Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /Mars /2007 10:19

Pour fertiliser les terres il était d'usage autrefois de procéder au brulage des mauvaises herbes, des restants de pailles encore sur le terrain des anciennes récoltes et d'obtenir ainsi à peu de frais un engrais naturel, ce procédé est l'écobuage. Mais il ne devait se réaliser qu'avec beaucoup de précautions et de surveillance et par temps favorable.

"Monitoire de Me Chevalier procureur fiscal de Pornic         13 xbre 1719

Mathieu Gautron de la baste etc.

De la part de me. Gilles Chevalier procureur fiscal au siège du duché de Rez, pairie de france a pornic, suivant la permission lui accordée par Mr. le Senechal de la juridiction du marquisat de la Guerche le 18 9bre dernier en execution d'un arrest de la cour du Ve dudit mois.

Se complaignant a ceux et  celles qui scavent et on congnoissance que le 7e 8bre dernier, quelques particuliers s'ingererent sur les dix heures du matin ou environ de mettre le feu exprès en le dessein prémedité dans le marais depandant de la maison des Morandières en la paroisse des St pere en rez pour y bruler les jonchées, boures, rouches et mottes qui estoient dedans et avoient desseiché par la chaleur de l'esté dernier.

Item que lesdits particuliers avoient esté chargé de mettre le feu ainsi dans ledit marais par l'ordre qu'ils en avoient receu de gens qui avoient le pouvoir de les commander, sans faire attention alors que le vent estant du coin de lorient, tres fort et impetueux, tout estoit a craindre pour ceux qui estoient au dessous vers loccident, aussi bien pour les matairies qui sont sittuées au septentrion et au midy desdits marais et qui en font les rivages.

A ceux et celles qui scavent et on congnoissance que le marais qui sapellent ordinairement les marais de la Gignais ont pres de deux lieux de longueur qui en hiver sont couvert d'eau mais qui au printemps se dessechent par les ouvertures ... faites à la coste par ou elles s'ecoulent et par les chaleurs de lesté dans lequel temps ils produisent des jonchées et des boures dont on se sert pour couvrir les sols quand ils sont sur les tesseliers et les rousses qui servent a couvrir les maisons de la campagne et dont les proprietaires des marais tirent des profits fort considérables.

Item que ceux et celles qui scavent et ont congnoissance que lexposant qui possede la metairie de la Riverais contigue et joignant ledit lieu des Morandières c'est trouvé le plus maltraité dans cette incendie par ce que toute la force du feu s'est jettée dans ses marais cotoyant vers loccident ceux ou on l'avoit mis, de sorte que tous les marais du complaignant dependant de ladite metairie a la longueur de pres dun quart de lieu ont esté bruslés, non pas seulement dans les boures, jonchées, rouches et mottes, mais encore a plus de deux pieds en terre, en sorte qu'ils sont hors d'estat d'en produire de longtemps.

Pareilles a ceux qui scavent et ont congnoissance que ledit incendie a entierement bruslé un pré de l'exposant sur le bas desdits marais et dependant de laditte metairie de la Riverais, contenant dix neuf boixellées, nomé le pré du Penitreau qui de dix années une commune lui prodisoit des chartées de bon foin et ce qui estre important cest qu'il est brulé de plus de deux pieds en terre et lon ni scavoit entrer que l'on ne tombe jusque a la ceinture dans les cendres et de quinze ans il ni a pas lieu d'esperer qu'il produise aucune herbe.

A ces causes  etc.  A Nantes le 13 xbre 1719."

Source : ADLA

 

Par Maurice Legault - Publié dans : retz-info-histoire
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Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /Mars /2007 09:36

Sous l'Ancien Régime, lorsque une affaire de police ne pouvait aboutir faute de renseignements suffisants, au prône de la grande messe, il était fait lecture d'un monitoire pour obtenir des informations de la population de la paroisse.

"Monitoire de Me. Chevalier, procureur fiscal a Pornic,      Octobre 1719

Mathieu Gautron etc.                                    A tous prestres etc.

De la part de n. h. Gilles Chevalier, sr. de grand Ville, suivant la permission luy octroyée par Mr. le Senechal du Duché de Rays a Pornic le 23 7bre dernier.

Se complaignant à ceux et celles qui scavent et ont connoissance que plusieurs personnes chassent journellement le matin et le soir avec le fuzil et dans des lieux ecartés de la paroisse de la Plenne, pour n'estre point veues de qui que ce soit crainte d'estre entrepries.

A ceux et celles etc. [qui scavent] que les pigeons de la fuye du grand Bois Roux qui est la seule qui soit dans laditte paroisse de La Plenne volants dans ces lieux ecartés sont tirés a coup de fuzils en l'air et à terre par lesdits particuliers, qu'ils tuent, emportent et mangent.

A ceux et celles qui scavent davoir veu lesdits particuliers contre la prohibition de la Coutume et des Reglements, tirer sur lesdits pigeons, en avoir tué quelqu'uns et blessé les autres qui sont allé mourir dans laditte fuye.

A ces causes etc. Donné à Nantes le     8bre 1719"

Pour mémoire les gardes-coste étaient  tenus d'avoir en leur domicile un fusil et de la poudre suivant les règlements, mais il leur était interdit d'en faire usage en dehors du service, et surtout pour braconner.

Source ADLA

 

 

Par Maurice Legault - Publié dans : retz-info-histoire
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /Déc /2006 17:33

Ces deux prieurés sont de fondation très ancienne, XIe siècle,comme nous le précise Mr. Emile Boutin dans son "Histoire religieuse du Pays de Retz" et dépendaient de la seigneurie de Pornic, tous les deux dépendants de l'abbaye Saint Serge d'Angers.

A travers l'aveu de 1702 nous avons un aperçu de la consistance de ces prieurés dont l'un situé à Pornic à peu près à l'angle actuel des rues St. André et des Gats.

Les pièces justificatives de l'Aveu de Pierre de Gondy de 1674 nous permettent de connaitre quelques-uns des prieurs :

« Quatre adveus fourny a la seigneurie de pornic,
le premier en date du 27 octobre 1476, par frère Hervé du Plessis ;
l'autre du 1er septembre 1557, fourny par le frère Michel Pinelly ;
le troisiesme du 19 novembre 1597, par missire Nicolas Grosseau
et le quatrieme en date du 20 Aoust 1639, rendu par frère Fructueux Girard,
lesdits aveux servans à la justification de la mouvance du prieuré de Saint-André de Pornic. »


Autres prieurs :
en 1616 : Frère Jan Cherbonneau prieur du prieuré de la Chaulme
en 1660 : Humble religieux Ignace de Ville Neuve
en 1678 : Don René Roquet, religieux de l'ordre de St. Benoit (4 août) 
en 1692 : Le sieur Don François Riaud, prêtre religieux.
en 1702 : Don Jacques Lesné, prieur titulaire des deux prieurés.

AVEU DU 29 AVRIL 1702

LE PRIEURE DE SAINT-ANDRE DE PORNIC

« Le vingt neufiesme jour d'avril mil sept centz deux
apres midi devant nous commis nottaire royal et
apostolique et nottaire du duché de Rais pairie de
france, rézidant en la ville de Bourgneuf, soubz signés
A comparu en sa personne, maistre Charles François Pacaud nottaire
et procureur au duché de Rays, au bourg des Moutiers, lequel
au nom et comme procureur spécial de Dom Jacques Lesné, prieur titulaire
des prieurés de Sainct-Martin de Rouans et de Sainct-André de Pornit, en
vertu de la procuration luy donnée en datte du troisiesme des présant
mois et an, passée devant René Caillaud nottaire royal et aspostolique
du dioceze de Poitiers, scellée le troisième dudit presant mois et an,
controllée a Thouars le mesme jour par Hurtault pour l'absence du
du sénéchal, laquelle ledit Pacaud nous a représenté et vers luy retenu
attendu quelle concerne autres affaires, apres s'estre deuement
submis et prorogé de jurisdiction du siège du duché
de Rays, paierie de France à Pornit pour l'execution et contenu au
present et ce qui en dispens, recognoist confesse et advoüe que le dit
Dom Jacques Lesné est homme subjet de, Très haute et tres puissante
dame Madame Paule Françoise Margerite de Gondy, duchesse de
de Lesdiguières et de Rays, marquise de Raigny et de la Garnache,
comptesse de Joigny, baronne de Mortaigne et autres lieux,
veuffve et douairière de très hault et très puissant seigneur
Monseigneur François Emanuel de Bonne de Créquy, duc de
Lesdiguières et de Rays, gouverneur et lieutenant pour le roy en la

province du Dauphiné etc. et d'elle tient et des fiefs, jurisdictions
et de seigneurie dudit Pornit, en fief d'églize franc et a debvoir de
prières et oraisons les chozes et dhomaines cy après desclarées,
Scavoir, est la chapelle et moustier dudit lieu de Sainct-André
et deux jardins joignant icelle avec une maison couverte de
tuilles autrefois couverte de pierres blanches avecq icelle il y a un four
vulgairement appellé le four de Sainct André,
 avec fonds, superficis
rue, et issues et autres appartenances et despendances, contenant
par fond trois boixellées de terre ou environ mezure dudit Pornit [4374 m2 environ], les dittes
chozes sizes et sittuéés en la ville de Pornit entre la maison qui
fust à feu Ollivier Guillou, cy devant possédée par Michel Gervaize
tenue d'Abel Sero et Janne Millet veuffve Gilles Du Bray, la maison qui fust
à André Laurans, cy devant possédée par le sieur Pierre Moraud et
Barbe Laurans sa femme, le grand chemin et rue qui conduit de
l'eglize dudit Pornit à la fontaine Geoffray et le chemin qui conduit
de par derriere la Motte à la Halle, avec distroit dudit four, les hommes
et estagers du bourg appellé le Bourg des moines et autres de la ville
dudit Pornit,

