre vingtz unze Entre
Mr le procureur du Roy dudit présidial proceddant de son office, Et
Messire Charles François de Bruc, Chevalier, marquis de Monplaisir,
heritier de deffunct Messire Henry de Bruc, vivant seigneur abbé
de Bellefontaine, soubz benefice d'inventaire dudit feu abbé de Bellefontaine,
quy prieur estoit du prieuré de Sept Faux, deffendeur, et Jullien
Joyé, fermier des domainnes et despandances dudit prieuré de Sept Faux,
aussi deffendeur, par lequel il est ordonné quil sera descendu en presence dudit
sieur procureur du roy pour faire estat et proces verbal des degradations
et reparations a restablir et necessaire a faire aux dommaines, maisons,
Chapelle, circonstances et despandances dudit prieuré de Sept Faux et
faulte aux parties donner, voullu, convenir dexpert ordinaire
quil en sera nommé doffice et prier jour pour descendre sur les
lieux ledit jugemant signifié apres, a la poursuilte dudit sieur procureur du roy
par Lelou huissier le dix neuff dudit meme mois, Lacte judiciel faict
en consequence devant monsieur le senechal de Nantes, le vingt neuff dudit
present mois, Entre Messire Maurice Gaubert, a present prieur dudit
prieuré de Sept Faux, demandeur. Ledit seigneur marquis de la Guerche et de
Monplaisir, deffendeur/./Et ledit sieur procureur du roy portant nostre nommination doffice pour vroir et faire estat et proces verbal desdites maisons
et dommaines dudit prieuré de Sept Faux et assignation pour dessandre
sur les lieux. A ce jour, en execution de tout quoy, nous sommes de
compagnies de Mr le lieutenant civil et criminel de Nantes, dudit sieur
procureur du roy, de Mre Pierre Bregeon procureur dudit seigneur de Bruc et de Mre
Jan Baptiste Babin faisant pour ledit Sieur Gaubert, montés a cheval et
dessandu au bourgc et paroisse de Frossay, distant de la ville de Nantes
de sept lieux, et le lendemain lundi premier jour de septembre
environ les sept heures du matin, nous nous sommes transportés
de compagnie desdits Sieurs lieutenant civil et criminel de Nantes et procureur du roy
et desdits Bregeon et Babin, aux maisons et logemants despandants dudit
prieuré de Sept Faux, sittué en la parroisse d'Arton, ou estans,
et estant entrer dans la Chapelle dudit prieuré, avons remarqué
que l autel est descouvert et nud, quy reste que la pierre beniste, deux
gradins ou marchettes au dessus desquels est un petit crucifix
et un tableau ou sont le nom et armes dudit feu sieur de Bruc
et deux figures dans leurs niches, un representant St Jan Baptiste
et l'autre Ste Anne, et ayant mesuré ladite chapelle, sest trouvé
avoir de longueur vingt sept pieds de dedans en dedans dont
il y en a unze de carlées de vieux carreaux, la plus part pouris
et le surplus est sans carreaux ny marque dy en avoir eu
depuis long temps, et que ladite chapelle estoit separer en deux par
un balustre de bois, duquel il en restoit environ de neuf
pieds de longueur sans attache et de peu de valleur, que la porte
d'entrée qui est a deux battans est fort vieille et neanmoins en estat
de servir, a laquelle il ny a quand a present aulcunne serurre ny
verrouil et ne ferme quavec un petit lien de chesne, que la cherpante
est en bon estat et que la couverture d'ardoise a esté
relevee a neuf de lattes depuis quelques annés et ny manque a presant
qu environ un millier d'ardoise et du clou a proportion, que les murs de ladite
Chapelle sont bons, et quaux deux costés de lautel sont deux
petis vitrage a verre dormant, dans lunne desquelles il y manque
trois lozange, et en haut du pignon sur ladite porte est un petit clocher
sans cloche.
Et estant sorti de ladite Chapelle, ledit Bregeon nous a fait remarquer
proche la porte d entrée dicelle, une petite cloche montée sur deux bois
de bout avec une petite chesne de fer pour la branler, sur laquelle
cloche nous avons veu le nom et armes dudit feu sieur de Bruc, gravés.
