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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 22:44

Cours de la vie maritime du contre-amiral Le Ray

écrite par lui-même.

_______

« Je suis né à Brest le 13 novembre 1795, j’ai 52 ans

(décédé à Paris le 23 avril 1849) Je suis contre amiral depuis

le 10 décembre 1841, j’avais alors 46 ans, âge auquel on est

rarement parvenu au grade de capitaine de vaisseau dans la marine.

J’ai commencé à servir l’état en qualité de mousse

en 1804 sur la prame la Ville de Mayence, faisant partie de la

flottille de Boulogne, un an après j’entrais au collège de

Rennes pour faire mes études, et j’en sortis aspirant de marine

de 2e classe le 28 janvier 1812 à la suite d’un examen publique,

embarqué en cette qualité sur la frégate Le Rubis (armé à

Paimboeuf) le 14 novembre 1812, je fis naufrage aux Iles

de Los, le 9 février 1813 étant en croisière contre les anglais.

à la suite d’un second examen publique, j’ai été nommé

aspirant de marine de 1ère classe le 19 janvier 1814 et enseigne

commandant pendant plusieurs mois la gabarre L’insaciable

(navire de guère) pendant une épidémie de fièvre jaune

qui avait décimé l’Etât major et l’équipage de ce navire.

Nommé Lieutenant de vaisseau au choix le 25 août

1823, j’embarquais comme chef d’étât major de l’Escadre

du levant sur la frégate la Serene le 3 février 1825.

J’ai été décoré de la Légion d’honneur le 1er aout 1827

pour le sang froid et le devouement que j’ai montré lors de la

rédition de la citadelle d’Athènes où se trouvais enfermés

2700 grecs, soldats, veillards, femmes enfants, qui sans l’intervention

de l’amiral Mr de Regny, auraient été égorgés par les turcs.

(il reçut du gouvernement grec, la croix de l’ordre des Sauveurs de

la grèce)

J’assistais à la Bataille de Navarin en qualité de chef

d’état major de l’escadre française ; le grade de capitaine de

frégate, fut la récompense de ma conduite dans cette action

memorable, dont le resultat fut d’arracher la grèce à l’esclavage

qui pesait sur elle depuis tant de siecles et lui faire prendre

Rang parmis les nations libres de l’Europe.

Commandant le Brick le Grenadier de 20 canons, le 27

mai 1829, faisant partie de la Station du Levant, j’ai été chargé

de plusieurs missions importantes dans ces mers pendant les

années 1829, 1830 et 1831.

Nommé en 1832 au commandement de la frégate

l’Ariane, j’ai fait la campagne des mers du nord pendant

le siège d’Anvers.

Après la prise de cette place par l’armée française, j’ai

été envoyé dans la méditerranée en septembre 1833, je faisais

alors partie de la division navale chargée de s’emparer

de la place de Bougie sur les côtes de l’Algérie.

Je fus nommé officier de la Légion d’honneur pour

récompense de ma conduite dans un débarquement effectué

à la tête de mon équipage, pour assister les troupes françaises

attaquées par les Arabes qui voulaient reprendre la ville

de Bougie, dont nous nous étions rendus maître peu

de jours auparavant.

Rentré en France en 1834, je fus nommé capitaine

de vaisseau le 17 mai suivant en récompense de mes services.

Le 4 mai 1838, je fus nommé au commandement

de la frégate la Médée et d’une division sur la côte

occidentale d’Espagne.

En septembre de la même année, je fis partie d’une

division navale, commandé par le contre amiral Baudin

et destinée à agir contre le Mexique.

Arrivé sur la Rade de Sacrificios à la fin d’octobre,

je fus envoyé à mexico, avec plein pouvoir de l’amiral

Baudin , pour éxposer au gouvernement mexicain les griefs

du gouvernement français et en demander satisfaction.

Le 5 novembre 1838 je debarquais à la tête de mon

équipage et je prenais part à la prise d’assaut de la ville

de Veracruz en montant l’un des premiers sur les murailles.

J’ai été récompensé de la part que j’ai prise dans ce

combat glorieux, par la croix de commandeur de la Légion d’honneur.

De retour en France, avec la Médée en mai en 1839 et chargé

de porter au gouvernement français, le traité conclu

avec le Mexique par l’amiral Baudin, je fus nommé au

commandement du Neptune de 86 canons.

Parti de Brest pour Toulon en novembre 1839, je

contribuais au transport des troupes de France en Algérie,

destinées à s’opposer aux nouvelles levée d’Alb el Kader

puis je rejoignis l’escadre de l’amiral Lalande dans les

mers du Levant au printems 1840.

L’escadre rentra à Toulon en novembre et je continuais

a en faire parti jusqu’en 1841 époque à laquelle je suis

envoyé devant Tunis, ayant sous mon commandement

une division navale, composée de deux vaisseaux

Le Montebello de 120 canons, le Neptune de 86 et la frégate Alemène

de 52 canons, le but de ma mission était de m’opposer

même par la force, à une expédition envoyée, disait-on

par la porte ottomane contre Tunis.

Je fus rallié après, successivement, par les vaisseaux

l’Hercule 110 canons, le Diadème de 86 et le Trident de

82.