Item, confesse ledit Pacaud audit, que ledit prieur a droit de prandre
le sixiesme pain sur le quart pain que maditte dame prand et leve du pain
cuit tant en sondit four de Sainct-André qu'au four vulgairement
appellé le four d'Avau cy devant possédé par les héritiers de feu maistre
Guillaume Bastard avec droit de prandre et faire prendre des buches
et brandes en certains lieux et tennement de terres nommes les fieffs
de Rais seis proche la Chapelle du Tablier pour chauffer sondit four
de Sainct-André et y cuire son pain.

Plus, confesse et advoüe que ledit prieur tient de maditte
dame en sondit fieff et jurisdiction de Pornit, en la paroisse du
bourg de Sainte-Marie, un tennement de terre autrefois planté en
vigne, contenant quarente homméés ou environ, seis au fieff
de la Bordrie appellé la Basse Bordrie, entre le ruisseau qui descend
le long de la vallée Cornibet et les terres qui autrefois estoint plantéés
en vigne appartenant à Maditte dame de toutes parts, lesquelles
quarante hommées cy devant en labour que vignes,
plusieurs particuliers font à devoir de quint et luy appartient
de prandre et lever duquel quint les deux parts de la dixme des
vendanges et autres fruits y croissants,

Item, un fieff et canton de terre labourable
nommé vulgairement appellé le fieff
au moine seis en laditte paroisse de Sainte-Marie
contenant deux cents boixellées de terre ou environ, entre le
chemin qui conduit du bourg de Sainte-Marie à la Grange de l?Abbé
dudit lieu et le fief de la Guerche, d'un costé et des deux bouts
chemins entre deux l'un conduisant des Queurés audit Pornit et
l?autre dudit bourg à l'Espine de la Herse, lequel fieff et canton estoit
cy devant possédé par maistre Guillaume Grossin, le sieur Jan Baulon,
maistre Mathurin Droüet, Jan Gillet et sa femme à cause d?elle, Pierre
Gervaise, Jan Rambaud, Guillaume Ollivier et Michelle Gauvain sa femme,
à cause d'elle, Estienne Porcher et Perrine Gauvain sa femme et autres,
sur les fruis et levées duquel fieff ledit prieur à droit de prandre
et lever le droit de terrage à l'onziesme et les deux parts de la dixme.

Item, un petit canton de terre labourable contenant sept boixellées
ou environ, autrefois plantée en vigne jusqu'au nombre de vingt
hommées, entre terre du fief de Cens, d'un costé et des deux bouts
et d'autres costé un petit chemin conduisant de laditte fontaine
Geoffray à la Cornière Ollive et à Saint Michel, lesquelles sept
boixellées de terre ou environ estoint cy devant possédées par Mathurin
Fonteneau et Janne Gillet sa femme à cause d'elle, André Tardiff, Pierre
Rochard, les héritiers de Mathurin Porcher, Michel Sanson et
Michelle Mouraud sa femme à cause d'elle et autres à debvoir de quint
que le dit prieur prend et leve et outre les deux parts de la dixme

Item, les deux parts de la dixme des fruits et revenus qui
croissent par chacun an en trante quatre boixellées de terre ou environ
autrefois plantées en cent hommées de vignes seis au fief de la Muce
entre les Monseaux de la virée Pinceclou la rive de la mer, laditte
fontaine Geoffray

Item, quatre boixellées de terre ou environ autrefois plantées en dix
hommées de vigne seize derriere la Motte près la ville dudit lieu
de Pornit entre le chemin qui conduit dudit lieu de Pornit aux
Trois Croix et à Saint Père en Rais, d?un bout à Jacques Denion ,,,
et autres, dun costé jardin et osche à Nicollas Guichard et d'autre
costé à ?.. lesquelles quatre boixellées de terre estoint cy
devant possédées par le sieur Jan Rolland, Jacques Raimbaud et
Magdelaine Avril sa femme à cause d'elle, Eustache Cornel
et autres à devoir de quint que ledit prieur prend et lève
et outre les deux parts de la dixme

Item, un autre canton de terre contenant quatre boixellées
de terre ou environ seize au fieff Berquet autrement derriere
la Motte entre le chemin qui conduit ausdittes Trois croix et à
Saint Père en Rais par le bout le solleil levé, d'un costé et du
bout le chemin qui conduit dudit chemin aux Fosses et icelles
Fosses et d'autre costé terre du fieff de Cens, lesquelles quatre

boixellées de terre estoint cy devant possédées à devoir de terrage
que prend et lève ledit prieur avec les deux parts de la dixme
y croissant par labeur par le sieur Pierre Ernaud, Jan Droüet,
Nicollas Chantreau et autres.

Item douze boixellées de terre ou environ joignant le fief de
Cens appellé le Canton au dessus de Mozillais, entre d?un bout
vers solleil levé ledit chemin qui conduit dudit Pornit aux Trois
Croix, d?un costé autre chemin qui conduit desdittes Trois Croix
au village de la Mossardière et à Sainte-Marie, d'autre costé et
bout terre du fieff de Cens, lesquelles douze boissellées de terre
estoint cydevant possédées et labourées par le sieur Jan Mouraud,
François Porcher, les hérittiers de deffunct Me. Jan Coiffé
[les heritiers] de deffunct François Guichard, Pierre Rochard,
Jan Deniau et autres, à devoir de terrage à l'onziesme nombre
que ledit prieur prend à luy et outre les deux parts de la dixme

Item, un autre canton de terre contenant douze boixellées ou
environ, entre d'un costé vers midi terre plantée en vignes
à Simon Roguet et Janne Porcher sa femme, du bout vers solleil
couché chemin qui conduit de la Det au
au bois de la Tocquenais, d'autre costé le fieff
Piron et d?autre bout pré audit Grossin et Me.
Charles Thomaseau et sa femme à caude d'elle, lesquelles terres estoint
cy devant possédées et labourées par ledit Thomaseau et femme Nicole
Chantreau et autres à debvoir de terrage à l'onziesme des fruits que prend
et lève ledit sieur et outre les deux parts de la dixme.

Item, le droit de terrage à la onziesme des fruits que prend ledit
sieur prieur et outre les deux parts de la dixme croissant en une pièce
de terre contenant cinq boixelées ou environ cy devant possésées par
maistre Pierre Fouré, les hérittiers de Jan Pastoreau, ledit Nicollas
Chantreau et autres entre du costé vers solleil levé ledit chemin
qui conduit du bourg de Sainte Marie à L'Espine de la Herse, d?un bout
ledit chemin qui conduit dudit Pornic aux Queurés et d?autre costé
terres des Granges et d'autre bout à.....

Item, pareil droit de terrage et dixme des fruits d'un autre canton
de terre contenant sept boixellées ou environ que possedoit cydevant
me. Pierre Couronné et autres, d'un bout le chemin qui conduit
de la Croix de la Foucaudière à la pièce de la Taillée, d'un costé autre
qui conduit de la ditte Croix au Haut Chemin, d'un bout
terre à Michel Couronné et d'autre costé aux teneurs de l'Herberdière

Item, quinze sols de rante que doibvent audit sieur prieur

par chacun an et les deux parts de la dixme, lesdits Grossin,
Jan Mouraud, Clément Picard, les hérittiers Jan Angot, André Tardiff,
Pierre Rochard, Lucas Denis, les herittiers d'Esrienne Grossin, ceux
Pierre et Abel les Serots, de François Guichard, Ollivier Guillet, Jan
Janvier et autres sur et par cause d'une pièce de terre contenant
trante boixellées de terre ou environ seize proche le village de la
Janverie nommée le Fief au Moines, entre d'un costé le chemin
qui conduit de la Det à la Croix de la Janverie, d'un bout autre
chemin qui conduit de la ditte Croix au village de la Janverie
d?autre costé pièces enfermées appartenant aux dits hérittiers
Bastard, aux Janviers et le ruau dudit village.

Item les deux parts des dixmes de bled, vins, lins, laines et aigneaux
et autres du village, appartenance et despandances du village de la
Taffurière autrement Huchepie cydevant possédé par Martin Vigneu
et autres le tout assis et sittué en la ditte paroisse de Sainte-Marie.