Laquelle cloche a dit estre celle qui estoit au clocher de ladite
Chapelle/
Au dessoubs de la chapelle, vers occidant est une longere de logemant
bastie sur mur, consistant en une petite chambre basse sans cheminée,
couverte en apantif sans porte de bois et avons veu du costé de louverture
de ladite porte, une vieille porte de bois tombée par terre, laquelle estans
placée et rejointe poura servir a ladite entrée /
Une autre chambre avec cheminée, dans laquelle on entre par une
porte qui ouvre sur la rue ou issue, ladite porte fermante a cleff
avec une serrure a bosse, et avon veu que dans la muraille de ladite
chambre du costé du jardin, il y avait autrefois une porte cachée
Laquelle est a present massonnée a pierre froide et est necessaire de mettre une
porte de bois pour la servitude de ladite chambre du costé du jardin/
Un autre parembas sans cheminée ouvrant sur ladite issue sans porte
de bois fors quil en reste un[pan] et trois barres et deux planches y attachées
Une autre chambre servant de boullangerie avecq cheminée, de laquelle
il ne reste que le manteau de bois et dans ladite cheminée est lembouchure
d un four qui est au bout,lequel nous a paru estre en bon estat/ Et
avons remarqué que la porte qui fermoit ladite chambre est hors
de sa place et tombée a terre, laquelle poura servir estant replacée
et renforcée de barres/
Et apres avoir considerer la couverture de thuille desdits logements
cy dessus, avons veu quil y manque quelques thuilles et festaux
et que pour la reparer il faut environ un millier et deux de
thuilles et un cent d archelet de deux pieds de long et que touttes
Lesdites chambres sont separées par des murs de reffante/ et a costé
est une petite souc a cochons, a present couverte de boure, construite
a massonne sans porte de bois et est necessaire dy en mettre une/
Une autre longere de logemant, a costé de ladite issue vers occidant,
consistant en deux parembas separés d'un mur de reffante, la couverture
desquelles a thuilles, a nous veu estre de nul valleur, pour larchelet[1]
estre vieil, caduc et poury mesme les festages et quil est necessaire de
changer les deux tirans sur lesquels la cherpante est apuyée, estant
de nul valleur et suportés par des bois de bout, sans quoy ils
seroient tombés, et que pour reparer ladite couverture, nous
estimons quil fault environ neuf cens darchelet de deux pieds
de longueur, et environ de deux milliers de thuille, se servant de
celle en ce qui se trouvera de bonne, et quil fault deux poutres de bois
aux deux ouvertures de portes desdites chambres ny en ayans aulcunne,
estimons que le mauvais estat ou sont lesdits logemans provient du deffault
d avoir esté entretenu des menues reparations /
Et nous a ledit Babin fait remarquer, au dessoubs de ladite chapelle, un reste
de vieille muraille de closture qui separe l enclos surdit, ladite chapelle
d avecq les issues desdits logemans, de laquelle muraille, il ny en reste
qu environ deux toises, que le surplus de ladite muraille qui ferme ledit
enclos d avecq lesdites issues est tombée depuis un long temps,
Et ayant mezuré la longueur quavoit ladite muraille, sest trouvé
contenir cens cinq pieds et par-dessus dicelle muraille est a present
une haye morte servant de closture, et le requerant ledit Bregeon
nous estans transporté dans deux bouquetz de bois quy sont au
dessus dedites chapelle et logemans, vers oriant, avons veu que ledit bois
sont eslevés sur vieilles souches et quil peut avoir environ trante
ans et ledit Bregeon declare avoir fait faire ladite remarque que pour faire cognoistre
que ledit feu sieur de Bruc précedant prieur a fait eslever ledit bois pour
laugmentation et utilitté dudit benefice/
De tout quoy nous avons fait et redigé de present nostre proces verbal
pour valloir et servir ce que de raison et retirer audit Nantes ou avons
arivés le mardi deuxiesme jour dudit mois d?aoust mil six cens quatre
vingtz douze
signé Jan Forget Dureau Goheau
ADLA Nantes
[1] Archelet : Lattis fait de planchettes de bois de 65 cm. de long environ et qui reposent sur les chevrons et reçoit les tuiles..
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Le port de Brest au début du XVIIIe
Sceau de la cour et juridiction de Pornic - 1598