La présence de cette force navale, importante fit

renoncer la porte 0ttomane à ses desseins contre la régence

de Tunis, et je rentrais à Toulon à la fin d’octobre avec

la division sous mes ordres.

Le 10 décembre suivant je fus élévé au grade de contre

amiral, récompense de toute ma carrière militaire et plus

particulièrement récompense des services que j’avais rendu

dans l’exercice de mon dernier commandement.

J’entrais au conseil d’amirauté le 24 mars 1842.

au mois d’août 1843, je fus nommé au commandement

de la Station du Levant, pays où j’avais séjourné les

dix années de lutte qui avaient amené la Génération de

la grèce

.

La lettre de commandement portait ; qu’il m’était

surtout confié, à cause de mon expérience dans les affaires

de ce pays.

Au mois de novembre de la même année, il me fut notifié

par Mr le Ministre de la marine de Makau ; que sur la

proposition, il avait été décidé en conseil des ministres,

qu’à l’avenir les agents diplomatiques auraient autorité,

en ce qui concerne la politique sur les commandants des

Stations navales à l’étranger, qu’en conséquence, j’étais

placé sous l’autorité de l’ambassadeur a Constantinople

et sous celle du ministre de France en grèce.

Je fis observer respectueusement à Mr. le ministre de

la marine, qu’une telle atteinte à la liberté d’action et de

commandement d’un amiral était dangereuse pour

l’intérêt du pays et facheuse pour la discipline.j’ajoutais

que dans ce cas ou une pareille décision serait maintenue

je le pryais de me choisir un successeur.

Deux mois après je fus rappelé en France, ou j’étais

alors Député ; je m’apperçus que l’exercice d’un commandement

était incompatible avec les fonctions de Législateur quoiqu’à

regret je restais sur les bancs de la chambre et je fus

remplacé dans mon commandement.

J’entrais au conseil d’amirauté à la place restée

vacante par la mort de mon ami l’amiral Lalande

J'y ai continué mes services jusqu'ici et si l'on veut

consulter les règistres du conseil, on y vaira que comme

rapporteur, je n'ai pas été celui de tous les membres qui ait

eu le moindre d'affaire à traiter.

Depuis mon entrée dans la marine comme mousse

à l'âge de neuf ans jusqu'au grade de contre amiral

ou je suis parvenu à quarante six ans, voilà quels

ont été mes services et j'espère, si dieu le permet en rendre

d'autres encore à mon pays !

_________________

Ainsi finie la vie d'un Brave et fidèle serviteur,

un des officiers les plus distingué de notre marine et qui

portait sur la poitrine les décorations ; de commandeur

de la Légion d'honneur, celle de chevalier de Saint louis, de

commandant de l'ordre de Ste Anne de Russie et de chevalier

des Sauveurs de la grèce.

Le document ci-dessus qu'il m'a laissé écrit de sa main

quelques temps avant sa mort ne rapporte pas bien ses

faits d'arme, qui honorent sa mémoire et dont ont été

témoins, tant de braves marins qui l'ont suivi dans

sa carrière et qui ne les ont point oubliés.

Théodore Le Ray était fils du contre amiral Julien Le

Ray et de demoiselle Le Ray Guichard, tous deux natifs

de Pornic arrondissement de Paimboeuf Loire inférieure

Né à Brest en 1795 où son père avait un commandement.

Dès son enfance il manifesta le goût le plus décidé pour

la navigation. La principale habitation de ses parents

étaient à leur maison de campagne nommée Chanteloup entre

Pornic et Saint Père en Retz.

C'est à Pornic ou de bonne heure il pris les premières

leçons de navigation et ses camarades l'appelaient déjà

le petit amiral.

C'est là aussi que dans un âge plus avancé il venait

se reposer au sein de sa famille et de ses nombreux amis,

dont il avait prêter la main, malgré la différence de grade.

Aussi un jour arriva ou un décret impérial en date du

3 Xbre1853 autorisa l'érection de la statue de l'amiral Le Ray

sur le môle du port de Pornic où à la suite d'une souscription

volontaire elle fut posée le 12 août 1855 à la satisfaction

des habitants de Pornic et de ses nombreux amis.

Son vieux camarade

N. Hoiry

Capne. de Port à Pornic

Transcris par M. LEGAULT

Source SAD Brest

NB - Le texte ci-dessus date 1847 C'est par suite d'un commandement à Brest de son père Julien Lucas Leray, lequel finira contre-amiral, qu'il naquit dans cette ville. Ses deux soeurs ainées naîtront à Pornic, pour l'une d'elle il est précisé "aux sables", quartier bas de cette ville à proximité du port. Il fut député de l'arrondissement de Pornic, du 6 février 1836 au 3 octobre 1837, 20 mars 1841 au 12 juin 1842 et 9 juillet 1842 au 6 juillet 1846.

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commentaires

LEGAULT 13/04/2015 20:44

OK pour 1855, il s'agit d'une faute de frappe, néanmoins je vérifie le texte original. Je rectifie l'article.

Pesneau 13/04/2015 15:35

Je veux évidemment parler de 1855 et non de 1865

Michel Pesneau 13/04/2015 14:23

La statue de Théodore Le Ray fut érigée en 1865 et non en 1864