Item, en la paroisse de la Pleine, un canton de terre contenant
quarente boixellées de terre ou environ, seiz au fief Billy entre
la maison qui fust à Jan Briand et cy devant à Jan Fouré et sa femme,
le chemin qui conduit de la Mouraudière à la maison qui fust à
Guillaume Cabaran et à présant à ...... et le chemin qui
conduit de Lorgerie au bourg de Sainte Marie, quelles boixellées de
terre estoint cydevant possédées et labourées par la veufve et hérittiers
du feu sieur de la Noe [Albert Deruais] et autres à debvoir de terrage à la onziesme que lève et prend le dit sieur prieur et outres les deux parts de la dixme des fruits.

Item, à ledit sieur prieur droit de prendre l'onziesme des dixmes
et autres fruits et revenus qui se levent chacun an sur les fiefs
Billy et Thilliac et sur le Fief de Blanche Couronne en laditte paroisse
de la Pleine, Scavoir des bleds, vins, potages, naveaux, lins,
chanvres, laines, aigneaux et autres levées et revenus y croissants

Plus en laditte paroisse de Sainte Marie confesse ledit Pacaud
audit nom qu'il est deub audit sieur prieur par chacun an au
terme et feste de Magdeleine par le sieur Pierre Mouraud et Barbe
Laurans sa femme, une charrette de foing au fait et charge
de quatre boeufs et un boixeau d'avoine mezure dudit Pornit
le tout de rante rendu par chaque an au dit prieur de Sainct
André sur et par cause d'une pièce de terre qu'ils tiennent de luy aux
debvoir et en faisant le paiement, doit estre laditte avoine
mize et rendue audit prieuré sur le thimon de la ditte charrette
sur laquelle sera ledit foing posé, le tout paié par une seule
main et un seul paiement, laditte pièce vulgairement appellée
le Pré de l'osche de Sainct André proche et

joignant le village de la Mossardière
entre d'un costé le chemin qui conduit du Pré Blanc
au bois de la Tocquenais, d?autre costé et des deux bouts audit
Mouraud et femme au fieff de maditte dame appellée le Fieff du
Plessis Grimaud.

Item, desclare ledit Pacaud audit nom pour ledit Sieur
prieur que les hoirs Perrot, Daviau, Langlois, Simon Manguy
et sa femme, Nicollas Picar et sa femme, les hoirs de Collin
Phillipon, ceux d'Aubin Phillipon, ceux de Perrot Tercier et Ollivier
Picard, les hoirs de Jan Denis, les hoirs de Thomas Butault 
de Perrot Phillipon et plusieurs autres luy doivent sur leurs
maisons du Bourg au Moines et autres hérittages la somme
de quatre livres de rante y compris les quinze sols cy dessus
sur le fieff au moines par diverses et menues parcelles suivant et aux
désir des actes quil en a recouvert, sans touttes fois pouvoir quant
à présent les mieux distinguer et particularizer à cause de
l?antiquité des actes et noms des teneurs et debitteurs, ce quil proteste
de faire touttes fois et quand il en aura cognoissance et recouvert les
actes.

Comme appareil des autres actes, rantes par froment et autres
graines, laines, toisons et autres droits et debvoirs qui luy
appartiennent à cause dudit prieuré comme journées à bras
à femme, protestant de par cy après les bailler aveq tous autres
droits, mesme de la jurisdiction qu'il a dit luy appartenir à cause
dudit prieuré sur les subjets et estagers des maisons, fieffs et
hérittages en despendant ayant recouvert ses titres et enseignements.

LE PRIEURE DE SAINT-MARTIN DE ROUANS

DAVANTAGE, Confesse et advoüe ledit Pacaud et audit nom
que ledit prieur tient de ma ditte dame en son fief de la
Hunaudais en la paroisse de Saint Martin de Roüans, membre
dudit duché, SCAVOIR, est la maison du lieu et prieuré dudit
Saint Martin de Roüans, avec la grange, estable au derrière
et maison adjacente et autres bastiment
, seiz et sittués audit
bourg de Roüans avec leurs ruages, issues, fours, entrées et
jardins contenant le tout deux boixellées de terre ou environ
entre le chemin qui descend du grand cimetière au port dudit
Roüans, d?autre le chemin qui conduit du village de la Bienasaizerie
à léglise, le canal qui descend de Pillon à Veuz, d'un bout la maison
dudit prieuré et d'autre le chemin qui descend dudit village de la
Bienassaizerie audit port de Roüans.

Item, un autre logis couvert de tuilles avec ses chambres
hautes et basses et grenier au dessus et jardin au derrière contenant
par fond une boixellée ou environ aussy audit bourg de Roüans
entre d?un bout vers le midy le chemin qui conduit dudit bourg
au vieux port, d'un costé le port dudit Roüans, d?autre bout
le canal et d'autre costé le jardin dependant de la Chapelanie
de [Leffaye], une pièce de terre labourable autrefois plantée
en vigne rouge appellée La Grande Vigne, contenant quatre boixellées
ou environ, bornée d'un bout le grand chemin qui conduit dudit
cimetière à la Bienasaizerie, d'un costé le jardin et muraille
de la cure, d'autre bout terre despandante de la ditte cure
d?autre costé le grand chemin qui conduit du port de la Bienasaizerie
à la forest de Prinsai.

Item, une pièce de terre plantée en vigne blanche
contenant quatre boixellées ou environ, a debvoir de quart deub
au sieur prieur recteur aveq rantes fontières par missire Augustin
Bourgeois cauzayants des herittiers de deffunct Guillaume
[Poscereur], borné d'un costé le grand chemin qui conduit dudit
Roüans a la forest de Prinsai, d'un bout l'osche aux Gris, d'autre
costé et bout le jardin et court du presbitaire et un jardin de la
Chapelanie Porcher dont jouissoit missire Marc
Regnaud, une autre pièce de terre contenant huit boixellées
ou environ plantée en vigne blanche à debvoir de quart audit
sieur prieur par Jan Guetenit pocesseur , entre dun costé
le grand moustier dudit Roüans, dun bout le grand chemin
qui conduit a laditte forest, dautre costé vigne qui fut
a deffunct Me. Jaques Bauget et autre bout vignes ausdits
herittiers Groscoeur

Item une piece de terre contenant trois boixellées ou environ
plantée en taillis et un petit lopin de pré de la Garnerie, d?un
costé audit Bauget, d'autre bout la vigne dudit prieuré cy
dessus nommée et d'autre costé vigne de la Bertaudière ausdits
herittiers Groscoeur

Item six seillons de terre ou environ audit village, d'un costé
terre audit Seguineau, d'un bout le grand chemin qui conduit
dudit village et d'autre bout terre dudit prieuré,

Plus audit village de la Cavarnière une boixellée de terre
ou environ, d'un costé à François Doulon, dun bout audit
Seguineau,

Item une pièce de terre sittuée au canton des Hautes vignes
contenant deux boixellées ou environ, d'un costé audit Seguineau,
d'autre bout aux Lucas, d'autre costé audit Lardiere et d'autre bout
aux Laboureaux.

Plus, un autre lopin de terre contenant une boixellée ou
environ au canton des Chaumes, d'un costé ausdits herittiers
Groscoeur, d'un bout le grand chemin qui conduit du moulin de
Roüans a laditte forest, d'autre costé aux Fillaux et dautre bout
autre chemin qui conduit dudit village a la Bienasaizerie aux
Justieres,

Un autre lopin de terre contenant neuff seillons ou environ
sittué dans les Combes, d'un costé la sante qui conduit de la Cavariere
au chemin des Justiers, d'autre costé aux Fillaud et un autre
lopin de terre contenant une boixellée ou environ au canton de la Costière
Justiières, d'un bout la piece Vignaud, d'autre costé la Chapelanie
dont jouissoit cy devant missire Marc Regnaud, d'autre bout
encore laditte Chapelanie et generallement tous les autres
herittage despendant dudit prieuré,

Item les dixmes des bleds, pois, fennes, vins, lins, chanvres
et aigneaux des villages de la Costière, Gaudichere, Vignaudrie,
les Quatrepeuz, les Gastes, la Clementiere, la Gaudiniere, la
Gravelle, la Chesnais, la Chalopière, la Doutrie, la Faits
lieu de Beq, la Corbinière, la Serabifiere, la Potrie sur et par
cause desquelles chozes cydessus ledit prieur confesse debvoir
chacun an a maditte dame a sa recepte dudit fieff de la
Hunaudais quatre sols monnois et quatre boixeaux de bled seigle
mezure dudit Pornit chacun an de rante, et outre estre tenu et
debvoir prier pour maditte dame ses predecesseurs et successurs

et outre lui devoir ferme droit et obéissance et a sa court et
jurisdiction tout ainsi qu'homme deglize doibt à son seigneur
pour prieres et oraisons et comme le fieff le requiert, desclarant
que les villages cy dessus nommés sont sittues entre laditte
forest de Prinsai, d'un costé les marais et canal qui descend
du Pont Barenger audit marais et canal, d'autre bout un
petit ruisseau qui descend des Landes des Justieres audit marais
et canal qui descend dudit Pillon a Veuz et que les dixmes luy
sont deues par les tenneurs et detempteurs desditz villages,
lequel present adveu ledit Pacaud audit nom
baille pour vrai et absolu escrit a maditte dame
et aux choses y contenues et desclarées, sur
lhipoteque dicelles, protestant di augmenter ou diminuer,
coriger, speciffier et plus a plain declarer sy requis est, et
partant de son consentement et a sa requeste, il y a esté jugé
et condempné par nous dits nottaires soubsignes par le
jugement et condempnation de nostre ditte court et a fait et
consenti audit Bourgneuff au raport d'André Cormier
commis nottaire royal et apostolique sus dit qui a adverti
ledit Pacaud et tous tous autres qu'il appartiendra de faire
enregistrer le present adveu au greffe des domaines des gens
de main morte dans le temps de ledit sy besoin est, soubs
le seing dudit Pacaud audit nom, lesditz jour et an que
devant, ainsi signé au registre Pacaud
et Cormier commis nottaire royal et apostolique et au bas
du registre escrit controlé a Bourgneuff le douziesme mai
mil sept cents deux, ainsi signé D : Amoureux qui a marqué
recu dix sols et ensuitte scellé a Bourgneuff du sceau des
nottaires royaux et apostoliques de Nantes le mesme jour
douziesme mai mil sept cents deux, signé Cormier commis
nottaire royal et apostolique.

Dudoi Cormier
nore. commis nore.royal et apostolique »
ADLA

D'après Chevas : "1679.- La chapelle Saint André est interdite à raison de son mauvais état. Les moines l'avaient abandonnée à un simple prieur ou moine, peut-être même à titre de bénéfice à l'un des leurs, revêtu d'autres charges ; toujours est-il que l'on ne trouve plus de moines à Pornic antérieurement à l'époque de 1679"

Toujours est-il que le 3 mai 1791 il fut procédé à son estimation, car elle faisait partie des biens d'église confisqués à la Révolution :

"Article 1er,

Dans la ville de Pornic, paroisse de Saint Gilles, une ancienne chapelle ditte de Saint André couverte d'ardoise, situé prest Le Bourg aux Moines, étant entre vers le Levant jardin cy après au couchant aussy mentionné cy après, rue entre deux conduisante de L'eglise dudit Pornic au Bourg au Moine, vers le nord maison, mazure et emplacement de four aux demoiselles Giraud, et vers Midy la rüe et chemin qui conduit de laditte Eglise de Pornic au dit Bourgs aux Moines estimé de revenu annuel six livres ...... 6 £

Art. 2.

Joignant l'article dernier, un jardin fermé de murailles contenant par fond y compris la Chapelle cy devant neuf seillons ou environ [1093 m2 environ], etant entre vers orient à Madame veuve Bonami Durocher, d'autre coté par endroit l'article dernier, par autre la Maison appartenante aux demoiselles Giraud, au nord Le Coteau de La Douve, et au midy laditte rüe qui conduit de L'eglise de Pornic au Bourg aux Moines, estimé de revenu annuel la somme de quinze livres cy .... 15 £

Art. 3

audevant du premier article mentionné cy dessus, un aire ou emplacement de Maison contenant environ un tiers de seillons , etant vers orient la rüe qui conduit de l'eglise de Pornic au bourg aux Moines, d'autre part vers occident à françois Bouvet, et vers Midy la rue qui descend des aires à la Motte, estimé de revenu annuel trente sols cy... 22 £ 10 sols."

ADLA

Cette chapelle avec ses dépendances furent vendues au citoyen Cappale pour 8412 livres.
 




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Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /Oct /2006 11:55

Plus connu sous le nom de « TOUR D’ARUNDEL ». Un premier phare est mentionné au XIIIe siècle sous le nom de « phare de la Pierre à Masson » ou « pharaillon de la Chaume », mais il semble plus qu’il s’agit d’un amer parfois allumé la nuit. Au début du XVIIIe, il était équipé d’une lanterne à quatre liens de fer avec un vitrage enfermant une « lampe ardente à grosse mèches pour servir de guide aux vaisseaux. Il fut  foudroyé à coup de canon en 1769. La tour est vendue en 1794 comme bien national. Ce phare fonctionne encore de nos jours. Article suivi d'une notice sur le chevalier de la Coudraye.



« Mémoire sur le feu de côte de la Chaume aux Sables d’Olonne, par Le Chevalier de la Coudraye, ancien lieutenant des vaisseaux du Roy ./.

Le Phare actuellement existant aux Sables d’Olonne, connu sous le nom de feu de la Chaume, est dans un état qui le rend également ridicule et dangereux. Il n’est point d’année où il n’y ait des naufrages à cette côte ; et il n’en est point où plusieurs batiments n’attribuent leur perte au mauvais état du feu. Un événement frappant, entre autres, fut celui du 3 Décembre 1785. La Sainte-Anne de Granville, venant de la pêche de la morüe, s’affala, pendant la nuit, presque sur la ville même, à terre des rochers très dangereux nommés Les Barges d’Olonne. Bientôt ce navire échoua et fut mis en pièces. Plusieurs matelots périrent sous les yeux d’une foule de spectateurs ; Les autres abordèrent sur les débris. Je les entendis moi-même attribuer leur perte à ce qu’ils n’avoient pas vû le feu, qui les eut averti et préservé ; et ils ne pouvoient croire, qu’étant aussi près de terre, il eut été réellement allumé sans qu’ils l’eussent vû ./.

L’établissement de ce feu est très ancien. Un arrêt du Conseil d’Etat du 14 Mars 1758, qui mantient M. Le Duc de Boutteville dans la possession du droit de feu aux Sables, relate des Lettres-Patentes de 1593, où il existoit déjà comme il est aujourd’huy. Aux termes des conventions faites, et rapportée dans le dit arrêt du Conseil d’Etat, Le feu doit être composé d’une lampe ardente à quatre mèches, où d’un flambeau au choix et option des habitans : mais par usage il consiste en deux chandelles, de demi-livre chacune, placée sur un chandelier sans réverbère. Cela seul suffiroit pour faire connoître toute sa défectuosité. D’abord des Chandelles ne peuvent être employées avec avantage parcequ’on sçait combien elles perdent de leur clarté, quand elles ne sont point mouchées et entretenues. Le fanal lui-même trop resserré ne peut être que promptement obturey par la fumée. La qualité des vitres, le manque de soins effet necessaire à l’éloignement du Gardien logé au Bas de la Tour ; la Construction du fanal surchargé de bois, contribuent encore à amoindrir cette faible clarté, aussi est-il fort ordinaire de ne point appercevoir le feu de l’extrémité de la ville même, à une distance de cinq cent toises. La Tour d’un autre côté placée au-dedans du Port, au lieu d’être portée sur le Bord de la côte, concourt à rendre ce Phare d’un moindre effet. Enfin les abus viennent se joindre à tous ces vices, et il necessaire d’entrer à cet égard dans quelques détails ./.

La Ville des Sables d’Olonne ne relève point du Roy. Le seigneur qui afferme cette terre, l’afferme avec tous ses droits parmi lesquels est compris celui du feu. Ce droit consiste dans un péage de 15 £ par voyage, pour chaque navire au dessus de 80 tonneaux appartenant au Port des Sables et allant en long cours, et de cinq sols par tonneau pour chaque autre Batiment entrant ou sortant du Port, mais par usage est réduit aux deux tiers de cette somme, c’est-à-dire 3s. 4d.. Il est assés extraordinaire qu’un droit fixé et maintenu par un arrêt si moderne à cinq sols, ne soit cependant perçu que sur le pied de Trois sols quatre deniers : mes recherches à ce sujet m’ont conduit à penser que la fait n’avoit point d’autre cause qu’un aveu tacite de la Défectuosité du feu. Cependant un relevé fait en 1784, 1785, et 1786 du nombre total des Batiments entrés aux Sables, et de leur port en tonneaux donne 9386 Tonneaux pour année commune, dont 3185 Tonneaux appartiennent à Trente navires du Port des Sables expédiés pour la pêche, ce qui donne droit de conclure que ce Péage forme un montant de 1466 £ 16 s. 8 d. par an. Le fermier qui demeure au Château d’Olonne à trois quart de lieuë de la ville paie lui-même un gardien pour le service du feu, et il n’est déterminé dans son choix que par le meilleur marché. La Solde des gardiens actuels, qui ont cet employ depuis quatorze ans, est de vingt quatre livres par (an), et deux livres de laine ; et depuis la mort du chef de la famille, arrivé il y a deux à trois ans, ce service n’est même fait que par des femmes. Au surplus il est à croire que, vû l’état des choses, aucun autre ne le rempliroit mieux. Le fermier fournit soixante livres de chandelles par mois en hivert, et trente livres en été, de sorte que l’hivert on doit renouveller les deux chandelles à minuit. En estimant à 360 £ ces divers frais, il en résulte que le droit de feu forme un Bénéfice de mille à douze cents livres par an, non compris les réparations. Les chandelles sont faites à l’Epargne chés le fermier, et leur inspection seule suffiroit pour le prouver. Je me garderois bien de répondre qu’elles fussent toujours renouveller exactement à minuit ;
et je me crois fondé à penser que souvent les deux ne sont point allumés à la fois, mais la seconde forme un petit casuel pour les gardiens. L’amirauté à bien sans doute une inspection directe sur cet objet, mais dans une petite ville, où tous les états sont rapprochés, les officiers de ce siège craignent de gêner les droits du seigneur, de s’en faire un ennemi, et de se brouiller avec une partie de leurs concittoyens. Ainsi donc, seigneur, fermier, gardien, tous sont indifférents à une meilleure tenue, et le marin ne sçait à qui porter ses plaintes. Il y a eu des procès par devant l’amirauté pour refus de payement du droit de feu fondés sur sont état d’innutilité. Les Capitaines ont été constamment condamnés parce que le seigneur n’est pas tenu en effet à un meilleur entretien. Cependant il seroit préférable en ce cas de supprimer tout à fait ce feu, en publiant sa suppression, parce que les batiments moins confiants employeroient d’autres moyens de vigilance et que le commerce se trouveroient soulagé d’un droit onéreux ./.

Le feu ne peut donc raisonnablement rester dans cet état actuel où il est. Sans doute qu’avec des lampions et des réverbères, on pourroit lui donner un peu plus d’avantage ; mais vû sa construction, son emplacement et la petitesse du fanal, il est peu à gagner à cet égard. La Tour d’ailleurs sur laquelle il est placé tombe en ruines. Le meilleur seroit donc réellement de construire un autre Phare ; mais cette dépense considérable, et que l’on ne peut pas estimer au dessous de vingt mille écus, demande par cela même d’être discutée. Il faut d’abord considérer si un feu aux Sables est très important, et je ne seroit point étonné que les avis ne fussent semblables sur cet objet, faute d’envisager la question sous le même point de vuë. En effet si l’on n’avoit égard qu’aux Batiments qui font la navigation du long cours, ce feu n’auroit que peu de conséquence parce que Les Sables ne sont point un lieu d’atterrage. Il seroit même à craindre qu’il ne fut confondu quelque fois avec celui de L’Isle de Rhé, il seroit alors mieux placé à l’Isle Dieu. Mais si l’on observe le cabotage, la pointe de la Chaume devient très interessante, parce qu’elle est saillante en mer entre les deux isles dont on vient de parler, ainsi qu’on peut le voir sur la carte ; parce que la Bâture des Barges la rend très dangereuse ; surtout parce que les marées qui portent avec force sur la Pointe de la Tranche ne permettent pas aux vaisseaux bien estimer leurs bordées pendant la nuit, et qu’il s’en perd par cette raison régulièrement tous les ans sur ce point de la côte, et quelques fois dans un nombre effrayant ; enfin parce que c’est un lieu de passage continuel pour les batiments qui abordent La Rochelle, à Rochefort et à l’Isle de Rhé. Des fenêtres de ma chambre, d’où les regards s’étendent sur la pleine mer, j’estime qu’il passe chaque jour, l’un portant l’autre, dix batiments à vuë non compris ceux de la nuit, l’éloignement et l’inattention me dérobent. Aussi Les Sables sont-ils pendant la guerre un rendez-vous presque continuel pour les corsaires ennemis. J’ai été temoins de plusieurs actions et de plusieurs prises. Le 16 mars 1782, la gabarre du Roy L’Esturgeon, commandée par Mr. Dervit officier-auxiliaire, fut obligée de venir chercher protection sous les Batteries de la Chaume et de Tanchet, contre des corsaires qui la poursuivoient. Le 14 juillet 1782, Le lougre du roy Le Triumph commandé par Mr. Bertrand de K/anguen lieutenant de frégate et escortant dix Batiments à Rochefort, fut contraint d’entrer dans ce port avec toute sa flotte attaqué par quatre corsaires dont les boulets venoient jusqu’à terre ./.

Un feu aux Sables me paroît donc essentiel, mais il faut considérer encore les dépenses de cet objet qui deviendroient à charge si elles devoient être supportées par le seul département de la Marine. Voicy donc mes idées à cet égard que je conçois cependant pouvoir être soumises à des considérations plus puissantes, comme elles doivent l’être à La Sagesse plus clairvoyante du ministère. Le Roy fait faire des travaux considérables au port des Sables, ainsi qu’on peut le voir sur le plan particulier de la ville qui est joint à ce mémoire. Le remblai, les jettées, le quai des Sables, La plus grande partie de celui de la Chaume sont déjà faits et exécuter avec une magnificence qui feroit honneur au Port de Brest même. Il reste à continuer le quai de la Chaume et à construire ensuite le Bassin et les écluses. Ces travaux sont faits sous la direction du corps des Ingénieurs des Ponts et Chaussées avec un fonds de Quarante mille livres levé extraordinairement pour cela tous les ans sur deux des Elections de la province du Poitou, et auquel Le Roy contribuë pour deux autres tiers, c’est-à-dire pour 80000 livres. C’est de ces fonds, de cent vingt mille livres par an, qu’il me semble possible et convenable de Bâtir un nouveau Phare. J’appuie à cet égard sur une reflexion puissante et vraye, c’est que ce Phare seroit infiniment et incomparablement plus utile encore à la navigation, même à celle du Port, qu’aucun des autres ouvrages que l’on exécute. Au surplus si on pensoit que cette entreprise dût être précédée d’une requête où demande des marins et des principaux interressés de la ville, je crois certain que tous la signeroient avec le plus désir d’obtenir son exécution. Ce point rempli, il resteroit à pourvoir à une autre dépense, qui est l’entretien du feu. La Tour du feu faisoit partie autrefois d’un château militaire dont on voit encore les fossés et l’enceïnte ; mais je n’ai pu découvrire l’époque ni de sa fondation ni de son abandon. On raconte dans le paÿs, avec des circonstances qui rendent le fait probable, qu’il existoit un commandant de ce château, lorsque la ville des Sables fut Bombardée en 1696. On ajoute que quoique cette place ait été supprimée, les appointements ne l’ont pas été et tombent dans des parties casuelles du Département de la Guerre. Ce sont ces appointements qu’il seroit avantageux d’obtenir pour l’entretien du feu, en les considérant comme attachés à La Tour du feu, et non à la Tour d’un château militaire ; et je bien encore qu’il seroit possible que la requête des habitants désignât et demandât cet objet si on la jugeoit convenable. C’est de cette sorte que le Ministère de la Marine opéreroit une revolution très avantageuse sans nouvelle dépenses de sa part. Alors le feu construit aux dépends du gouvernement, pouroit, même en ressortissant s’il étoit nécessaire de L’amirauté, être soumis à l’inspection du Chef et du Commissaire des Classes pour assurer sa bonne tenuë. La Place du Gardien seroit à leur présentation ou à leur nommination feroit le Bien être d’un ancien marin du Port et de sa famille. Alors encore on pourroit soulagé Le commerce du Droit de feu, soit en totalité, soit en partie, et accréditer le seul port de la vaste et riche Province du Poitou. Mais si ces appointements, ou l’espoir de les appliquer à cette destination ne sont qu’une chimère, on pourroit au contraire maintenir, où même augmenter un peu le droit de feu et qu’une meilleure tenuë semble autoriser. On pouroit y réunir un droit de Balises qui se perçoit aux Sables, et qui est à peu près de dix sols par entrée et par sortie pour chaque bâtiment. Ce servoit à l’entretien des Touners ou Bouées placées dans le Port pour indiquer le chenal, mais sont totalement inutiles depuis la construction des quais, puisqu’il suffiroitd’indiquer par une marque à terre les légères variations qu’il pourroit éprouver, si tant est qu’il en arrivât. Peut-être ce droit de Balises tient-il par quelque côté aux prérogaives de L’amiral, mais il n’est impossible de penser que ce Prince eut à cœur de maintenir une inutilité ./.

Cependant il se presente une difficulté pour l’exécution de ces projets. C’est le droit du seigneur sur ce feu : Droit honorifique, lucratif et incontestable tout à la fois ; qui lui a été confirmé par l’arrêt du Conseil d’état du 14 Mars 1758 ; et qui est fondé sur les Titres les plus authentiques dont il est fait mention dans le dit arrêt. Mais cette difficulté ne semble pas insurmontable. On peut conserver au seigneur un cens ou redevance légère sur cet objet pour perpétrer le Droit honorifique. La partie lucrative peur être payée, et un bénéfice de mille à douze cent livres ne forme qu’un capital de vingt à vingt-quatre mille livres. A l’égard de son consentement, il est peu probable qu’il puisse le refuser d’après les considérations suivantes. L’arrêt du Conseil de 1758, ainsi que tous les autres titres antérieurs obligent le seigneur à l’entretien de la Tour aussi bien que du feu. Il doit donc la faire réparer parce qu’elle tombe ; une si grosse dépense est allarmante pour tout particulier. Son insuffisance srviroit de réplique, s’il vouloit objecter qu’elle peut durer encore quelques années dans l’état où elle est. Enfin il me semble que lui-même seroit embarassé, si on lui observoit le besoin absolu d’un feu, la nécessité de réformer celui-cy, qui n’a pû subsister ainsi que par l’ignorance d’une des parties contractuelles, contre laquelle tous les marins réclament ; et l’obligation où il est de rebâtir la Tour pour avoir un fanal plus spacieux et mieux disposé. Mais le Patriotisme seul suffit pour faire croire que le consentement du seigneur n’apportera aucun obstacle au Projet ./.

Supposons à présent que le ministère soit décider à élever un nouveau phare, et en considérant qu’el doit être le lieu de son emplacement. Il se présente trois points dont on va discuter les avantages et les inconvénients. Le Point C, où est l’ancien Phare offre les fondements et les matériaux de la Tour et de l’ancien château sur un terrein de Roc, et conséquemment il présente une idée d’économie. J’ai estimé que la hauteur du feu étoit de 96 pieds au dessus du niveau de la mer et de 66 pieds au dessus du terrein, de sorte que celui cy à lui-même trente pieds d’élévation. Cette hauteur domine au dessus du côteau de la Chaume, et elle est suffisante pour que le feu puisse être apperçu du large, c'est-à-dire dans l’ouest et dans le nord-ouest, lorsque la lumière sera vive, ainsi cette position du Phare ne formeroit point à cet égard un obstacle. Cependant l’Epargne ne peut être que peu considérable, parce qu’il faudroit abattre la Tour toute entière, et qu’il ne s’agiroit plus que de transporter les matériaux ailleurs. Il faut convenir aussi que cette situation du feu très en dedans du Port est désavantageuse. Souvent son aspect doit être troublé par les vapeurs qui s’élèvent de la terre et donnent des apparences fausses qui ne permettent pas de juger sainement des distances. Je pense que la position C de l’ancien Phare doit être abandonnée ./.

Le Point E, où est un corps de garde, est le point le plus élevé du côteau ; il auroit consequemment l’avantage d’avoir besoin d’une moindre élévation de Bâtisse. Quoiqu’il fallut fonder la Tour sur le sable, ce sable est tellement pressé et égal que l’on bâtit dessus avec beaucoup de solidité. Ce point à de plus l’avantage d’être situé le plus convenablement pour être le mieux apperçu du large et de tous les endroits de l’horizon ./.

Cependant je préfererois le Point D où Pointe St.Nicolas. La raison de cette préférence est que le feu marqueroit alors l’entrée du Port, circonstance qui dans quelques cas pressés peut-être utile à un vaisseau forcé de faire côte pendant la nuit. En effet on est en perdition, corps et biens, partout ailleurs que sur la plage des Sables, le feu ainsi placé peut être dans quelques cas permettre de venir chercher le Chenal du Port et d’y échouer de préférence. La Pointe St. Nicolas à encore l’avantage que n’a point le corps de garde E, d’être connuë de tous les marins et portée sur toutes les cartes. Son fond est de Roc, et son élévation au dessus du niveau de la mer d’environ trente cinq Pieds. Il y avait autre fois à cette pointe une église qui existe encore, mais qui sert depuis la dernière guerre de magasin d’artillerie pour le service de la Batterie qu’on a élévé à cette même Pointe. Peut-être seroit-ce un avantage que le Gardien du feu le fut aussi de la Batterie ; Cependant si l’on craignoit le mélange de deux autorités de la mer et de la terre, il est facile de les séparer. Au surplus je saisirai cette occasion de dire qu’il seroit absolument convenable que, du moins pendant La Guerre, l’autorité fut confiée aux Sables à quelqu’un du département de la Marine, tant pour surveiller la navigation et la manœuvre des corsaires, que pour diriger les deux batteries de la Chaume et de Tanchet. Vingt fois j’ai vû ces Batteries tirer sur l’ennemi pendant les dernières année de La Guerre. Quelques fois elles ont tiré sur nos propres Batiments poursuivis, et cela ne peut surprendre, parce que, leurs bordées les forçant à virer de bord, on jugeoit qu’ils fuyoient, et qu’ils étoient des ennemis eux-mêmes. Ces Batteries, qui doivent avoir du gros Calibre, situées cependant loin des grands arcenaux de La Guerre, seront toujours négligées et mal approvisionnées par d’autres que par la Marine. J’ai vû crever un des Canons ; la poudre étoit le plus souvent détériorée ; les Boulets n’étoient pont de calibre, et la portée n’étoit pas la moitié de la portée ordinaire. Le plus souvent on considère les batteries de côte comme de peu d’importance ; et ce qui est vray en général ne l’est point aux Sables. C’est que cette ville à une situation qui lui est entièrement particulière. Elle est tellement au bord de la mer que le remblai n’a été construit que pour la préserver d’être inondée par les flots. Nulle Isle, nul abry devant elle, c’est la lame du large qui brise contre ses murs. Des Corsaires pouroient d’autant plus facilement la mettre à contribution que nul n’auroit L’autorié de former un plan de défense et de réunir particulièrement les marins. Le 29 novembre 1781, j’ai vû les canots de quelques corsaires venir enlever et piller plusieurs Bâtiments qu’ils avoient fait échouer sur la plage de la ville et qu’on auroit préservé avec une seule chaloupe armée. Aujourd’huy qu’un chef des Classes réside aux Sables, pourquoi ne seroit-il pas revêtu d’une autorité suffisante à cet égard ? Ne seroit-ce pas encore une occasion de revendiquer pour le département de la Marine les anciens appointements du château ? Pendant la paix cette autorité seroit encore utile pour établir un ordre inconnu jusqu’ici parmi les chaloupes de pesche, pour porter des Pilotes où des secours aux Batiments du déhors qui en ont besoin et le font connoitre ./.

>

Source : Service régional de l’inventaire Pays de la Loire et A.N.

LE CHEVALIER DE LA COUDRAYE :

« Le chevalier de la Coudraye, né le 25 mai 1743, à Fontenay, dont son père était gouverneur, se distingua d’abord dans la marine. Dès 1764, il était reçu membre de l’Académie royale de la marine, à laquelle, en 1770, il adressait les quatre premiers fascicules d’un dictionnaire ayant trait aux choses de la mer, et en 1778 il publiait « La Théorie des vents ».

En 1780, il abandonne le service pour se consacrer exclusivement aux sciences, et fait imprimer successivement un mémoire sur le « Régime Végétal des gens de mer » (1781) et la « Théorie des Ondes » qui lui ouvre les portes de plusieurs académies étrangères.

Au mois d’avril 1787, devenu collègue de Robespierre, à l’Académie des belles-lettres d’Arras, il publie un mémoire intitulé « Observations sur l’histoire naturelle des Sables d’Olonne ». Successivement délégué de l’élection de Fontenay (1787), puis membre de la Constituante où il se fait remarquer par ses aptitudes et une grande compétence dans les questions intéressant la marine, il avait, le 11 décembre 1790, la grande satisfaction de voir un décret réglementer, suivant ses vœux, l’organisation des gens de mer.

Mécontent de la tournure des évènements politiques, il rentre en Vendée aussitôt la fuite du roi et se mêle à tous les complots qui s’y ourdissent. Au plus fort de la Terreur il se sauve en suède ; en 1812, il devient colonel de la marine russe, membre honoraire de l’amirauté à ce département et sujet de l’empereur de Russie : il avait alors 67 ans. Cette même année, il abjure entre les mains du général des jésuites, à Saint-Pétersbourg, les erreurs religieuses et philosophiques dont il se reconnaissait coupable. Il mourut en 1817.

Source : Extrait de l’œuvre de Louis Brochet « La Vendée à travers les âges » - 1902.













































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Jeudi 21 septembre 2006 4 21 /09 /Sep /2006 08:53

Merci de lire la première partie de cette histoire avant celle-ci.


                                                          2e Partie 

           La Plaine, Plana, la Plenne



                                       "Le bourg vers 1850"


Comme pour un grand nombre d'autres communes
le passé de la Plaine est enseveli dans la nuit des tems.

Le Nom de Port aux Goths donné à l'une des petites
baie de sa cote, l'existence non vérifiée du camp normand
ou peut être romain ; tout cela indépendamment des restes celtiques
qui se trouvent sur son territoire atteste que ce
lieu fut habité dès les premiers siècles.

On assure aussi qu'il y a une vingtaine d'année,
au dessus de la principale porte de l'église, une pierre
portait le millésime de 1001.

Mais ne voulant rien hazarder on se bornera aux documens qui
existent a les réunir.

1400

Suivant Ogée, la terre et seigneurie de la Plaine
appartient à Robert Brochereul.

1418

Jeanne dame du Bois de la Roche, fille de René
Brochereul, hérite de la seigneurie de la Plaine.

Cette seigneurie est une haute justice .

A la même époque, le Bois Raoul, peut être un souvenir
normand et que l'on connaît dans le pays sous le nom de
Bois Roux appartient à Jean Villageays, noble et avocat
d'assise. Le manoir de la Soudouere à Guillaume Quolle,
La Palienne à Jean Gallery, Vaubenoist à Thébaud de la
Haye, Maupiron à Guillazume de Penhoër, La Lande
à Jean Galleraye, La Hauduzaye à Jamet Roussel.

Ogée cite encore, mais comme maison plus moderne
la Briandière ou Brillardière, la Noë et le Bois Monet.

1429

Jean Blanchet et Guillaume Chausse dressent le
Tableau de ceux qui doivent être exempté de l'impot :

Nobles  Perot et Geoeges Prouvet demeurant à
la Soudouere  Thebaud (Rocevin). Jean Gallery a son
Hotel de la Palienne ou il a metayer franc

Manoirs et metayers
L'Hotel et Domaine du Bois Raoul à Jean Villageays
qui a un metayer. L'Hotel et manoir de la Soudouere
a Guillaume Quolle. L'Hotel de Vaubenois à
Thebaud de la Haie ayant metayer franc. L'Hotel de
Maupiron a Guillaume de Penhouet ayant metayer
franc. L'hotel de la Haudunais à Jamet Roussel
avec metayer franc. L'Hotel de la Lande à Jean Gallery
ayant metayer franc.

Exempts
Jean Ganguet receveur et officier du Sieur de Vollvyre
ou Volvire  un sergent franc de meme, un autre de Rays,
un de Blanche Couronne, un de la Musse, un de
Vigneu ( en le Pellerin) Geoffroy de (Baûf ?) est
forestier

1426

Le dénombrement de cette année au lieu de 41 feux
n'en compte plus que 39 et met au rang des exempts de
fouage, cinq nobles personnes, un metayer, un sergent et
onze pauvres, il porte à 119 le nombre des contribuans

1461

le 7 xbre Jean Jarné l'aisné, rend aveu au duc de Retz
pour deux herbregements, l'un nommé La Noë et l'autre la
Briandière

1470

le 15 décembre, Alain de la Lohérie sieur du Boisrouault
fait acte de foi et hommage au Sire de Retz, pour cinquante
livres de rente en la paroisse de la Plaine qui lui ont été données
par le sieur de Tillac en faveur de son mariage avec la fille
dudit sieur

1485

Jean Gallery est institué capitaine du Château de St
Etienne de Malmort (St Etienne de Mer Morte)

1639

Cette date est celle du plus vieux registre de l'etat civil de la commune

1682
Dans la visite diocesaine de cette année ; l'archidiacre
Binet ordonne de faire reparer decemment les
figure de St Pierre, de St Paul, de St Sébastien et de St Julien

Il ordonne de faire rechercher les registres de l'Etat Civil
qui sont dispersés et d?en faire la remise aucx mains du
Recteur

1701

Le Revenu du Prieuré de la Plaine, dont est titulaire
M. Tessier, est porté au Pouillé pour 1900 £

1749
La dissenterie et les maux de gorges font d?affreux
ravage, on compte à la Plaine 106 victimes de ces cruelles
maladies, l'année est pluvieuse et la recolte ne donne
que de mauvais blés encore en petite quantité

1755

Un prêtre séculier, Mr Barbier remplace comme Prieur le
moine de Geneston qui remplissait les fonctions de Recteur
C'est à cette époque que la cure devient à l'ordinaire, cest à
dire à la Presentation du Pape et de l'Evêque (Alternis mensibus)
encore bien que l'abbé de Pornic prétendit toujours en avoir la
presentation

1770

Les Recoltes manquent, le froment se vend 40 £ le septier ;
La fabrique est obligée de venir au secours des malheureux habitans.

1779

La seigneurie de la Plaine est aux
mains de Mr. Albert de Ruays

1782

Mr. de Brie Serrant, vend au
Comte de Talhouet Grationnaye, tous les droits de fiefs de juridiction
et préeminence qu'il peut avoir dans la paroisse de la Plaine
dépendante de la baronnie de Retz dont il est possesseur

1788

On trouve dans les aveux rendus cette année que le sieur
de Ruays, le Recteur de la Plaine et le couvent de Ste Marie et
autres y dénommes doivent 32 £ monnoies et 86 boisseaux de froment
au Duché de Retz pour les dépendances du fief Billy

Le Duc possède le moulin à vent de Chantepie

Les Moines de Blanche Couronne, pour le fief du même nom
qu'ils possèdent dans la paroisses, le fief de la Guerche, de la Souchais,
de la Fandouère, anciennement nommé la Soudouere,
de la Noë doivent tous foi et hommage et quelques le rachat

Le Prieuré et les décimateurs religieux sont tenus aux devoirs
de prières et oraisons

Le fief de la Muce, appartenant à plusieurs, doit des
redevances en argent, froment, avoine, chapons et poulets ; en
outre, le duc, prélève les deux tiers des dîmes

Le fief de Teillac doit un cens de 18 £ 13 s et le duc y
réleve les deux tiers des dimes au treizieme, sur les blés,
vins, lins laines et agneaux, il a un moulin bannal ou l?on
donne le 16e

A. Beauvis sieur de la Riaudais doit foi et hommage
et rachat pour la métairie du Grand bois Raoul

A. Baye sieur de la Giraudière est soumis aux mêmes
devoirs pour la metairie du petit Bois Raoul

Le prieur de St Gildas, pour sa chapelle et ses rentes est
tenu aux devoirs de prières et oraisons

D'en cette époque quelques habitans de la Vendée viennent
à la Plaine pour faire usage des eaux de la fontaine ; au
grand étonnement des habitans qui ne comprennent rien à
cette fantaisie que la science et la mode devait consacrer
au grand avantage, sinon de tous les buveurs, au moins à
celui de tous les habitans industrieux


1789
Dans l?assemblée des paroisses du 30 7bre, celle de la
Plaine est de celles qui votent des pouvoirs illimités

Au mois d?octobre, en vertu de l?arrêt du conseil du
20 7bre, le general de la Paroisse remet à la monnaie
2 marcs, 7 gros 12 grains d?argenterie provenant de l?Eglise

1790

Le premier maire de la Plaine est nommé par le nombre
imposant de 1370 votants est élu maire J. Thébaud
chirurgien ; procureur de la commune M. Fourneau ; officiers
municipaux J. Fourneau, Jn. Viaud, Nicolas Leray, Nicolas et
Joseph Carvain plus douze notables

Mr Barbier, toujours recteur de cette paroisse prononce un
discours à l'occasion du serment civique qu'il prête
avec les nouvelles autorités et la foule assemblée dans l?église

Mr Joyau vicaire de Mr. Barbier ne suit pas l'exemple de
celui-ci et plus tard il est porté sur la liste des Prêtres
soumis à la déportation

Au mois de novembre, Mr Barbier écrit à l'administration
de Paimboeuf la lettre suivante :

« Je m'adresse à vous, avec bien la confiance, pour vous prier
de bien vouloir me justifier auprès de votre respectable tribunal
qui pourrait croire que je suis opposé aux lois que porte l?assemblée
nationale. Si j'ai signé une requete qui a couru, ça été sans
penser qu'elle renferme rien de repréhensible et que je croyait que son
sort serait comme celui des requêtes ordinaires qui est
simplement ou d'être écoutées ou rejettées, on ne doit pas
me soupçonner d'avoir des sentiments différents des
vôtres, puisque j'ai fait le serment civique avec
tous mes paroissiens et que j?ai prononcé avant
notre maire, un petit discours analogue à la
cérémonie. J'ai toujours obéi aux lois divine
et humaines et ne compte pas me démentir.
Ainsi Monsieur, je déclare de nouveau vouloir
aux décrets de l'assemblée nationale,
vivre et mourir bon patriote et que la signature
que j'ai apposé sur cette feuille chargée de signatures, est censée non avenues et
que je révoque ne sachant pas même ce qu'elle contient.
Je vous recommande ma petite affaire avec bien la confiance,
J'ai l'honneur etc? »

1791

La déclaration des biens ecclésiastiques qui se trouvent dans
la paroisse est faite cette année et presente :

La Cure, titulaire Barbier 32 tx 2480 £
dans ce revenu les dîmes en grains au 39e entrent pour 1495 £ 
et celles du vin pour 240 £ 

Le Benefice des Morpaux, titulaire Galipaud
probablement le recteur de Pornic 90£

Le Benefice de la Mulotière titulaire
Pelletier 5 152 £

Celui de Blanche couronne, titulaire
de la Tour Bénédictin, soumis à la
déportation, une rente annuelle de tonneaux froment 750 £

L'abbaye de St Serge d?Angers traite et donne 250 £
                                                --------------------------
                                                Total ........  37 tonneaux     3722 £

La municipalité réclame quelques canons pour proteger
ses cotes et s'opposer aux descentes qui pourraient être tentées

Mr. Barbier meurt cette année, Mr Moriceau est appelé
à le remplacer

1792

La Patrie est proclamée en danger, et cette proclamation est
faite par le curé moriceau, ainsi quil en rencontre au journal de
Nantes dans la lettre suivante :

M , dimanche dernier 22 du présent mois, je donnai lecture
a mes paroissiens, au prône de la grand messe, du décret
de l?assemblée nationale qui déclare la patrie en danger ;
et celui qui fixe les mesures à prendre en pareil cas ;
l'un et l'autre produisirent la plus grande sensation
parmi eux et ranimerent leur courage et leur
patriotisme, que toutes les intrigues
ne pourront jamais ralentir, a l?issu des
vêpres, tous les citoyens se réunirent sur la place d'armes
avec la municipalité et la garde nationale et
arrêterent unanimement au nombre de trois cents
(ma paroisse est composeée que de 1400 individus)
de monter la garde jusqu'à nouvel ordre pour
le maintien de la tranquillité, la conservation des

proprietes et des moissons et le soutien de la
constitution. Leur attachement et leur zèle pour la
patrie me sont trop connus pour ne pas leur donner
la plus grande publicité, en consequence, je vous prie d'en
faire mention dans votre journal et de me croire etc.

signé Moriceau, curé de la Plaine

a la mairie ce 22 juillet 1792, l'an quatrieme
de la liberté

P.S. La garde nationale réunie dans le bourg, se divise
en quatre escouades et se promene toute la nuit, dans les
quatre section laissant quatre hommes au corps de garde.

1793

La commune de la Plaine est une de celle du district
qui se montrent des plus dévoués à la cause républicaine ;
le 11 mars, la moitié de sa garde nationale se porte
sur Bourgneuf menacé par les insurgés

Le 27 mars, à l'attaque de Pornic, Fourneau maire de
la Plaine et la plus grande partie des habitans de sa
commune, montrent le plus vif enthousiasme et se battent avec
un courage remarquable, ne cédant qu'à l'immense supériorité
numérique des royalistes, le malheureux Fourneau victime de
son courage, meurt avec quelques autres de ses administrés et n'a
pas la douleur de voir le triomphe de ses adversaires parmi
lesquels il ne se trouve qu'un bien petit nombre d?habitans de la
communes qu'il administre

Le 18 juillet, les insurgés envahirent le territoire de la Plaine, brulent
les archives de la commune et se retirent à l'approche d'un détachement de Paimboeuf
emmenant avec eux, quelques bestiaux et ce qu'ils purent enlever de grains

La garde nationale, avec un zèle admirable fait le service
aux portes du Bourg et de la pointe St Gildas et concurrement
avec les habitans de Ste Marie, celui du poste établi au Porteau

Le 12 Aout, les royalistes font une nouvelle irruption dans
la commune y tuent quelques patriotes, en blessent
plusieurs autres et emportèrent des subsistances

Une sortie est faite au mois de septembre par la garnison
de Paimboeuf, qui enlève de la Plaine les grains et les
subsistances qui ont pu échapper aux royalistes

1794

L'administration du District demande avec instance que
contrairement aux ordres du Général Turreau les armes des
patriotes de la Plaine ne leurs soient pas enlevée

1795

Un navire se perd au mois de fevrier sur les cotes de la Plaine
les farines que l'on parvient à sauver sont remises au district

Une école est ouverte à la Plaine

Pendant plusieurs mois le général Cambray habite la
maison du Bois Raoul et commande un camp de troupes
réglées, établi sur la cote afin s'opposer aux debarquements
que pourraient tenter les anglais

Comme presque toutes les communes où dominent
les idées nouvelles, la Plaine a sa société populaire, son
(serceten ?) épuratoire pour la formation ou le maintien de ses
autorités ; les arrestations pour propos inconsidérés ou anti
républicains et surtout, forte réquisition de toutes choses

Un état des cultures est dressé par les soins de l?autorité
il indique encemencées en froment 2200 boisselées, en seigle 9
en orge 100, en sarazin douze, fèves 16, pois, navets et pommes
de terre 8, voine 25, foin 400, vignes 800

1796

Les habitans réclament près de l'autorité pour que
leur eglise soit de nouveau livré à l'exercice du culte, qui comme dans
toutes les autres communes, a été suspendu au moins
ouvertement, cette demande leur est accordé et Mr Moriceau
reprend les fonctions auxquels les électeurs l?avaient appelé

1800

L'organisation administrative de cette epoque ne change
rien à la position de la Plaine qui continue à faire partie
du canton de Pornic

Mr Cabaran est maire, Mr .... adjoint

1809

Mr Brahuaud est nommé maire et Mr ... adjoint

1815

Comme si tous changement de gouvernement devait avoir
ses victimes, le 2 décembre, le tribunal de Paimboeuf jugeant
(conventionnellement ?), condamne à six mois de Prison, le sieur Martin
Bernard, et convaincu d'avoir tenu des propos séditieux et injurieux
à sa majesté

1816

Mr de Bocandé remplace comme maire Mr Brahuaud
Mr .... est adjoint

L'affluence des étrangers à la Plaine s?élève cette année
à 99 individus qui occupèrent trente quatre logemens

1818

Le conseil general vota en 1817, 600 francs pour reparer et entreteni
la Source d'eau minérale ; le ministre n'approuvant pas
cette dépense, le conseil renouvele son vote pour la même
somme, mais le Prefet ayant demandé une somme de mille
francs en ajournant ce que demandait le conseil pour la
source de Gourmalon, le Conseil général dans sa session de 1818
se range de cet avis et en fait l'objet d'un vote (qui cette fois est approuvé)

Les habitans du village du Cormier et lieux voisins
voyant leurs demandes en reparation de leur port rester
sans réponse, font entr'eux une souscription dont le montant
s?éleve à 4500 francs, quelques proprietaires ajoutent un
prêt de 1500 ; avec cette somme de 6000 francs ils font
la chaussée que l'on voit aujourd?hui en devant de laquelle
quelques barques peuvent trouver un abri

1819

Les Proprietaires qui l'année précédente ont avancé leurs
fonds pour la construction de la Chaussée en demandent le
remboursement, le Conseil n'ayant pas cette somme de 1500 fr
à sa disposition les envoie au ministre

1820

On s'occupe d'établir au Cormier une espèce de digue
submersible dans la baie de ce nom, afin de fournir un
abri plus convenable aux embarcation

1821

Le ministre ayant enfin consenti à la demande formé en
1818 par le conseil general, on s?occupe de la source on pratique
deux escaliers dans la rue, on déblaie les abords de cette source
des quartiers de rochers qui l?entourent, avant cet utile travail
un amas de sable et de pierres obstruaient ses abords et obligeaient
chaque année, les buveurs à se donner la peine d'en dégager
la fontaine qui sans ces étrangers qurait bientôt été comblé et
enseveli sous le travail incessant du tems et des flots et
il faut bien le dire, les habitans de la Plaine n?en comprire que
fort tard, de quel immense avantage était pour eux cette
source bienfaisante qu'ils auraient perdu sans regret
sans l'avoir connu

Dans le même tems on fait couler l'eau par un
conduit creusé dans la pierre, avant cette amelioration
elle ne s'épenchait que par le tube d'un fragile roseau, qu?il
fallait renouveller chaque jour ; enfin on construit le pavillon
qui sert d'abri et de marché couvert

1824

Le mauvais tems endommage la digue construite depuis
quatre années au Cormier, de cette sorte qu?elle n?est aujourd?hui
d'aucune utilité. Ce serait une louable entreprise que celle de
reconstruire ou réparer, car le port du Cormier n?est pas
sans avoir une certaine importance

1828

Contestation entre le maire et le curé, au sujet d'une somme
allouée pour réparation à la cure et à l'église et dont le
curé pretend avoir la libre disposition

1830

La garde nationale s'organise

1831

Le 23 janvier le maire assiste à Nantes au Banquet Patriotique

1837

Un état des produits de la récolte de cette année qui fut
une année ordinaire, donne les résultats suivants :

Ensemencées - en froment 673 hectares, en orge 25, en
avoine 2 et en pomme de terre 25

Le rendement pour le froment est de 12 p% en d'autres
années il peut s'elever à 15. Son poids commun est de 83 kilogrammes
celui de l'orge 51 et celui de l' avoine 41

1840

Dans la session de cette année, le conseil general rejette
comme etant d'un interet purement communal, la demande
de construction dans le voisinage de la source minérale d?une
maison destinée à servir d?abri aux personnes qui fréquentent
la côte

1841

Le Clocher de la Plaine servant à diriger la navigation
tombant de vétusté. On s'occupe de sa reconstruction, les pierres
composant cet édifice sont tellement liées entr?elles par le ciment
que l'emploi des moyens les plus énergiques est nécessaire pour
la démolition

1842

Cibot fait établir près de sa maison une chambre
a l'instar de Pornic ou les baigneurs peuvent prendre
des bains chauds

« Tableau des différents villages de la commune de la
Plaine, dans lequel les distances calculées peuvent etre
augmentées d'un 5e en raison des sinnuosités. »


Par Maurice Legault - Publié dans : retz-info-histoire
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